RBS effectue des provisions supplémentaires sur le dossier changes

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RBS PROVISIONNE 400 MILLIONS DE LIVRES DE PLUS SUR LE DOSSIER DES CHANGES
RBS PROVISIONNE 400 MILLIONS DE LIVRES DE PLUS SUR LE DOSSIER DES CHANGES

par Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - Royal Bank of Scotland (RBS) a inscrit dans ses comptes une nouvelle provision de 400 millions de livres (509 millions d'euros) pour couvrir les amendes qui pourraient lui être infligées au terme d'une enquête sur une manipulation présumée du marché des changes.

La banque a précisé vendredi que de nouvelles charges pour des comportements répréhensibles passés viendraient à nouveau grever ses bénéfices.

Le groupe, dont l'Etat détient 80% du capital après un renflouement de 45 milliards de livres durant la crise financière, semble être, comme d'autres grands établissements, sur le point de parvenir à un règlement négocié d'une affaire de manipulation présumée du marché des changes.

Cette affaire fait suite à une autre, qui portait sur la manipulation présumée de taux de référence comme le Libor et l'Euribor.

Barclays, l'un des principaux concurrents de RBS, a dit jeudi avoir passé une provision de 500 millions de livres à cette fin et JPMorgan, UBS ou encore Citigroup ont eux aussi constitué des réserves importantes pour couvrir le coût de ce dossier.

RBS est également dans le collimateur de la justice pour d'autres faits qui menacent le redressement mis en oeuvre par son directeur général. La stratégie menée Ross McEwan a ramené la banque dans le vert cette année après une perte de 8,2 milliards de livres en 2013.

"Nous gérons activement toute une série de problèmes juridiques importants. Ceux-ci incluent d'importants problèmes de malversations et d'éthique qui continueront d'obérer nos bénéfices dans les trimestres à venir", a déclaré McEwan à la presse.

RBS fait l'objet d'investigations concernant la vente d'obligations adossées à des créances immobilières aux Etats-Unis ainsi que la manière dont elle a traité des PME britanniques en difficulté. Il est probable qu'elle sera en outre mise à l'amende par les régulateurs financiers britanniques pour une panne informatique survenue voici deux ans, durant laquelle les clients ne pouvaient plus accéder à leurs comptes.

Enfin, la banque a constitué une provision de 100 millions de livres (127 millions d'euros) pour dédommager les clients auxquels ont été vendus des produits d'assurance crédit dans des conditions litigieuses.

RÉGLEMENT GROUPÉ

RBS figure dans un groupe de six banques qui tentent de parvenir à un règlement négocié global de 1,5 milliard de livres avec les autorités britanniques, ont dit des sources, ajoutant qu'un accord pourrait intervenir mi-novembre et que des discussions sont également en cours à cette fin avec les autorités américaines.

McEwan a dit que la banque ne verserait pas de dividende tant qu'elle n'aurait pas dégagé son horizon juridique et qu'elle n'aurait pas renforcé son bilan, impliquant que Londres devra encore sans doute attendre avant de se désengager de son capital.

RBS, qui affichait un ratio de solvabilité "core Tier 1" de 10,8% à la fin du premier trimestre, vise plus de 12% d'ici la fin 2016.

"Il n'est en aucune façon envisageable que nous versions un dividende tant que nous ne serons pas bien au-delà de cet objectif de 12%", a dit le directeur général.

Le régulateur financier britannique impose aux banques un minimum de 7% mais les investisseurs attendent en général 10% au moins.

RBS a annoncé un bénéfice imposable de 1,27 milliard de livres au troisième trimestre contre une perte de 634 millions un an auparavant. Le consensus des analystes compilé par la banque elle-même donnait un bénéfice de 1,1 milliard.

La reprise économique en Grande-Bretagne et en Irlande a permis au groupe une revalorisation de créances précédemment passées en catégorie douteuse ou irrécouvrable, à hauteur de 801 millions de livres contre 590 millions projetés en moyenne.

En Bourse, l'action RBS, qui a gagné plus de 25% durant les six derniers mois, prenait 3,7% à 378,7 pence à la mi-journée, après un pic de 12 mois de 382,4 pence.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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