Rassemblement pro-palestinien à Paris malgré interdiction

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RASSEMBLEMENT PRO-PALESTINIEN À PARIS MALGRÉ INTERDICTION
RASSEMBLEMENT PRO-PALESTINIEN À PARIS MALGRÉ INTERDICTION

PARIS (Reuters) - Des manifestants pro-palestiniens ont afflué en début d'après-midi place de la République, à Paris, pour un rassemblement "toléré", selon les organisateurs, en lieu et place d'une manifestation interdite par le gouvernement.

Le Conseil d'Etat, saisi par les organisateurs, a confirmé cette interdiction une heure et demie avant l'heure prévue pour le début du défilé, 15h00. Le tribunal administratif de Paris avait rejeté vendredi un premier recours en arguant, notamment, de garanties insuffisantes en matière de service d'ordre.

"Les organisateurs du rassemblement prévu cet après-midi seraient les seuls responsables d'éventuels débordements (...) et deviendraient ainsi passibles de sanctions pénales", a averti en début d'après-midi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

"Je les appelle pour la dernière fois à se conformer à la loi et à renoncer à cette manifestation", a-t-il ajouté, après la décision du Conseil d'Etat.

Le collectif d'associations et de mouvements politiques et syndicaux qui avaient appelé à manifester contre l'intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza assure cependant avoir obtenu de la préfecture de police de Paris la possibilité de remplacer le défilé prévu par un simple rassemblement.

"On nous a dit que le rassemblement serait toléré", a déclaré à Reuters Tarek Ben Hiba, conseiller régional d'Ile-de-France et président d'une de ces associations. L'information a été confirmée par l'avocat du collectif, Me Hosni Maati.

2.000 POLICIERS ET GENDARMES MOBILISÉS

Des centaines de manifestants se sont rassemblés sur la place de la République en début d'après-midi avec drapeaux palestiniens et banderoles ou pancartes dénonçant Israël.

"Israël, ton dieu n'est plus ta force!" lisait-on sur l'une d'elles. "Sionistes terroristes", déclarait une autre, tandis que des manifestants -parmi lesquels un fort contingent de militants du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, trotskiste) scandaient: "Nous sommes tous des Palestiniens!"

Un drapeau israélien au moins a été incendié, selon un photographe de Reuters sur place.

D'après le ministère de l'Intérieur, environ 2.000 policiers et gendarmes mobiles ont été mobilisés pour prévenir des débordements comme ceux qui ont marqué un rassemblement organisé par le même collectif, et également interdit, le 19 juillet dans le quartier de Barbès, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

"La violence, notamment la violence antisémite, existe. Il faut la regarder en face", a dit Bernard Cazeneuve. "Ne pas vouloir la voir pour ce qu'elle est constituerait une faute."

Le gouvernement a invoqué des actes et propos antisémites "inacceptables" lors des débordements de Barbès et de Sarcelles (Val-d'Oise) lors d'une autre manifestation interdite, dimanche.

Les organisateurs contestent les arguments du gouvernement, qu'ils accusent d'attiser les tensions par une décision selon eux avant tout "politique" et contradictoire avec l'autorisation d'une manifestation pro-palestinienne mercredi dernier à Paris.

"Le but du jeu n'est pas d'attaquer les juifs, c'est de dénoncer la politique d'un gouvernement", a déclaré à Reuters Tarek Ben Hiba.

VALLS APPELLE À L'APAISEMENT

L'ancien porte-parole du NPA, Olivier Besancenot, a rendu par avance responsable le gouvernement d'éventuels incidents.

"Je crois que la volonté du gouvernement est d'associer aux manifestations de solidarité avec le peuple palestinien l'idée de violence", a-t-il déclaré à Reuters. "C'est une volonté de chercher à faire s'essouffler un mouvement extrêmement fort."

Prié de dire s'il craignait des débordements, il a ajouté: "Ça dépend uniquement du dispositif que la préfecture de Paris entend adopter en termes de présence et d'attitude policières."

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait lancé vendredi soir un appel à l'apaisement, lors de la rupture du jeûne du Ramadan à laquelle il a participé à la mosquée d'Evry-Courcouronnes (Essonne) dans un climat tendu.

"Face aux horreurs de la guerre, des opinions, des indignations s'expriment, c'est légitime", a-t-il déclaré. "Mais rien ne pourra jamais justifier les débordements, la violence, la haine de l'autre."

"Pour nous qui sommes ici, en France, une seule exigence doit nous guider, celle de l'apaisement", a-t-il insisté.

A Marseille, une manifestation pro-palestinienne autorisée a réuni environ 2.000 personnes samedi après-midi, selon un correspondant de Reuters.

Les chefs de la diplomatie de France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, de Turquie et du Qatar et un représentant de l'Union européenne, réunis à Paris, ont pour leur part appelé à une extension de la trêve humanitaire de douze heures décrétée samedi dans la bande de Gaza.

L'intervention israélienne en riposte à des roquettes a fait à ce jour au moins 985 morts côté palestinien, selon les derniers chiffres communiqués par les autorités médicales locales; 37 soldats et trois civils israéliens ont été tués.

(Emmanuel Jarry, avec Benoît Tessier et Gonzalo Fuentes à Paris, François Revilla à Marseille)

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  • raich2 le samedi 26 juil 2014 à 18:53

    Post supprimé. Répétition. Certaines vérité ne sont pas bonnes à dire.Je précise " ça finira mal certainement pour la France et le reste à été supprimé

  • g.dupuy le samedi 26 juil 2014 à 17:24

    Ça finira mal