Rassemblement en mémoire de l'étudiant italien assassiné au Caire

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    LE CAIRE, 6 février (Reuters) - Quelques dizaines de 
personnes se sont rassemblées samedi à l'ambassade d'Italie au 
Caire pour rendre un dernier hommage à Giulio Regeni, dont le 
corps supplicié a été retrouvé sur le bord d'une route à la 
sortie de la capitale égyptienne. 
    Giulio Regeni, un étudiant de l'université de Cambridge âgé 
de 28 ans qui travaillait sur les mouvements sociaux en Egypte, 
avait disparu le 25 janvier, date du cinquième anniversaire du 
soulèvement contre Hosni Moubarak. 
    Son corps à demi dénudé et portant des traces de brûlures de 
cigarette, selon le procureur général du Caire, a été retrouvé 
mercredi. 
    Le fait qu'il travaillait sur l'action des syndicats 
ouvriers depuis la révolte de 2011 a soulevé des questions sur 
le motif de sa disparition et de sa mort. La torture est une 
pratique quasi systématique de la part des forces de sécurité 
égyptiennes, selon les organisations de défense des droits de 
l'homme. 
    Il Manifesto, un journal italien d'extrême gauche, a ajouté 
aux spéculations en annonçant que Giulio Regeni avait écrit 
plusieurs articles sous pseudonyme dans ses colonnes, dont le 
dernier, publié vendredi, dénonçait les difficultés rencontrées 
par les syndicats sous la présidence d'Abdel Fattah al Sissi, 
l'ancien chef de l'armée qui dirige le pays d'une main de fer. 
    "Giulio se battait pour les droits des ouvriers égyptiens et 
pour la révolution égyptienne. Le moins que nous pouvions faire 
était de venir ici et dire que nous le considérions comme l'un 
des nôtres", a déclaré Sally Tolba, une militante égyptienne. 
    "Malheureusement, il est mort comme beaucoup d'Égyptiens 
meurent chaque jour." 
    Le corps de Giulio Regeni a été rapatrié samedi en Italie, 
où il sera autopsié, ont déclaré des responsables de l'aéroport 
du Caire à l'agence officielle Mena. 
    Le ministère italien des Affaires étrangères a convoqué 
jeudi l'ambassadeur d'Egypte à Rome pour lui demander des 
explications sur les circonstances de la mort de l'étudiant et 
le président du Conseil, Matteo Renzi, a téléphoné à Abdel 
Fattah al Sissi pour lui demander que la police italienne soit 
associée à l'enquête. 
 
 (Ahmed Aboulenein; Tangi Salaün pour le service français) 
 )
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