Rassemblement avant l'évacuation d'Admiralty à Hong Kong

le
0

(Précisions, rassemblement dans la soirée) HONG KONG, 10 décembre (Reuters) - Plus de 10.000 personnes se sont rassemblées mercredi soir dans le quartier d'Admiralty, dans le centre de Hong Kong, principal site occupé depuis deux mois et demi par des manifestants pro-démocratie qui doivent avoir levé le camp d'ici jeudi matin. Les manifestants avaient commencé dans la journée à évacuer les lieux, près du siège du gouvernement de la région administrative de Hong Kong et du quartier d'affaires. Dans la soirée, des milliers de personnes, ignorant les mises en garde des forces de sécurité, ont afflué vers Admiralty, acclamant les dirigeants étudiants comme Lester Shum, qui a promis que le mouvement de désobéissance civile n'allait pas s'éteindre avec l'évacuation du quartier mais allait prendre de nouvelles formes. La police a prévu de reprendre possession du site jeudi à partir de 09h00 locales (01h00 GMT) et les autorités ont fait savoir qu'elles ne pouvaient pas garantir l'absence de "confrontations" en cas de résistance. "Je ne peux pas garantir qu'il n'y aura pas de confrontations", a déclaré Carrie Lam, numéro deux de la région administrative spéciale de Hong Kong. "J'appelle les manifestants qui occupent illégalement nos rues à ramasser leurs affaires et à quitter les lieux de manifestations", a-t-elle ajouté. "Notre but est de montrer au monde ce que nous réclamons et plus important, que les Hongkongais peuvent s'unir", a commenté un manifestant, Kenneth Kan. "NOUS REVIENDRONS" Certains protestataires ont commencé mercredi à ranger les toiles de tente dans lesquelles ils vivaient, des véhicules venant se garer à proximité pour évacuer le matériel et les fournitures. D'autres prenaient des photos ou filmaient à l'aide de leurs téléphones portables. Beaucoup affirmaient vouloir rester jusqu'au dernier moment. "Certains vont résister. D'autres vont s'asseoir et attendre d'être arrêtés", a commenté Johnny Chung, un étudiant de 20 ans. "Le gouvernement est ridicule. Plus de 100.000 personnes sont venues ici et ont dormi dans la rue et le gouvernement n'a rien fait". Le mouvement des parapluies, baptisé du nom de l'instrument dont les manifestants se servaient pour se protéger des coups de matraques et des aspersions de gaz au poivre, réclamait l'organisation d'élections véritablement ouvertes pour la désignation du futur gouverneur de la région en 2017. La Chine a autorisé le scrutin mais veut s'assurer au préalable de pouvoir sélectionner les candidats. "Nous reviendrons", proclamait une banderole jaune peinte par un groupe d'étudiants et déposée sur le sol. "Bien que nous soyons déçus, nous ne devons pas perdre espoir", affirmait une autre. "Ce mouvement est d'une importance incroyable", a jugé Rose Tang, qui participa aux manifestations étudiantes à Pékin en 1989. "Ils écrivent l'Histoire". (Donny Kwok et Clare Baldwin; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant