Rapports contradictoires sur l'autopsie d'un ministre palestinien

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(Actualisé après les funérailles nationales) par Noah Browning et Ali Sawafta RAMALLAH, Cisjordanie, 11 décembre (Reuters) - Des milliers de personnes ont participé jeudi aux funérailles nationales du ministre palestinien Ziad Abou Ein mort la veille après une altercation avec des membres des forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie. Recouvert d'un drapeau palestinien, son cercueil a été porté par des soldats en uniforme sur un tapis rouge devant la résidence du président de l'Autorité palestinienne à Ramallah, au son des tambours et des cornemuses. Le cortège funéraire a ensuite parcouru les rues de la ville jusqu'au cimetière où le cercueil a été mis en terre, salué par des rafales de tirs en l'air. La mort de Ziad Abou Ein mercredi a fait monter d'un cran supplémentaire les tensions entre Palestiniens et Israéliens, d'autant que les médecins chargés de pratiquer l'autopsie du corps du ministre palestinien ont rendu jeudi des rapports contradictoires sur la cause de son décès. D'après un haut responsable de l'Autorité palestinienne, les médecins jordaniens et palestiniens qui ont participé à l'autopsie ont conclu que le décès du ministre avait été provoqué "par des coups reçus, l'inhalation de gaz lacrymogène et un retard de prise en charge médicale". De source médicale israélienne, on assure que l'autopsie a démontré que le ministre avait succombé à une crise cardiaque peut-être en rapport avec le stress inhérent à l'altercation. "Sa mort résulte de l'occlusion d'une artère coronaire provoquée par du stress", a dit cette source sous couvert d'anonymat. "Ce stress a peut-être été provoqué par le fait qu'il a été saisi par le cou", a-t-elle ajouté. EXCUSES D'ISRAËL Ziad Abou Ein participait à une manifestation contre des implantations israéliennes lorsqu'il s'est trouvé mêlé à des échauffourées impliquant une trentaine de militaires israéliens et des gardes-frontières. Un garde-frontière l'a attrapé par le cou et l'a brièvement tenu d'une main. Quelques minutes après, il s'est effondré en se tenant la poitrine. Le ministre, qui était âgé de 55 ans, est mort lors de son transport vers la ville voisine de Ramallah. Son décès est survenu dans une période de tensions fortes entre les autorités israéliennes et palestiniennes sur fond de violences à Jérusalem, à Tel Aviv et en Cisjordanie. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dénoncé un "acte barbare qui ne peut être ni toléré, ni accepté" et a indiqué que la direction palestinienne examinerait les moyens d'y répondre après ses funérailles, qui auront lieu ce jeudi à la mi-journée. Israël a renforcé de son côté sa présence militaire en Cisjordanie tandis que le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a présenté des excuses. "Nous sommes désolés de ce décès", a-t-il déclaré dans un communiqué, tout en soulignant l'importance "pour les deux parties de maintenir la sécurité et la stabilité". (Guy Kerivel, Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français)

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  • wanda6 le jeudi 11 déc 2014 à 15:13

    http://www.msn.com/fr-be/actualite/other/un-belge-de-52-ans-est-le-dernier-dune-s%c3%a9rie-de-36-banquiers-qui-ont-perdu-la-vie-de-mani%c3%a8re-%c3%a9trange-cette-ann%c3%a9e/ar-BBgxBeB?lang=fr-be&ocid=hpdhpbnr

  • M5441845 le jeudi 11 déc 2014 à 15:07

    "par des coups reçus, l'inhalation de gaz lacrymogène et un retard de prise en charge médicale". Aucune de ses 3 choses n'est susceptible d'entrainer la mort sans lésion provoquée. Les coups ont ils entrainé une lésion (mortelle) d'un organe? Les lacrymogènes ont il entrainé une asphyxie (mortelle). Le retard de prise en charge ne peut pas être a lui seul responsable de la mort, il faut une pathologie... Pas très convaincant. L'occlusion d'une artère coronaire, ça oui, ça provoque la mort....

  • raich2 le jeudi 11 déc 2014 à 15:04

    l'A.F.P n'a de réflexion ni de vision sur les faits

  • bsdm le jeudi 11 déc 2014 à 14:06

    On ne peut que féliciter boursorama quand il fait appel à des dépéches de reuters ou d'agences autres que l'afp : on voit ici la différence quand reuters expose objectivement les faits et les déclarations des uns et des autres .