Rapport Gallois : la France à l'heure du « pacte » de compétitivité

Boursorama le 07/11/2012 à 17:00
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Vingt milliards d’euros d’économies pour les entreprises via l’activation d’un crédit d’impôt, c’est la mesure la plus marquante parmi les 35 dévoilées mercredi par le gouvernement. Ces annonces interviennent au lendemain de la publication du rapport Gallois. L’enjeu ? Restaurer la compétitivité du club France.

Jamais rapport sur la compétitivité de l’économie française n’avait été autant attendu et commenté avant même sa publication. Au final, 22 mesures ressortent de ce « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » remis mardi par Louis Gallois à Jean-Marc Ayrault. 22 mesures pour redonner à l’économie française un dynamisme qui lui fait défaut. Le constat est en effet douloureux. Au cours des dernières années, la France a « décroché », notamment par rapport à son voisin allemand. C’est l’industrie qui affiche le recul le plus frappant. Depuis trente ans, deux millions d’emplois ont ainsi été perdus dans l’industrie dont la part dans la valeur ajoutée totale ne ressort plus qu’à 12,6% dans l’Hexagone contre 26,2% outre-Rhin. Parmi les mesures phares, Louis Gallois préconisait une réduction massive de 30 milliards d’euros des cotisations sociales pesant sur les entreprises, compensée par l’augmentation de la TVA et de la CSG. Cet allègement prôné pour deux tiers sur les charges patronales et un tiers sur les charges sociales devait créer un choc de « compétitivité » ou de « confiance ». Parmi les autres mesures marquantes, l’exploration des gaz de schiste était également envisagée.

Crédit d’impôt : 20 milliards d’euros pour les entreprises
Dès mercredi, le gouvernement n’a pas tardé à présenter son propre « Pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi » pour bien signifier qu’il n’était pas question d’enterrer le rapport Gallois, comme cela avait pu être redouté un moment. S’il s’inspire en partie du dit rapport, il n’en reprend pas précisément les principales dispositions. La proposition sur le gaz de schiste a été par exemple écartée d’emblée. Et plutôt qu’un allègement massif des charges, le gouvernement a préféré opter pour la création d’un crédit d’impôt indexé sur la masse salariale des entreprises. Si Louis Gallois souhaitait prendre en compte les salaires jusqu’à 3,5 fois le SMIC dans sa proposition sur les allègement de charges, Jean-Marc Ayrault a choisi de ne retenir que les salaires inférieurs à 2,5 SMIC, soit 3.500 euros brut mensuels. Au final, les entreprises devraient bénéficier d’une baisse de 20 milliards d’euros d’impôts au cours des trois prochaines années. Selon le gouvernement, ce crédit devrait rapporter 0,5 point de PIB supplémentaire et permettre la création de plus de 300.000 d’emplois d’ici 2017.

L’autre grande disposition retenue pour le gouvernement concerne la TVA, dont le principal taux sera porté de 19,6% à 20% mais seulement à partir de 2014. De même, les dépenses publiques devront être réduites de 10 milliards d’euros en 2014 et 2015. L’année 2013 est donc sanctuarisée pour éviter que ces mesures ne viennent aggraver le ralentissement économique en cours. En 2013, la croissance ne devrait pas dépasser 0,4% en France selon les prévisions actualisées de la Commission européenne, alors que le gouvernement table toujours officiellement sur 0,8%. 2013 sera l’année de tous les dangers...

J.G


Pour en savoir plus :

- En VIDEO : l’annonce des mesures gouvernementales.

- Crédit d’impôt pour les entreprises, hausse de la TVA : le gouvernement veut relancer la compétitivité du site France.

- Laurence Parisot (Medef) estime avoir été entendue.

- Louis Gallois reconnaît avoir manqué de courage... sur le diesel.

- La réaction d’un grand patron aux annonces gouvernementales : l’ITW vidéo exclusive de Patrick Kron, PDG d’Alstom, à l’occasion des résultats semestriels du groupe.

- Les prévisions de la Commission européenne pour la France en 2013 et 2014 moins optimistes que celles du gouvernement.

- Compétitivité de la France : ce qu’en disent les étrangers (avec Le Figaro).

- La TVA dans la restauration ne montera pas à 20% selon Pierre Moscovici.

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  • M6816885 le jeudi 8 nov 2012 à 10:51

    laurence Parisot estime avoir été entendue , depuis combien d'années à la tête du Medef ?le rapport dit qu'en 10 ans la situation s'est terriblement dégradée Qu'a t-elle fait pendant ces 10 ans ? rien ! comme l'actuelle opposition , grotesque .

  • knbskin le mercredi 7 nov 2012 à 18:32

    Flash cérébral indispensable, villanti. Il commence, avec les "djeun's" qui vont faire des stages "Erasmus" à l'étranger pendant leurs études. Ils en reviennent avec une visoin aiguë du ringardisme franchouillard, et ils repartent ... nous accueillons pendant ce temps des immigrés analphabètes.

  • villanti le mercredi 7 nov 2012 à 18:32

    la roue n'est plus vertueuse depuis bien longtemps ,la spirale est descendante... pour changer de sens ,c'est pas easy .

  • knbskin le mercredi 7 nov 2012 à 18:30

    Le gouvernement pense à ses électeurs, renaud10 ! Les électeurs, c'est les Musulmans pauvres, les fonctionnaires, les homos, les assistés, les préretraités heureux de leur sort, les immigrés illégaux, etc. "Je te file du blé, file-moi ta voix !"

  • villanti le mercredi 7 nov 2012 à 18:30

    knbskin : il faudrait donc un choc de compétitivité et.. un flash cérébral ? lol !! formatage complet de l'EEPROM ..MDR++

  • a.nottr1 le mercredi 7 nov 2012 à 18:30

    Frinie 1 a dit quelque chose de sensé ! Pour une 1ère économie !

  • villanti le mercredi 7 nov 2012 à 18:28

    la réponse est dans question renaud 10 ....

  • knbskin le mercredi 7 nov 2012 à 18:28

    Bon, mais pour faire ça, il faudrait que les Français se lèvent, et arrêtent d'écouter les écolos d'EELV, et les thuriféraires de Mélenchon ou de Besancenot.

  • renaud10 le mercredi 7 nov 2012 à 18:26

    Oui il faut réduire drastiquement les dépenses publiques. Tout le monde sait bien qu'en "secouant le cocotier" (2.000 milliard) il tombe bien plus que 10 milliard.C'est juste une question de volonté/courage politique. Enfin je me demande si le grvnt se rend compte que dans 3 ans nous aurons vraiment changé de monde. C'est bcp trop long.

  • knbskin le mercredi 7 nov 2012 à 18:26

    Ce ne sont pas des "emprunts russes", mais la casse est sèvère. Sur 5 lignes investies, en gros 2 vont faire plouf, 2 chou-blanc, et la 5eme va rapporter gros. La "mise" minimale est de 5 000 € par ligne, pour être sérieux. Et il faut alimenter au moins 2 ou 3 lignes pa an. Le "Business Angel" moyen est un individu doté d'un patrimoine de 1 à 5 M€. Au-delà, on trouve quelques BA individuels, beaucoup plus riches.