Rapport de la Cour des comptes : un rappel à l'ordre amer

le
15

 

 

Selon la Cour des comptes, la France aura du mal à tenir ses objectifs de réduction de déficit en 2013 et 2014.
Selon la Cour des comptes, la France aura du mal à tenir ses objectifs de réduction de déficit en 2013 et 2014.

 

 

La France ne devrait pas tenir ses objectifs de déficit de 4,1% en 2013 et 3,6% en 2014. C'est le constat implacable dressé par la Cour des comptes à l'occasion de la publication du rapport annuel qui pointe, comme chaque année, les abus en tout genre dans l'utilisation des deniers publics.

C'est un véritable rappel à l'ordre sur fond de prévisions budgétaires peu optimistes ! La traditionnelle présentation du rapport annuel de la Cour des comptes a donné à son Premier président, Didier Migaud, l'occasion de dénoncer une fois de plus la mauvaise utilisation des deniers publics dans un certain nombre d'administrations centrales et collectivités locales. D'autant que les sages de la rue Cambon jugent probable que le déficit de l'Etat excèdera en 2013 l'objectif fixé par Bercy à 4,1% du PIB. De 3 à 6 milliards d'euros de recettes fiscales pourraient manquer cette année. La réduction du déficit public a été au final « deux fois moins importante » selon la Cour des comptes par rapport à ce qui avait été anticipé par le gouvernement. Ce dérapage des comptes publics intervient alors même que les hausses d'impôt ont constitué un « effort considérable » pour la nation. Et la suite n'est guère plus rassurante. Pour 2014, l'objectif de ramener le déficit à 3,6% du PIB « n'est pas assuré à ce stade » selon Didier Migaud. On mesure par conséquent l'effort qu'il reste à accomplir pour revenir dans les clous fixés par Bruxelles (déficit limité à 3% du PIB) alors que le gouvernement s'est engagé à réaliser 50 milliards d'euros d'économies d'ici 2017.

Comment gérer mieux avec moins ? L'équation est compliquée et nécessite que l'Etat et ses nombreuses administrations passent à la paille de fer leurs comptes et méthodes de gestion. La Cour des comptes relève ici une gestion « mal maîtrisée » des partenariats public-privé, notamment dans l'application du plan « Hôpital 2007 », pointe plus loin le manque de « dynamisme » de certains DOM/TOM pour mettre en valeur leur potentiel touristique, qualifie de « déplorable »  la gestion de la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse des professions libérales (CIPAV), critique ailleurs la conduite « chaotique » des internats d'excellence créés en 2008 etc. Comme chaque année, ce ne sont pas les exemples éclairants qui manquent. En revanche, la Cour des comptes constate aussi des améliorations, suite à des remontrances antérieures. Ainsi, elle note des « progrès » dans la gestion des amendes de circulation et de stationnement. Reste que le plus dur à accomplir en matière d'effort de gestion des dépenses publiques est largement devant nous.

J.G

Pour aller plus loin, consultez le rapport annuel de la Cour des comptes en intégralité...

 

 

 

 

 

Lire aussi sur Boursorama...

La Cour des comptes dénonce les « dérives » des Safer (AFP)

La Cour des comptes pessimiste sur les objectifs de déficit (AFP)

La Cour des comptes épingle les billets de train gratuits pour les cheminots (AFP)

En vidéo sur Boursorama...

Cour des comptes : le rapport annuel dénonce abus et dysfonctionnements (BFM)

 

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 15:38

    C'est comme si je te conseille d'acheter une clio parce que je sais que tu n'as pas les moyens de t'acheter plus, mais que je te laisse quand même faire le tour des garages mercedes et demander les prospectus des modèles les plus chers, et que je te fais quand même crédit gratuit illimité quand tu me dis que tu veux une SLS AMG coupé.

  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 15:31

    Le problème c'est qu'ils sont juge et partie. Ils font l'appel d'offre et choisissent le prestataire final. Il faudrait les bloquer dès l'appel d'offre en les empèchant de faire des appels d'offre démesurés et disproportionnés par rapport à leur moyens.

  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 15:29

    @lilian92 ce n'est pas "facile", les fonctionnaires et assimilés sont déjà mal payés, on ne peut pas les payer sous le smic. le problème c'est qu'ils sont gaspileurs et dépensiers, comme toute personne qui dépense de l'argent qui ne lui appartiens pas. C'est comme dans le privé ceux qui roulent avec une voiture de fonction, ils n'y font pas attention.

  • lilian92 le mercredi 12 fév 2014 à 14:19

    Des économies, c'est facile: diminuer les salaires dans le public de 30% ou supprimer tous les bonus comme le complément familial, l'indemnité de résidence, les jours de congé supplémentaires... et pour les personnes originaires des DOM: supprimer le 2ème mois de congés annuels, les billets d'avion aller et retour etc... L’État possède plus de 230 000 appartements de fonction, les vendre, il paraît qu'il n'en trouve plus que 180 000... Où sont les autres. A qui sont-ils destinés ?

  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 13:22

    Enfin comme la maintenance est un pourcentage du prix global, pour le privé c'est jackpot tous les ans. Le faignéant s'en fout, ce n'est pas son argent. Mais si un jour il doit changer (quand la bise fut venue) c'est beaucoup plus difficile (voire impossible) de changer un outil qui fait tout.

  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 13:19

    Si le privé à un module moins bon ? Il dit "je vous l'offre" et reporte le prix sur le reste. (comme une reprise de voiture d'occasion) et le faignant peut dès lors même se targer d'avoir obtenu un module gratuit.

  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 13:18

    Et le faignant va répondre "mais c'ets pas possible j'ai fait un appel d'offre", sauf que l'appel d'offre est écrit pour éliminer ceux qui feraient assez bien au meilleur prix et ne garder que le plus cher qui fait tout (car le faignant ne veut rien faire)

  • wchris le mercredi 12 fév 2014 à 13:11

    Bravo la cour des comptes ! surdimensionnement des projets, programmation insuffisante des besoins dans le hopitaux. c'est tellememnt vrai. "partenaria public privé" ça ressemble à une fable de lafontaine "le faignant et le privé" ! Le faignant ayant une dette illimité demande au privé de travailler pour lui à sa place, le privé par l'odeur alléché...

  • fourmes le mercredi 12 fév 2014 à 11:35

    a quand un audite de la cour des comptes?

  • s.mario3 le mercredi 12 fév 2014 à 10:56

    rienafout et Karlsruhe rienafout. On achète et on verra après