Rapport cinglant de la Cour des comptes pour France Télévisions

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    PARIS, 24 octobre (Reuters) - La Cour des comptes déplore 
dans un rapport publié lundi la gestion de France Télévisions, 
qui manque selon elle de rigueur, et appelle le groupe public à 
engager de profondes réformes destinées à garantir sa pérennité. 
    Les reproches adressés à l'entreprise, détenue à 100% par 
l'Etat, portent sur la politique éditoriale des différentes 
chaînes, la gestion des ressources humaines, le secteur de 
l'information, le manque de rationalisation du réseau régional 
de France 3 ou la pilotage économique.   
    "Au regard de la dégradation inquiétante de sa situation 
financière, la maîtrise des dépenses est impérative", juge la 
Cour dans un communiqué joint à son rapport intitulé "Mieux 
gérer l'entreprise, accélérer les réformes".  
    Selon la Cour, le pilotage économique de l'entreprise, 
détenue à 100% par l'Etat, se limite à l'exercice en cours et ne 
permet pas définir une stratégie de moyen terme. 
    Les magistrats relèvent pour l'exercice 2015 un déficit 
d'exploitation "très significatif", de 30,1 millions d'euros, 
signe de "fragilités structurelles majeures". 
    Les magistrats dressent une liste de défis auxquels France 
Télévisions est confrontée: le chantier de l'entreprise unique, 
entamé en 2009 pour dégager des synergies entre les chaînes, la 
révolution numérique, le modèle économique et la "définition 
hésitante des missions de service public de l'entreprise". 
    "À ces défis stratégiques, l'entreprise et son actionnaire 
n'ont apporté au mieux que des réponses partielles, au risque à 
terme de compromettre la pérennité du service public de 
l'audiovisuel", écrivent-ils en conclusion du rapport. 
    Ils formulent 23 recommandations, parmi lesquelles la 
réduction du nombre d'antennes régionales de France 3, la mise à 
l'étude d'un rapprochement de son réseau régional avec celui des 
radios France Bleu, la fusion de l'ensemble des rédactions 
nationales, ou la suppression des bureaux régionaux de France 2. 
    La Cour exhorte également le groupe, qui compte 9.932 
emplois à temps plein dont 2.700 journalistes, à s'engager sur 
un objectif précis de non remplacement des départs à la retraite 
d'ici 2020 ou à examiner le contenu réel des postes occupés par 
les salariés les mieux rémunérés. 
    Dans une réponse adressée à la Cour, la présidente du groupe 
dit souscrire "largement" aux préconisations formulées, mais 
souligne que France Télévisions a vécu ces dernières années des 
bouleversements, comme la suppression de la publicité en soirée 
et le renforcement de la concurrence sur la TNT. 
    "Ce contexte interne et externe instable n'a pour autant pas 
empêché l'entreprise de continuer à développer son offre et à 
convaincre le public", juge Delphine Ernotte, arrivée l'année 
dernière à la tête de l'entreprise. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • dhote il y a 4 mois

    Il y a sans doute un grand coup de balai à donner les effectifs et vérifier les notes de frais.