Rapport accablant d'experts de l'Onu sur les dirigeants érythréens

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    GENEVE, 8 juin (Reuters) - La Commission d'enquête des 
Nations unies sur l'Erythrée a accusé mercredi les dirigeants de 
ce pays de crimes contre l'humanité, dont ceux de tortures, de 
viols et de meurtres, et a demandé au Conseil de sécurité 
d'imposer des sanctions et de saisir la Cour pénale 
internationale (CPI). 
    Des atrocités - au nombre desquelles un service militaire 
sans limite de durée, qui équivaut à de l'esclavage de masse - 
ont été commises dans le pays depuis son accession à 
l'indépendance en 1991, et elles se poursuivent toujours, a 
déclaré la commission d'enquête mandatée par l'Onu pour enquêter 
sur ces faits. 
    Selon le président de la commission d'enquête, ce sont 
300.000 à 400.000 personnes qui ont été réduites en esclavage en 
Erythrée ces vingt-cinq dernières années du fait du "service 
national". Mike Smith a ajouté lors d'une conférence de presse 
que les forces de sécurité déployées aux frontières continuaient 
sans doute de tirer à vue sur les Erythréens tentant de fuir le 
pays. 
    Le gouvernement érythréen a parlé d'accusations sans 
fondement et estimé que les experts de l'Onu étaient animés par 
des considérations politiques. 
    "L'Erythrée rejette les accusations à caractère politique et 
sans fondement, ainsi que les recommandations destructrices de 
la commission d'enquête", a déclaré un conseiller de la 
présidence à Asmara, Yemane Ghebreab. "Elle (l'Erythrée) estime 
qu'il s'agit là d'une attaque injustifiée qui vise non seulement 
l'Erythrée, mais aussi l'Afrique et les pays en développement". 
 
 (Tom Miles avec Edmund Blair à Nairobi; Eric Faye pour le 
service français) 
 
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