Rajoy prêt à discuter avec la Catalogne "dans le cadre de la loi"

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(Actualisé avec précisions) MADRID, 28 septembre (Reuters) - Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, s'est dit lundi prêt à discuter avec le gouvernement régional de Catalogne qui va être formé par les séparatistes après leur victoire aux élections régionales de dimanche mais uniquement "dans le cadre de la loi". Mariano Rajoy, dont le gouvernement a empêché l'an dernier la tenue d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne en faisant valoir qu'une telle consultation aurait violé la Constitution espagnole, s'est présenté pendant une conférence de presse en garant de la légalité et de l'unité de l'Espagne. "Il y a beaucoup de choses dont on peut discuter. Mais tant que je serai président du gouvernement, je ne discuterai jamais de l'unité de l'Espagne, de la souveraineté nationale ou de la liberté des Espagnols", a déclaré Mariano Rajoy. "Je suis prêt à écouter mais je ne suis pas prêt à oublier la loi", a-t-il ajouté. Alors que le dirigeant catalan Artur Mas a présenté le vote de dimanche comme un "oui" à l'indépendance, Madrid s'appuie sur le fait que les deux listes séparatistes ont obtenu la majorité absolue en sièges, mais pas en voix, avec 47,8% des suffrages exprimés. Selon l'institut de sondage Metroscopia, les Catalans se sont exprimés pour les listes indépendantistes dans l'espoir que cela provoque l'ouverture de discussions entre Madrid et Barcelone et que leurs conditions de vie s'améliorent. "Beaucoup de ceux qui ont voté pour (la plateforme séparatiste) Junts pel Si (ensemble pour le oui) ne l'ont pas fait pour obtenir l'indépendance mais pour donner un avertissement à l'Etat espagnol, dire 'non' à sa politique actuelle et négocier", a dit José Juan Toharia, analyste de Metroscopia. Des discussions devraient d'ailleurs s'engager après les élections générales de décembre dont le résultat est plus incertain que jamais. Elles devraient porter en partie sur une réforme fiscale plus favorable à la Catalogne qui représente un cinquième de l'économie espagnole. Par le jeu des péréquations, la région du nord-est du pays reçoit de l'Etat central une somme bien inférieure à ce qu'elle collecte. En 2012, Mariano Rajoy avait refusé d'ouvrir le chantier de la réforme fiscale, provoquant la résurgence d'un fort mouvement indépendantiste catalan. Les discussions avec Madrid pourraient également porter sur une hausse des investissements de l'Etat central dans les grands projets locaux d'infrastructures. (Julien Toyer; Tangi Salaün et Nicolas Delame pour le service français)

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