Rajoy de retour au Parlement espagnol sans véritable espoir

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 (Ajoute horaire du vote) 
    MADRID, 2 septembre (Reuters) - Mariano Rajoy, président du 
gouvernement espagnol sortant et chef de file du Parti populaire 
(PP, droite conservatrice), va de nouveau tenter d'obtenir ce 
vendredi la confiance des députés. Mais ce nouveau tour de 
scrutin ne devrait pas débloquer la crise politique dans 
laquelle l'Espagne se débat depuis plus de huit mois. 
    Rajoy pourra compter sur les voix des 137 députés du PP, des 
32 centristes libéraux de Ciudadanos (Citoyens) et de l'élue de 
Coalición Canaria pour ce nouveau vote qui doit se tenir à 18H00 
GMT. Mercredi déjà, il a fait le plein de voix de ce côté de 
l'hémicycle, mais la règle qui s'appliquait était celle de la 
majorité absolue et il lui a manqué six voix pour obtenir les 
176 votes nécessaires. 
    Pour être investi ce vendredi, une majorité simple des 
votants serait suffisante. Dans ces conditions, onze abstentions 
lui permettraient de l'emporter. 
    Mais les députés du Parti socialiste (PSOE), les élus du 
parti de gauche radicale Podemos et les autres parlementaires, 
qui représentent au total 180 sièges, campent sur une volonté de 
s'opposer à lui et de prendre par conséquent part au vote.  
    Le porte-parole du PSOE au Congrès des députés, Antonio 
Hernando, a déclaré jeudi qu'il était "inconcevable" que des 
députés socialistes changent de ligne et optent pour 
l'abstention. Il a en outre souligné que si le PP se décidait à 
présenter un autre candidat que Rajoy, cela ne suffirait pas. 
    Les débats parlementaires qui se sont poursuivis depuis 
l'échec de mercredi ont montré le fossé qui continue de se 
creuser au Parlement. 
    Si, comme on s'y attend, Rajoy n'obtient pas l'investiture, 
un nouveau délai théorique de deux mois s'ouvrira pour tenter de 
former un gouvernement, mais il est plus probable que l'Espagne 
se dirigera alors vers de nouvelles élections législatives, les 
troisièmes en un an après les scrutins non concluants de 
décembre puis de juin derniers. 
    Le blocage, qui provoque la colère des Espagnols et nourrit 
leur rejet de la classe politique, a également un effet sur 
l'économie du pays. 
    Luis de Guindos, ministre de l'Economie dans le gouvernement 
intérimaire chargé d'expédier les affaires courantes, a prévenu 
jeudi que le pays ne pourrait pas respecter ses objectifs 
budgétaires en 2017 s'il ne se dote pas d'un gouvernement 
stable. 
    Madrid a jusqu'à la mi-octobre pour présenter à la 
Commission européenne ses orientations budgétaires pour l'année 
prochaine.  
    Il s'agira probablement d'une prolongation du budget 2016, 
sans mesures nouvelles à même de résorber le déficit, a dit De 
Guindos. "Il est évident que cela ne suffira pas pour remplir 
nos objectifs pour 2017 (...) Il est donc essentiel que nous 
disposions d'un gouvernement pleinement opération pour pouvoir 
concevoir un budget pour l'année prochaine", a-t-il ajouté à la 
radio. 
    L'Espagne doit normalement ramener son déficit public à 4,6% 
de son PIB cette année puis 3,1% fin 2017. 
     
    RENVOI 
    Le TABLEAU des résultats des législatives:   
 
 (Sarah White et Carlos Ruano; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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