Rajoy conforté par la victoire des conservateurs en Galice

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LA DROITE ESPAGNOLE GARDE LA GALICE, LES PARTIS NATIONALISTES S'IMPOSENT AU PAYS BASQUE
LA DROITE ESPAGNOLE GARDE LA GALICE, LES PARTIS NATIONALISTES S'IMPOSENT AU PAYS BASQUE

par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - Mariano Rajoy a obtenu dimanche une bouffée d'oxygène avec la victoire de son Parti populaire (PP) en Galice, sa région d'origine, où les conservateurs espagnols ont même progressé lors de ce scrutin présenté comme un référendum sur la politique d'austérité mise en oeuvre par le président du gouvernement.

Dans l'autre région où se déroulaient dimanche des élections, les nationalistes sont sortis vainqueurs au Pays basque.

En baisse dans les sondages dans un contexte de manifestations massives contre sa politique de réduction des dépenses publiques et de hausses des impôts, Mariano Rajoy a vu son Parti populaire conserver la majorité absolue au parlement régional de Galice.

Avec 41 sièges, les conservateurs emmenés par Alberto Nunez Feijoo en obtiennent trois de plus qu'en 2009 et deux de plus que ce que leur promettaient les instituts de sondage. Les socialistes n'ont que 18 élus et deux formations nationalistes s'en partagent 16 autres.

Le PP a dirigé la Galice pendant 24 ans sur les 31 ans d'existence des régions autonomes et une défaite aurait été interprétée comme un camouflet retentissant pour la droite espagnole, son chef de file et sa politique d'austérité.

Les autorités régionales de Galice ont adopté des mesures de rigueur budgétaire avant même que Mariano Rajoy n'arrive aux affaires à Madrid fin 2011 et n'impose à l'Espagne une sévère cure d'austérité.

Le scrutin s'était transformé dans cette région du nord-ouest du pays en un référendum pour ou contre le président du gouvernement et sa politique.

ÉCHEC DES SOCIALISTES

Mariano Rajoy aurait repoussé à l'après-scrutin une demande d'aide financière à l'Union européenne afin de ne pas pâtir électoralement de cette démarche, dit-on dans les milieux communautaires.

Il craignait notamment que les contreparties exigées par Bruxelles, comme une réforme du système des retraites, n'aient un effet catastrophique sur les électeurs.

Mariano Rajoy peut en outre se réjouir de l'échec des socialistes dans les deux scrutins de dimanche, ce qui pourrait rouvrir la bataille pour la direction du PSOE, au pouvoir de 2004 à 2011 sur le plan national.

Au Pays basque, le Parti nationaliste basque (PNV, conservateur) d'Inigo Urkullu a remporté 27 sièges. La coalition de la gauche indépendantiste EH Bildu obtient 21 élus contre 16 pour les socialistes et 10 pour le PP.

Le PNV pourrait privilégier une alliance avec les socialistes plutôt qu'avec Bildu, jugé proche de l'organisation séparatiste ETA.

Dans cette région basque, la campagne électorale a moins porté sur la rigueur économique que sur le partage des pouvoirs entre Madrid et la province, qui jouit déjà d'une grande autonomie en étant la seule région d'Espagne à lever ses propres impôts sur le revenu et sur les sociétés.

Les autorités basques, comme celles de la Catalogne où l'on votera le 25 novembre, accusent le pouvoir central de chercher à rogner sur les prérogatives des 17 régions autonomes en invoquant la crise.

Les autorités de Madrid dénoncent le laxisme financier de certaines régions en partie responsables, selon elles, de l'incapacité de l'Espagne à atteindre en 2011 son objectif de réduction du déficit budgétaire.

Pascal Liétout, Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français

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