Raiffeisen Capital Management : " Nous aimerions porter l'international à 50 % de nos encours"

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(NEWSManagers.com) - Dr. Mathias Bauer, président directeur général de Raiffeisen Capital Management


Avec une part de marché de 20 %, Raiffeisen Capital Management est la principale société de gestion en Autriche. Mais son activité ne se limite pas à son pays d' origine. La filiale de Raiffeisen Zentralbank Österreich et des banques régionales Raiffeisen cherche activement à se faire une place sur la scène internationale. Elle est notamment présente en France avec un bureau de représentation et lorgne désormais sur l' Asie. Dans un entretien à Newsmanagers, Dr. Mathias Bauer, le président directeur général de Raiffeisen Capital Management, détaille la stratégie internationale de la société.

Newsmanagers : Pouvez-vous nous décrire en quelques mots Raiffeisen Capital Management, la société que vous dirigez ?


Dr. Mathias Bauer : Raiffeisen Capital Management est la première société de gestion d' actifs en Autriche en termes d' encours avec 31 milliards d' euros sous gestion et une part de marché de 20 %. Elle a été créée il y a 25 ans, si bien que je la considère un peu comme ma société puisque cela fait 25 ans que j' y travaille !
Nous avons deux grandes spécialités : la première est la gestion actions Europe émergente, Russie comprise, que nous avons lancée il y a 15 ans lorsque nous avons commencé à nous développer à l' international. Aujourd' hui, nous avons élargi ce pôle " actions émergentes" à l' Asie et l' Amérique latine. Notre seconde spécialité est la gestion obligataire que nous avons conçue principalement pour les investisseurs autrichiens qui sont très conservateurs. Elle regroupe les expertises en obligations en euros, obligations internationales, obligations européennes high yield, obligations d' entreprises et dette émergente.

En termes de clientèle, étant filiale de banques, Raiffeisen CM est très présente auprès des particuliers, que nous abordons via le réseau d' agences. Mais nous avons aussi beaucoup de clients investisseurs institutionnels. Ces derniers représentent d' ailleurs 60 % de nos encours (fonds de pension, compagnies d' assurances, sociétés?).

NM : Vous indiquez que les Autrichiens sont très conservateurs. Comment cela se traduit-il ?

M. B. : Concrètement, les particuliers Autrichiens sont traditionnellement très peu investis en valeurs mobilières par rapport à leurs voisins européens. Dans les années 1990, cette proportion s' est un peu accrue. Lorsqu' ils investissent en valeurs mobilières, ils le font au travers de fonds. Mais il s' agit à 70-80 % de fonds obligataires. Ce conservatisme se retrouve également chez les investisseurs institutionnels. En général, la part actions de leurs portefeuilles est inférieure à 5 %, ce qui selon moi est insuffisant. Malheureusement, avec les crises de 2001, 2002 et plus récemment 2008, les choses ne changent guère, bien au contraire !


NM : Vous évoquez votre développement international. Dans quels pays êtes-vous présents aujourd' hui ?


M. B. : Nous avons commencé à nous développer en dehors de nos frontières il y a 15 ans. Nous avons commencé par l' Italie du Nord et l' Allemagne, deux zones qui étaient proches de l' Autriche, et où nous avons installé des bureaux. Nous avons un troisième bureau étranger en France, à Paris, qui compte trois personnes. Nous abordons également le Benelux, la Suisse, l' Espagne et commençons à nous développer au Royaume-Uni. Nous avons enfin des bureaux en Europe centrale. Au total, à l' heure actuelle, nous sommes représentés dans 19 pays d' Europe.


NM : Avez-vous abordé ces marchés avec vos fonds de droit autrichien ? Ou bien passez-vous par une sicav au Luxembourg ?


M. B. : Nous avons fait enregistrer nos fonds de droit autrichien. Mais il y a un an, nous avons décidé de créer une sicav de droit luxembourgeois avec des compartiments clonant nos fonds, car nous voulons nous développer en Asie et en Amérique latine, où les investisseurs ne font confiance qu' à la sicav de droit luxembourgeois même si les fonds de droit autrichien sont conformes à la directive européenne Ucits.

NM : Quel est le résultat de cette stratégie hors d' Europe ?


M. B. : Il est trop tôt pour faire le bilan de l' ouverture de la sicav, car nous en sommes encore au stade des négociations pour commercialiser nos produits dans ces pays. Mais je suis sûr que nous aurons des souscriptions dans les 12 à 18 prochains mois.
En Asie, nous ciblons plus précisément Singapour et Taiwan et en Amérique latine, le Chili, le Brésil et le Pérou. En Asie, nous nous appuyons sur les ressources de la banque Raiffeisen, tandis qu' en Amérique latine, nous cherchons plutôt des partenaires.

NM : Au total, quelle est la part de vos encours gérés pour le compte de clients étrangers ?

M. B. : Cela représente 15-20 % de nos encours sous gestion, une proportion que nous aimerions porter à 50 % dans les 5 à 10 prochaines années.

NM : Quel a été le niveau de vos souscriptions en 2010 ?


M. B. : Nous avons collecté en net environ 1 milliard d' euros, principalement en actions et auprès d' investisseurs institutionnels. Ce niveau s' explique par le fait que nous avons subi d' importants rachats sur les fonds obligataires. Nous avons souffert de la politique des banques qui encouragent les clients à convertir leurs valeurs mobilières en dépôts afin de disposer de davantage de liquidités.


NM : Êtes-vous satisfait de l' offre que vous proposez actuellement ou souhaiteriez-vous développer d' autres savoir faire ?


M. B. : Oui, surtout que nous avons en plus de notre offre marchés émergents et obligataire une expertise d' allocation d' actifs que nous comptons mettre davantage en avant cette année. Depuis 2005, ce département appelé Multi-Assets Strategies se consacre exclusivement au développement de stratégies d' allocation tactique et de concepts de gestion asymétrique.


NM : Le marché de la gestion d' actifs est en pleine concentration en Europe et dans le monde. Constatez-vous la même chose en Autriche ? Pensez-vous participer à ce mouvement ?


M. B. : Oui, nous constatons également en Autriche un mouvement de concentration dans la gestion d' actifs. Je pense que cela va se poursuivre ? en Autriche et en Europe - sous l' effet des nouvelles réglementations. En effet, Ucits IV, Bâle III, AIFM vont se traduire par des coûts supplémentaires qui seront difficiles à supporter pour les petites sociétés de gestion.

Je constate d' ailleurs à mon niveau une augmentation des dossiers de sociétés qui sont à vendre. Pour l' instant, nous n' avons rien acheté, car nous n' avons rien trouvé de satisfaisant. Mais nous n' excluons pas de le faire.

En attendant, un chantier assez important nous attend, qui consistera à fusionner les entités de gestion d' actifs du groupe Raiffeisen dans les pays d' Europe de l' Est. Cela correspond aujourd' hui à 6 milliards d' euros, mais ce montant est appelé à croître. Cette intégration sera entamée en 2011 et devrait durer deux à trois ans.


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