Raids meurtriers de l'armée syrienne dans des villages

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AMMAN (Reuters) - Des soldats et des miliciens soutenant Bachar al Assad ont mené une série de raids contre plusieurs villages d'une province du nord de la Syrie tuant 27 jeunes gens, indique un groupe d'opposants, mercredi.

Les jeunes gens, tous des civils, ont été pour la plupart abattus de balles dans la tête ou dans la poitrine alors qu'ils se trouvaient chez eux ou dans la rue dans les villages d'Idita, d'Ibline et de Balchone dans la province d'Idlib proche de la frontière avec la Turquie, rapporte le Réseau syrien pour les droits de l'homme.

Plusieurs vidéos postées sur YouTube et enregistrées par des militants locaux montrent des cadavres de jeunes gens blessés par balles dans les rues et dans leurs maisons. L'authenticité des images n'a pas pu être confirmée de manière indépendante.

"Les forces armées ont pourchassé des civils dans ces villages, elles les ont arrêtés et les ont tués sans hésitation. Ils se sont concentrés sur les jeunes hommes et ceux qui ne sont pas parvenus à prendre la fuite ont été tués", indique l'organisation dans un communiqué.

Ces attaques interviennent au moment où les Etats-Unis, n'étant pas parvenus à faire sanctionner le gouvernement syrien par le Conseil de sécurité de l'Onu, ont pour la première fois laissé entendre mardi qu'ils pourraient armer les insurgés en lutte contre le régime d'Assad.

Cette possibilité a été évoquée à la fois par la Maison blanche et par le département d'Etat.

"Nous continuons de croire qu'une solution politique est nécessaire en Syrie", a commenté Jay Carney, porte-parole de la présidence américaine.

"Nous ne voulons pas prendre d'initiatives qui contribueraient à accroître la militarisation de la Syrie parce cela engagerait le pays sur une voie dangereuse. Mais nous n'excluons pas des mesures supplémentaires", a-t-il dit.

RISQUE D'ESCALADE

Cette hypothèse, également avancée par la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, semble correspondre à une inflexion de la position de Washington, qui a toujours affirmé jusqu'ici que fournir des armes à l'opposition ne faisait pas partie de sa politique.

Priée de préciser la position actuelle de l'administration Obama sur une éventuelle aide militaire à l'opposition en Syrie, la porte-parole a déclaré à la presse: "Nous croyons qu'une solution politique serait le meilleur scénario".

"Nous ne croyons pas qu'il faille contribuer aujourd'hui à une militarisation accrue de la Syrie. (...) Cela dit, (...) si on ne parvient pas à persuader Assad de céder aux pressions que nous exerçons tous, nous pourrions alors envisager de nouvelles mesures", a-t-elle dit sans préciser sa pensée.

La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, doit rencontrer vendredi à Tunis les représentants de 70 pays et organisations pour la première réunion des "Amis de la Syrie" afin de coordonner les prochaines initiatives de la communauté internationale face à la répression qui dure depuis près d'un an.

Les analystes politiques estiment qu'un soutien tacite américain aux rebelles armés syriens constitue une stratégie risquée de l'escalade compte tenu de la complexité de la situation ethnique et religieuse dans le pays.

A cela s'ajoute le soutien dont continue de bénéficier Bachar al Assad de la part de la Russie et la Chine qui ont opposé leur veto à une résolution de la Ligue arabe présentée au Conseil de sécurité de l'Onu et prévoyant la mise à l'écart du chef de l'Etat syrien.

"Armer l'Armée syrienne libre et les autres groupes d'opposition pourrait aboutir à renverser Assad au bout du compte, mais cela renforcerait le risque d'un Etat divisé et en état d'échec", estime Robert Danin, spécialiste du Proche-Orient au Council on Foreign Relations, dans une tribune publiée mardi.

Mardi, les forces syriennes ont tué 60 personnes dans des attaques de villages et dans des tirs de barrage sur la ville de Homs, indiquent les militants.

La Croix-Rouge a appelé à des cessez-le-feu quotidiens afin de permettre la distribution de l'aide d'urgence nécessaire aux populations.

Khaled Yacoub Oweis; Pierre Sérisier pour le service français

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  • M3435004 le mercredi 22 fév 2012 à 10:46

    Les civiliations se valent ! N'est-ce pas Flanby ?