Raids israéliens sur Gaza, une trêve recherchée

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par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - La marine et l'aviation israéliennes ont poursuivi dimanche leurs bombardements de la bande de Gaza pour la cinquième journée consécutive, avant une éventuelle intervention terrestre, sans parvenir à faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur l'Etat hébreu.

Des tractations sont en cours pour tenter d'aboutir à une trêve mais ces efforts diplomatiques ne semblent pas devoir aboutir rapidement.

S'exprimant sur la situation en public pour la première fois depuis le début de la campagne israélienne de bombardements aériens sur Gaza mercredi, Barack Obama a dit soutenir "pleinement le droit d'Israël à assurer sa propre défense". Le président américain a cependant jugé "préférable" d'éviter une invasion terrestre.

Dans des scènes rappelant l'opération "Plomb durci" de l'hiver 2008-2009, Israël masse toutefois des chars, des pièces d'artillerie et des unités d'infanterie près de la frontière avec Gaza, territoire contrôlé par les islamistes du Hamas. Des convois militaires se déplacent sur des routes désormais interdites à la circulation de véhicules civils.

Benjamin Netanyahu a averti dimanche qu'Israël était prêt à étendre son offensive, destinée à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes qui s'abattent régulièrement depuis des années sur son territoire.

"Nous faisons payer un lourd tribut au Hamas et aux organisations terroristes et les Forces de défense israéliennes sont prêtes à étendre leurs opérations de façon significative," a dit le chef du gouvernement israélien lors d'un conseil des ministres, sans fournir de plus amples détails.

Depuis mercredi, jour où Israël a tué le chef militaire du Hamas, les raids israéliens ont fait 65 morts côté palestinien, dont environ une moitié de femmes et d'enfants, et des centaines de blessés, selon un bilan fourni par les autorités palestiniennes.

TEL AVIV VISÉE PAR LE HAMAS

Au moins onze civils, dont quatre enfants, ont péri dimanche lorsqu'un missile israélien s'est abattu sur un immeuble résidentiel, a accusé le Hamas. Il s'agit du bombardement le plus meurtrier depuis mercredi.

"Le massacre de la famille Dalu ne restera pas impuni", a réagi la branche armée du Hamas dans un communiqué.

L'armée israélienne ne s'est pas exprimée dans l'immédiat sur cette frappe.

Benjamin Netanyahu a assuré à ses interlocuteurs étrangers qu'Israël faisait tout son possible pour éviter les victimes civiles, a dit auparavant le chef du gouvernement.

Un demi-millier de roquettes en provenance de Gaza se sont abattues depuis mercredi en Israël, où elles ont fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés. Certains de ces projectiles ont été tirés en direction de Tel Aviv et de Jérusalem, cibles bien plus éloignées que les localités du sud d'Israël régulièrement visées par les activistes palestiniens.

L'aviation israélienne a aussi bombardé dimanche deux bâtiments abritant des centres de presse à Gaza, blessant huit journalistes.

D'après la version de Tsahal, il s'agissait d'attaques ciblées contre du matériel de communication du Hamas installé sur le toit de ces immeubles. L'armée israélienne a également accusé le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza de se servir de journalistes comme des "boucliers humains" pour protéger ses propres installations.

Habituelle médiatrice entre Israël et le Hamas, l'Egypte s'emploie à arracher une trêve aux deux camps. Le président égyptien Mohamed Morsi a fait état d'"indices" précurseurs d'un cessez-le-feu, prenant toutefois soin d'ajouter ne disposer à ce jour d'aucune certitude en la matière.

CONDITIONS

Interrogé à la radio israélienne sur des discussions en cours au Caire, Silvan Shalom, l'un des vice-Premiers ministres de Benjamin Netanyahu, a répondu: "Il y a des contacts mais ils sont actuellement loin d'être finis."

Moshe Yaalon, autre adjoint du chef du gouvernement, a dressé sur Twitter la liste des conditions israéliennes à un cessez-le-feu: "Si le calme prévaut dans le Sud, si le peuple israélien n'est la cible d'aucun tir de missile ou de roquette, ni d'attentat terroriste préparé dans la bande de Gaza, nous n'attaquerons pas."

Barack Obama a dit être en contacts réguliers avec les dirigeants égyptiens et turcs pour s'assurer de leurs efforts en vue d'une trêve. "Nous allons voir les progrès que nous pouvons accomplir au cours des prochaines 24, 36, 48 heures", a dit le président américain.

En visite au Caire, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est prononcé pour un "cessez-le-feu synchronisé" et a appelé à la levée du blocus israélien sur la bande de Gaza, imposé depuis la prise complète de pouvoir du Hamas dans ce territoire palestinien.

"Je lance un appel à Israël et à Gaza. L'accord de cessez-le-feu devrait être conclu d'ici 24 heures (...) Les blocus devraient être progressivement levés. Et ces discussions devraient débuter dans un délai de 90 jours", a-t-il dit.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi et un groupe de ministres arabes des Affaires étrangères se rendront mardi à Gaza pour manifester leur solidarité à l'égard des Palestiniens.

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, rencontrera pour sa part Mohamed Morsi lundi au Caire, a annoncé le ministère égyptien des Affaires étrangères.

Danielle Rouquié, Jean-Philippe Lefief, Jean-Loup Fiévet et Bertrand Boucey pour le service français

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