Raids et bombardements font des dizaines de morts à Alep

le , mis à jour à 19:30
0
 (Ajoute réaction russe §20) 
    BEYROUTH, 28 avril (Reuters) - Au moins vingt-sept 
personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans la nuit de 
mercredi à jeudi dans le bombardement de l'hôpital Al Qods situé 
dans un quartier de la ville d'Alep tenu par les rebelles en 
Syrie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme 
(OSDH), jeudi. 
    Cette attaque a coûté la vie au dernier pédiatre qui 
travaillait dans la ville et à deux autres médecins, ajoute 
l'organisation basée à Londres. 
    Trente autres civils ont péri par la suite dans une nouvelle 
vague de raids aériens sur les quartiers rebelles, a déclaré un 
secouriste. L'OSDH parle d'au moins vingt morts dans ces 
frappes.  
    Dans les zones de la ville tenues par les forces loyalistes, 
des tirs de mortier ont fait au moins 14 morts, ajoutent l'OSDH 
et l'agence de presse syrienne officielle Sana. 
    Cette brusque intensification des violences place la grande 
ville du nord de la Syrie au bord du désastre humanitaire, a dit 
à Genève le Comité international de la Croix-Rouge.  
    "Où que l'on soit, on entend des explosions de mortiers, des 
bombardements et des avions qui survolent la ville", souligne 
Valter Gros, le responsable du CICR à Alep, dans un communiqué 
diffusé par l'organisation internationale.  
    "Aucun quartier de la ville n'est épargné. Les habitants 
prennent des risques en permanence. Tout le monde craint pour sa 
vie", ajoute Valter Gros. 
     
    SITUATION "CATASTROPHIQUE" 
    Jan Egeland, qui préside le groupe de travail humanitaire 
des Nations unies en Syrie, a qualifié la situation à Alep de 
"catastrophique".  
    "Je ne peux pas exprimer à quel point tout pourrait se jouer 
dans les prochaines heures ou les prochains jours", a-t-il dit 
après une réunion à Genève avec les membres du Groupe 
international de soutien à la Syrie (ISSG).  
    "La détérioration catastrophique de la situation à Alep au 
cours des dernières 24 à 48 heures, également dans certaines 
parties de la région de Homs, a été relatée en direct 
aujourd'hui aux membres de l'ISSG (...). Personne ne doutait de 
la gravité de la situation", a ajouté Jan Egeland. 
    Dans un communiqué transmis par le Quai d'Orsay, le ministre 
français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a condamné 
"avec la plus grande fermeté" le bombardement de l'hôpital Al 
Qods.  
    "Face aux violations de plus en plus graves de la cessation 
des hostilités, j'en appelle à la tenue dans les meilleurs 
délais d'une réunion des ministres de l'ISSG", a-t-il dit.  
    "Il est également indispensable que le Conseil de sécurité 
des Nations unies renforce rapidement la protection des 
personnels médicaux et infrastructures de santé dans les zones 
de conflit. La France est particulièrement mobilisée et appelle 
à l'adoption, dans les tout prochains jours, du projet de 
résolution à l'élaboration duquel elle a pleinement contribué", 
ajoute le chef de la diplomatie française.  
    Alep est au coeur d'une escalade militaire depuis le 22 
avril qui a contribué à saper les négociations de paix 
organisées sous l'égide des Nations unies à Genève.  
    Le Haut Comité des Négociations (HCN), principal organe 
représentatif de l'opposition syrienne, a suspendu sa 
participation la semaine dernière aux pourparlers en raison de 
l'intensification des combats sur le terrain. 
     
    140 MORTS EN SIX JOURS 
    Mercredi, l'envoyé spécial de l'Onu Staffan De Mistura, qui 
supervise les discussions de Genève, a estimé que l'accord de 
cessation des hostilités entré en vigueur le 27 février dernier 
était pratiquement à l'agonie.   
    L'ONG Médecins sans frontières (MSF), qui soutenait 
l'hôpital Al Qods, a précisé que l'établissement avait été 
détruit par une frappe aérienne directe.  
    Bebars Michal, membre de la Défense civile d'Alep, a déclaré 
à Reuters que 40 personnes avaient péri dans la destruction d'un 
immeuble de cinq étages situé à côté de l'hôpital.  
    La télévision publique syrienne a rejeté les informations 
imputant à Damas la responsabilité de l'attaque sur l'hôpital et 
une source militaire syrienne a affirmé que l'aviation 
gouvernementale n'était pas intervenue dans les zones où des 
raids ont été signalés.  
    La Russie a également démenti toute responsabilité dans le 
bombardement de l'établissement. "Selon nos informations, le 
soir du 27 avril, pour la première fois après une longue pause, 
il y a eu un avion au-dessus d'Alep qui appartenait à l'un des 
pays de la soi-disant coalition anti-Etat islamique", a ajouté 
le ministère russe de la Défense dans un communiqué.  
    Selon l'OSDH, les raids aériens dans les quartiers d'Alep 
sous contrôle rebelle ont coûté la vie à 91 personnes au cours 
des six jours écoulés, tandis que les bombardements rebelles sur 
les zones tenues par le gouvernement ont fait 49 morts. 
    Staffan de Mistura, qui tente de maintenir sur les rails les 
négociations indirectes de paix menées à Genève, a prévu de se 
rendre à Moscou la semaine prochaine. 
 
 (Lisa Barrington et Tom Perry, avec Suleiman al Khalidi et John 
Davison; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant