Raids aériens et tirs d'artillerie au Yémen malgré la trêve

le , mis à jour à 22:47
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(Précisions) SANAA/ADEN, 11 juillet (Reuters) - Raids aériens et tirs d'artillerie se sont poursuivis samedi au Yémen malgré la trêve humanitaire conclue sous l'égide des Nations unies, entrée théoriquement en vigueur la nuit dernière. La coalition arabe mise en place par l'Arabie saoudite pour combattre les rebelles chiites houthis a fait savoir que le gouvernement légal yéménite, réfugié à Ryad, ne lui avait pas demandé de suspendre ses opérations, a rapporté la chaîne de télévision Arabiya. Les services du secrétaire général de l'Onu ont pourtant affirmé que le président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi avait fait part vendredi à la coalition de son acceptation de la trêve. Les frappes aériennes se sont néanmoins poursuivies contre les positions des Houthis et de leurs alliés à Sanaa, la capitale, et dans leur bastion de la province de Saada, à la frontière saoudienne. Des combats et des duels d'artillerie ont également fait rage à Taëz, dans le sud du pays, et dans la province de Marib. A Aden, le grand port du Sud, les rebelles chiites ont pilonné les positions de leurs adversaires dans le nord de la ville et près de l'aéroport international. Plus de 3.000 personnes ont été tuées au Yémen depuis le début des frappes aériennes de la coalition arabe le 26 mars. DU MATÉRIEL MÉDICAL À ADEN "Nos forces se réservent le droit de combattre et de pourchasser les éléments d'Al Qaïda et de l'Etat islamique pour défendre leur peuple", a déclaré samedi le colonel Charaf Loukman, porte-parole des unités de l'armée yéménite alliées aux Houthis. A Aden, des responsables locaux ont indiqué que les insurgés chiites avaient laissé 25 camions de matériel médical entrer samedi dans la ville mais que 40 autres camions chargés de vivre n'avaient pu passer. A Moukalla, dans l'est du pays, un drone américain a tiré vendredi soir deux missiles sur des voitures transportant des hommes d'Al Qaïda, tuant trois personnes dont un dirigeant du mouvement, Abou Hadjar al Hadrami, ont rapporté des habitants. La trêve humanitaire vise à permettre l'acheminement d'une aide humanitaire à la population civile. Toutes les parties au conflit avaient salué cette semaine l'annonce de cette trêve. Le gouvernement du président Hadi exige cependant que les insurgés houthis abandonnent les villes qu'ils contrôlent et relâchent leurs prisonniers, conformément à la résolution 2216 adoptée en avril par le Conseil de sécurité de l'Onu. Les Houthis, qui contrôlent depuis septembre la capitale et ont ensuite pris plusieurs villes, affirment mener une révolution contre un gouvernement corrompu et refusent de se retirer. (Mohammed Ghobari et Mohammed Mukhashaf, Danielle Rouquié, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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