Rahami inculpé pour les attentats de Manhattan et du New Jersey

le , mis à jour à 15:19
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    * Ahmad Khan Rahami pourrait être présenté ce mercredi à un 
juge 
    * Un carnet retrace sa radicalisation 
    * Son père avait alerté le FBI en 2014, l'enquête n'avait 
pas établi de "lien terroriste" 
 
 (Actualisé avec avocat § 7-8) 
    par Daniel Trotta et Laila Kearney 
    NEW YORK, 21 septembre (Reuters) - La justice fédérale 
américaine a retenu mardi dix chefs d'inculpation contre le 
principal suspect des attentats de New York et du New Jersey, 
notamment usage d'armes de destruction massive et attentat à la 
bombe dans un lieu public. 
    Les procureurs décrivent Ahmad Khan Rahami, un Américain de 
28 ans d'origine afghane, comme un djihadiste convaincu qui 
désirait mourir en martyr et louait Al Qaïda. 
    Dans un journal manuscrit qu'il portait sur lui au moment de 
son arrestation, le suspect fait l'éloge d'Oussama Ben Laden et 
accuse le gouvernement américain de massacrer des combattants 
islamistes en Afghanistan, en Irak, en Syrie et dans les 
territoires palestiniens, selon les responsables fédéraux. 
    Il rend aussi hommage à Nidal Malik Hasan, l'auteur d'une 
attaque sur la base militaire de Fort Hood, au Texas, en 
novembre 2009, qui a fait 13 morts.     
    "Je demande (à être) martyr et si Dieu le veut cet appel 
sera entendu", écrit-il dans des notes sur sa capture 
éventuelle. 
    Rahami a été interpellé lundi à Linden, dans le New Jersey, 
à l'issue d'une fusillade dans laquelle il a été blessé, ainsi 
que deux policiers.  
    Hospitalisé à Newark, il n'a pas encore fait l'objet d'un 
interrogatoire approfondi mais pourrait être présenté ce 
mercredi sur son lit d'hôpital à un juge fédéral qui doit lui 
notifier les charges qui pèsent sur lui, a annoncé son avocat, 
David Patton. 
    Directeur du bureau des avocats fédéraux de New York, Patton 
a également demandé à pouvoir s'entretenir avec son client. "Le 
Sixième Amendement exige qu'il ait accès à un avocat et qu'il 
soit présenté sans délai (à un juge)", écrit-il dans une 
requête.  
     
    PASSIBLE DE LA PRISON À PERPÉTUITÉ 
    Outre la bombe qui a explosé samedi soir à Chelsea, blessant 
31 personnes, Rahami est également soupçonné d'avoir déposé 
l'engin improvisé qui a explosé une dizaine d'heures plus tôt 
dans la petite station balnéaire de Seaside Park, dans le New 
Jersey, sans faire de blessé. 
    Une bombe retrouvée intacte à quelques blocs d'immeuble du 
lieu de l'attentat à New York et de multiples engins découverts 
dimanche à la gare d'Elizabeth, dans le New Jersey, lui sont 
également attribués. 
    L'exploitation des vidéos de surveillance et l'analyse 
d'empreintes retrouvées sur certains engins non explosés le 
mettent en cause, selon la justice américaine. Une vidéo 
retrouvée sur son téléphone, et enregistrée deux jours avant les 
attentats devant sa maison du New Jersey le montre en train 
d'allumer une mèche reliée à un cylindre à demi-enterré, rempli 
de matériaux inflammables.  
    Un compte associé à son nom sur le site de commerce en ligne 
eBay témoigne d'achats de produits chimiques, de circuits 
électroniques et de roulements à billes correspondant aux engins 
explosifs des attentats. Le suspect regardait sur son téléphone 
des vidéos des réseaux djihadistes, rapportent en outre les 
enquêteurs. 
    Les chefs d'utilisation d'armes de destruction massive (un 
émanant du parquet de New York, deux de celui du New Jersey) 
sont passibles de la prison à perpétuité. Au niveau local, Ahmad 
Khan Rahami est aussi accusé par la justice de l'Etat du New 
Jersey de tentative de meurtre sur cinq policiers et de port 
d'arme illégal. 
    Son père, Mohammad Rahami, a déclaré mardi avoir alerté le 
FBI en 2014 quant aux liens de son fils avec des mouvements 
radicaux. "J'ai appelé le FBI il y a deux ans", a dit Mohammad 
Rahami, parlant à des journalistes depuis le restaurant familial 
d'Elizabeth, dans le New Jersey, à 30 km à l'ouest de New York. 
    Le FBI a confirmé avoir ouvert à l'époque une enquête à son 
égard mais a ajouté que les investigations n'avaient pas établi 
de "liens terroristes" et qu'elles avaient été par la suite 
abandonnées. 
    Après avoir hésité à caractériser les attentats, la Maison 
blanche a annoncé mardi que les bombes de New York et du New 
Jersey paraissaient constituer des "actes de terrorisme". "Il 
semble que cela ait été un acte de terrorisme", a déclaré le 
porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest.     
 
 (Avec Joseph Ax et Mica Rosenberg à Elizabeth, Mark Hosenball 
et Julia Edwards à Washington, Jeffrey Dastine et Christine 
Prentice à New York; Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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