Rafael Nadal, l'éloge de la patience

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Rafael Nadal, l'éloge de la patience
Rafael Nadal, l'éloge de la patience

Rafael Nadal sorti de son silence. Dans un long entretien accordé à L?Equipe, comme à d?autres titres majeurs de la presse sportive européenne, l?Espagnol est revenu sur quatre derniers mois compliqués. L?ancien numéro 1 mondial n?est plus apparu sur les courts depuis fin juin et sa défaite au deuxième tour de Wimbledon contre Lukas Rosol (6-7, 6-4, 6-4, 2-6, 6-4). Victime de douleurs récurrentes au genou gauche depuis début mars et le tournoi d?Indian Wells en raison du syndrome de Hoffa, il a été contraint de dire stop, après avoir enchaîné les infiltrations pour tenir jusqu?au début de l?été. Il a notamment déclaré forfait pour les Jeux Olympiques de Londres. Un déchirement pour lui. « Je suis passé par des moments difficiles, indique-t-il. Devoir renoncer aux Jeux, à l?honneur d?être le porte-drapeau de mon pays, ç?a été très dur. J?étais très, très triste pendant deux semaines. Rater un Grand Chelem, c?est pénible ; mais moins. Ce n?est pas tous les quatre ans. » Champion olympique en 2008, il fait part de son envie d?être présent à Rio en 2016, pour aller y décrocher une deuxième médaille d?or en simple.

« Être parfaitement rétabli avant de décider où et quand rejouer »

Un signe de son optimisme sur la suite de sa carrière, en dépit des nombreux pépins physiques qui ont émaillé son parcours professionnel. S?il reste confiant, Nadal ne sait pas encore quand il fera son retour à la compétition. « Aujourd?hui, je ne suis pas encore en état d?aller sur le court, je n?ai toujours pas retouché la raquette mais je bosse dur tous les jours. Je nage beaucoup - pratiquement un kilomètre par joue -, je fais beaucoup de travail en salle de gym et je suis à la lettre le traitement que m?ont prescrit les médecins. » Forcément impatient de revenir sur les courts, il assure pourtant qu?il ne prendra pas le moindre risque. « La situation est très claire dans ma tête : je dois d?abord me soigner complètement, être parfaitement rétabli avant de décider où et quand rejouer. Je ne reviendrai que quand je serai à cent pour cent. Je ne veux plus aller sur le terrain avec des doutes permanents sur mon physique. » Habitué à jouer avec la douleur ces dernières saisons, le Majorquin est souvent passé outre pour aller décrocher ses plus grandes victoires.

« Mon jeu a déjà énormément changé »

Septuple vainqueur de Roland-Garros, Nadal rappelle notamment avoir beaucoup souffert pour obtenir son dernier titre dans la Capitale. « J?ai joué mes deux derniers matchs à Paris sous anti-inflammatoires, sous infiltration. Et pourtant, je pense que je n?ai jamais aussi bien joué sur terre que cette année. » Conscient de mettre son corps en danger en multipliant les infiltrations, il ne rechigne pas à réaliser de tels sacrifices. Il assure avoir été élevé dans cette culture. « On a tous un seuil de tolérance différent. Et je crois que le mien est assez haut. J?ai été éduqué pour comme ça. J?ai été éduqué pour résister. Pour me battre. Et ça ne changera pas. » Victime d?un style très exigeant sur le plan physique selon certains, il assume, tout en assurant l?avoir beaucoup fait évoluer. « Mon jeu a déjà énormément changé. Plus que la plupart des autres. Je cours beaucoup moins qu?à mes débuts. Maintenant, quand je les affronte, je ne cours pas plus que Federer ou Djokovic. (?) Mais la base de mon jeu reste et restera toujours la même. (?) attendez le jour où je ne ferai que des services-volées, désolé, mais vous attendez pour rien. »

« Je ne sais pas si je serai compétitif pour cette finale de Coupe Davis »

Tombé à la quatrième place du classement ATP, derrière Roger Federer, Novak Djokovic et Andy Murray, Nadal ne s?inquiète pas de ce constat. « Mon classement a chuté, mais ça ne me perturbe pas. J?ai été dans les deux premiers pendant sept ans sans discontinuer. J?aime toujours autant le tennis, j?ai toujours la passion. » Sans aucune prétention, il affiche son optimisme sur sa capacité à retrouver son meilleur niveau. « J?ai été en haut pendant huit ans ; juste avant d?arrêter cette saison, je venais de gagner Roland-Garros, j?étais numéro 1 à la Race, j?étais fort. Pourquoi, après trois ou quatre mois d?arrêt, ça ne reviendrait pas comme avant ? » Toujours le premier à vouloir défendre les couleurs de son pays, il n?écarte pas l?hypothèse de revenir à la compétition pour la finale de la Coupe Davis, contre la République tchèque, du 16 au 18 novembre. Même il n?ose se projeter si loin. « L?équipe a été très forte contre les Etats-Unis. Moi, je ne sais pas si je serai compétitif pour cette finale. Mon esprit ne va plus loin que demain. Je ne peux rien prédire. » Sauf qu?il se lancera uniquement s?il se sent à 100% de ses moyens physiques. Le nouveau leitmotiv d?un joueur qui a trop souvent fait passer sa passion devant son corps.

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