Racisme en ligne: la justice allemande s'intéresse à Facebook

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Le patron de Facebook Mark Zuckerberg à Palo Alto, en Californie, le 24 juin 2016 ( AFP/Archives / MANDEL NGAN )
Le patron de Facebook Mark Zuckerberg à Palo Alto, en Californie, le 24 juin 2016 ( AFP/Archives / MANDEL NGAN )

La justice allemande a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête visant le patron de Facebook après le dépôt d'une plainte pour "incitation à la haine", alors que le réseau social est régulièrement accusé en Allemagne d'être trop tolérant vis-à-vis des contenus racistes.

Si selon le parquet de Munich l'enquête en est à un stade préliminaire, visant à établir "si un agissement pénalement répréhensible peut être identifié" et si "le droit allemand peut s'appliquer", c'est la première fois que la justice allemande accepte d'examiner une telle plainte.

Il s'agit pour le procureur d'examiner le bien-fondé d'une éventuelle poursuite pour "incitation à la haine" visant le patron de Facebook Mark Zuckerberg et neuf autres responsables du géant de l'internet - le droit allemand ne prévoyant pas la poursuite de personnes morales, mais seulement de leurs dirigeants.

La procédure a été déclenchée à la suite du dépôt d'une plainte en ce sens par un avocat allemand basé en Bavière, Chan-jo Jun, qui s'est spécialisé dans ce type d'affaires.

"L'ouverture de l'enquête est une importante victoire d'étape car la dernière procédure engagée avait échoué à cette étape", a commenté Me Jun qui avait annoncé vendredi dans un communiqué la décision à venir du parquet de lancer une enquête.

En mars dernier, le parquet de Hambourg avait rejeté une plainte similaire du même avocat au motif que les dirigeants de Facebook ne tombaient pas à son avis sous le coup de la législation allemande.

Facebook, contacté par l'AFP dès vendredi, n'a pas souhaité commenter la nouvelle procédure judiciaire, et souligné que des plaintes de Me Jun ont été "rejetées de manière répétées par le passé".

Ses accusations "n'ont pas de fondement et il n'y a eu aucune violation de la législation allemande. Il n'y a pas de place pour la haine sur Facebook", a indiqué le réseau social.

Depuis des mois, les critiques contre Facebook ont gagné en vigueur en Allemagne. Le gouvernement a déjà à plusieurs reprises mis en garde l'entreprise de Mark Zuckerberg et d'autres réseaux sociaux en leur reprochant de se montrer trop tolérants vis-à-vis des utilisateurs exprimant de positions racistes, antisémites et des appels au meurtre.

- Epée de Damoclès -

Le mois dernier, un haut responsable du parti de la chancelière Angela Merkel, Volker Kauder, a menacé les réseaux sociaux, Facebook en tête, d'instaurer un système d'amendes si les contenus signalés ne sont pas supprimés assez rapidement.

Le ministre de la Justice, le social-démocrate Heiko Maas à Berlin le 15 juin 2016
Le ministre de la Justice, le social-démocrate Heiko Maas à Berlin le 15 juin 2016 ( AFP/Archives / Adam BERRY )

Il a avancé la somme de 50.000 euros par publication incriminée.

Le ministre de la Justice, le social-démocrate Heiko Maas, qui depuis un an négocie régulièrement sur ce thème avec les dirigeants de réseaux sociaux, a aussi jugé que Facebook et consorts pourraient être punis s'ils ne se pliaient pas aux demandes allemandes.

"Si les contenus pénalement répréhensibles ne sont pas effacés de manière plus conséquente, nous allons devoir réfléchir à engager la responsabilité de Facebook et de Twitter", a-t-il dit au quotidien Handelsblatt.

"Cette épée de Damoclès est au-dessus des têtes des réseaux sociaux", a-t-il ajouté, tout en notant qu'il leur laissait "encore le temps" d'agir.

"Pour la première fois il y a une volonté politique d'adopter des sanctions contre Facebook", a estimé l'avocat à l’origine de la plainte.

Facebook s'était engagé en décembre 2015 à examiner et supprimer dans un délai d
Facebook s'était engagé en décembre 2015 à examiner et supprimer dans un délai de 24 heures les commentaires haineux qui se répandent en ligne en Allemagne ( AFP/Archives / TOBIAS SCHWARZ )

Des géants du web dont Facebook s'étaient engagés en décembre 2015 à examiner et supprimer dans un délai de 24 heures les commentaires haineux qui se répandent en ligne en Allemagne, notamment à la suite de l'afflux de 890.000 migrants cette année-là, particulièrement visés sur les réseaux sociaux.

Mais selon les autorités, les efforts de ces sites ne sont pas suffisants.

Facebook assure à l'inverse faire tout son possible, mais a insisté sur la difficulté d'accomplir cette mission, notamment pour différencier ce qui est pénalement répréhensible et ce qui ne l'est pas au nom de la liberté d'expression.

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  • g.joly1 il y a un mois

    Mon post n'a plus beaucoup de sens car le post de delapo4 a été supprimé. Il aura quand même reçu le message.

  • M7034327 il y a un mois

    Je me demande si les allemands ne cherchent pas un prétexte pour fermer facebook... sorte de riposte en réponse à l'universalité de la justice américaine qui inflige 20 milliards à VW.

  • M2310631 il y a un mois

    Ceux qui brulent les livres ont toujours été les racistes.Les racistes anti blancs ou anti noir ou anti n'importe quoi, l'anti racisme ciblé c'est du racisme !Ceux qui violent les lois sur Facebook doivent être condamnés.

  • jean.e1 il y a un mois

    apres avoir brulé les livres les teutons vont ils bruler facebook

  • borzeixa il y a un mois

    J’espère que c'est de racisme anti-blancs dont on parle.

  • vazi il y a un mois

    On va observer jusqu'où la justice allemande est capable d'aller Déjà qu'elle estime a 50000€ l'incitation à la haine semble très faible un 100000€ serait plus dissuasif avec un effet levier par 5 à partir de 10 messages de haineBref il faut faire pire que les américains dans le domaine des pénalités pour les obliger a discuter. Ça donne une idée du TAFTA

  • Neova il y a un mois

    "Il n'y a pas de place pour la hA i ne sur Facebook", a indiqué le réseau social."... ah bon ? Facebook est pourtant bel et bien un outil de propagande, il est vrai, pour de nombreuses causes mais, entre autres, aussi à l'incitation à la hA i ne ra ci ale.

  • soleofab il y a un mois

    normal.Les réseaux sociaux regorgent d'appels au meurtres proférés par des illuminés, dé.biles et autres sous-m.S'ils ne font pas le ménage (par complaisance, par cupidité, ou par paresse), normal que les gouvernants s'en occupent.Next

  • M2941863 il y a un mois

    L'allemagne n'aime pas que les allemands nomment le grand remplacement, faut changer les mots pour en arriver au même maux.

  • heimdal il y a un mois

    Heureusement que tu es là ,alors .