Racing 92 : Lorenzetti et les " faux culs " du rugby français

le , mis à jour à 18:08
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Dans un entretien accordé à L'Equipe, Jacky Lorenzetti s'est livré sans concession. Les coulisses des transferts, les " faux culs ", la dureté du milieu du rugby, le président du Racing 92 a eu du mal à s'installer dans cet environnement hostile.

Le rugby et son univers impitoyable, Jacky Lorenzetti a appris à les dompter avec le temps. Dans un entretien accordé à L'Equipe, le président du Racing 92 a évoqué les coulisses de l’ovalie française. Les présidents qui font monter les enchères, les joueurs qui servent leurs intérêts avant tout, le patron du club francilien a eu du mal à assimiler certaines pratiques. Mais il a fini par se fondre dans le moule. Aujourd’hui, il préfère même s’en souvenir avec un sourire en coin. 

Jacky Lorenzetti n’est pas un adepte de la langue de bois. Quand il a quelque chose à dire, il le dit. C’est sa philosophie. « J’ai du mal à cacher ce que je ressens. Donc je m’exprime. Mais ce n’est pas méchant. », concède-t-il à L’Equipe. Propriétaire et résident du Racing 92 depuis 2006, Jacky Lorenzetti est revenu sur le début de son expérience. Et ce n’était clairement pas la meilleure période : « En dehors du terrain, c’est terrible. Je n’avais jamais vu ça. (...) Dans le microcosme du rugby, les arcanes de son pouvoir, les présidents entre eux, il n’y a pas de règle. C’est inexorable. On ne peut pas se faire confiance. Presque tous les coups sont utilisés. Au début, j’ai été un peu naïf. J’ai appris. »

Avant d’entrer à pieds joints dans le monde du rugby, Jacky Lorenzetti travaillait dans l’immobilier. Un changement d’environnement qui l’a rendu trop gentil : « Il y a encore peu de temps, j’appelais les autres présidents pour les avertir quand un de leur joueur était intéressé pour nous rejoindre au Racing. Comme un crétin. Il n’y a pas d’autre mot (rire). Donc, eux en tiraient profit. »

« Le monde du rugby est cruel »

Déjà qualifié pour les quarts de finale de la Champions Cup et en tête du Top 14 après douze journées, le Racing est devenu l’équipe à battre cette saison. Jacky Lorenzetti ne boude pas son plaisir. Car en dehors des terrains, le président des Racingmen a mis un certain temps avant de comprendre la logique des transferts. « Je me mets sur tous les joueurs pour faire monter les enchères et faire payer les autres plus cher. Mais on fait tous ça ! » , a-t-il reconnu. Jacky Lorenzetti a évoqué l’épisode Bastareaud. Avant de signer à Toulon en 2011, l’ancien joueur du Stade Français avait été annoncé au Racing. Une vaste supercherie selon Jacky Lorenzetti : « J’aime bien Bastareaud, c’est un grand joueur. Mais je n’ai jamais voulu l’engager. Je l’ai rencontré pour faire monter les enchères. (...) Mourad Boudjellal l’a fait signer cinq ans pour 25% plus cher que ce qu’il voulait. Comme ça, il lui reste moins d’argent pour les autres joueurs. »

Même discours pour Sergio Parisse, qui avait lui aussi été annoncé au Racing pendant un temps : « Il n’avait pas envie de venir jouer au Racing, il voulait juste revaloriser son contrat. Il a fait semblant d’être intéressé ». Des épisodes que le président du Racing prend avec le sourire après coup. Mais son ressentiment ne laisse pas de doute : ces évènements lui ont laissé un gout amer. « Je fais le faux cul. Mais comme eux. Comme les joueurs », reconnait-il avant de poursuivre : « J’étais habitué au monde de l’entreprise et je n’imaginais pas que le milieu du rugby pouvait être aussi cruel, aussi dur. (...) J’ai révisé depuis. Je m’amuse comme tout le monde ». Jacky Lorenzetti a de quoi bomber le torse, tout sourit à son équipe. Une belle revanche.

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