Racing 92 : Dan Carter, l'heure des présentations

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Racing 92 : Dan Carter, l'heure des présentations
Racing 92 : Dan Carter, l'heure des présentations

A peine arrivé en début de matinée à Roissy, Dan Carter sera présenté à la presse vendredi après-midi puis le lendemain au public de Colombes à l'occasion du choc contre Toulouse. L'ouvreur des Blacks, champion du monde et meilleur joueur de l'année, est évidemment très attendu.

Les espoirs placés en lui sont à la hauteur du salaire qu’il touchera au Racing 92. Meilleur joueur de l’année 2015, comme en 2005 et 2012, Dan Carter débarque ce vendredi dans le Top 14 auréolé d’un second titre de champion du monde décroché le 31 octobre dernier contre l’Australie à Twickenham. Pour s’attacher ses services, le club francilien a évidemment dû sortir le chéquier. L’ouvreur néo-zélandais (33 ans, 112 sélections) devrait ainsi percevoir entre 1,3 million et 1,8 million d’euros par saison sur trois ans, pour devenir le joueur le mieux payé de la planète. « Carter n’a pas choisi l’argent », soulignait pourtant le président Jacky Lorenzetti, pas peu fier, le 18 décembre dernier lors de l’officialisation de cet énorme coup sportif et médiatique. Car plus encore que ses compatriotes Ma’a Nonu à Toulon, Conrad Smith, voire Colin Slade, à Pau, des Australiens Adam Ashley-Cooper à l’Union Bordeaux-Bègles, Quade Cooper à Toulon et Will Genia au Stade Français ou les Sud-Africains Brismarck et Jannie Du Plessis à Montpellier, Dan Carter est bien la star la plus attendue de ce Top 14. Par les supporters, les médias et bien sûr ses partenaires.

« On va essayer d'être à la hauteur du joueur qu'il est pour qu'il n'ait pas trop honte en arrivant dans cette équipe », lance avec humour le troisième ligne Yannick Nyanga, lui aussi arrivé au Racing après une Coupe du monde achevée tristement contre Carter et consorts. « Il arrive d'un titre de champion du monde avec les All Blacks. Mais il y aura forcément un gap (ndlr : un écart) (rires). On va faire en sorte qu'il ne sente pas une trop grande différence et qu'on lui donne envie de jouer avec nous. J'espère qu'il nous apportera de bonnes choses mais on ne va pas attendre après lui. » Tous espèrent en tout cas que l’aventure se passe mieux que lors de sa première expérience française lors de la saison 2008-2009. Recruté par Perpignan pour une pige de sept mois, Carter n’avait finalement disputé que cinq matchs (quatre en championnat, un en H Cup) pour seulement 361 minutes de jeu, conclu brutalement sur une rupture du tendon d’Achille contre le Stade Français au Stade de France. Le Bouclier de Brennus soulevé quelques mois plus tard, après avoir assisté des tribunes à la finale, n’effacera pas toute sa déception. Victime de blessures à répétition durant sa carrière, l’ancien joueur des Crusaders débarque cette fois dans une forme optimale.

Tales : « Le meilleur joueur du monde arrive et il joue à mon poste »

Pour les deux Laurent, Labit et Travers, c’est évidemment une excellente nouvelle. Mais aussi un possible casse-tête. Car il va falloir intégrer au mieux une telle star dans un collectif déjà en place. « Nous sommes très heureux mais on ne gère pas un joueur mais un effectif, une équipe faite d’individualités qui doivent être fortes et au service du collectif, souligne Travers. On attend de Dan qu'il nous amène son expérience et son savoir, mais aussi un plus au collectif. Ce n'est pas une fin en soi de l'entrainer, on sera très heureux si le Racing gagne quelque chose. On peut dire si le recrutement est bon ou non une fois que les joueurs ont joué et qu'ils ont apporté quelque chose. Cela ne veut rien dire d'avoir une belle équipe sur le papier. L'important, c'est qu'elle soit bonne sur le terrain. Dan Carter ne va pas tout révolutionner. » Le meilleur réalisateur mondial de tous les temps (1598 points) sera bien sûr un titulaire indiscutable. Mais à quel poste ? La question peut paraître absurde. Pourtant, en décembre dernier, Travers et Labit avaient évoqué la possibilité d’aligner parfois le Néo-Zélandais au centre afin d’évoluer avec deux ouvreurs sur le terrain, en compagnie de Rémi Tales.

Arrivé au Racing en provenance de Castres après un Mondial passé comme doublure de Frédéric Michalak, l’international français est bien sûr celui qui a le plus de souci à se faire. « Le meilleur joueur du monde arrive et il joue à mon poste, reconnaît-il avec un sourire un peu gêné. Ça risque d'être compliqué. J'espère apprendre à ses côtés et qu'on pourra se partager le temps de jeu. Pour le club, c'est vraiment une belle chose. Il va apporter son vécu, son expérience et son image. C'est une bonne chose pour tout le monde, même pour moi, même si ce sera un peu compliqué. J'avais signé avant lui. Je savais qu'il y avait des contacts. Laurent m'avait appelé avant que ça ne soit officiel. Nous sommes dans un grand club et il y a de la concurrence à tous les postes. Si on est champion de France ou champion d'Europe, et que je joue moins, le principal est que le club gagne. Pour ma fin de carrière et mon futur, si un jour je souhaite entraîner, c'est un joueur avec qui je vais continuer à apprendre... Il doit avoir d'autres méthodes de travail que les nôtres. » Un palmarès hors-norme aussi. Et un vécu incomparable. Autant d’atouts que Dan Carter doit amener à un Racing 92 plus ambitieux que jamais.

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