Rachida Dati avance ses pions sur l'échiquier UMP

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RACHIDA DATI RELANCE L'IDÉE D'UNE CANDIDATURE FÉMININE À L'UMP
RACHIDA DATI RELANCE L'IDÉE D'UNE CANDIDATURE FÉMININE À L'UMP

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Dans l'attente de l'entrée en lice de Jean-François Copé, Rachida Dati, soutien du secrétaire général de l'UMP et ennemie jurée de son rival François Fillon, confirme qu'elle songe à briguer la présidence du principal parti d'opposition, au risque d'envenimer les querelles internes.

Fidèle à sa ligne de conduite, François Fillon, seul candidat déclaré avec le député de Savoie Dominique Dord, ignore les piques à répétition de l'ancienne ministre de la Justice, pour qui l'ancien Premier ministre incarne une vision passéiste d'une UMP inféodée selon elle aux "notables" et autres "héritiers".

Après une tribune virulente dans Le Monde du 3 juillet, Rachida Dati récidive dans un entretien au Figaro de mardi en soulignant le risque d'un "repli" de la formation de droite, réduite à "un parti de rentiers ou de cooptés".

Au nom du renouvellement et de l'ouverture, elle relance l'idée d'une candidature féminine qui défendrait des "propositions précises" sur l'éducation, l'insertion des jeunes, la justice, la culture, le logement, la parité. "Nous sommes totalement déterminées", assure-t-elle.

La maire du VIIe arrondissement de Paris n'en signe pas moins avec 19 autres élus et responsables UMP de la capitale un appel, publié mardi, à soutenir la candidature de Jean-François Copé.

François Fillon ne s'en émeut pas.

"Je ne pense pas perdre", a-t-il souligné mardi sur France 2. "Bien sûr, ce sont les adhérents qui décideront", a-t-il pris soin d'ajouter alors que Jean-François Copé lui dispute le soutien de la "base" - sympathisants et adhérents évalués à 264.137.

"UN DEVOIR DE RÉSERVE S'IMPOSE"

Ce sont les adhérents à jour de cotisation qui choisiront le futur président de l'UMP lors d'un scrutin le 18 novembre. Un second tour est prévu le 25 novembre si aucun des triumvirats en compétition (président, vice-président et secrétaire général) n'obtient la majorité. Les candidats devront être parrainés par 8.000 militants au minimum dans au moins dix fédérations.

Dominique Dord, par ailleurs trésorier de l'UMP, demande mardi dans un communiqué une réforme des modalités du scrutin qu'il juge "trop cadenassé". Il préconise de faciliter le recueil des parrainages par un accès au fichier des adhérents et d'élargir le corps électoral aux adhérents de 2010, 2011 et 2012.

François Fillon, dont Eric Ciotti dirige la campagne, a entrepris le 9 juillet dans le Loiret une tournée des cent fédérations UMP pour s'assurer le maximum de suffrages. Il est attendu jeudi dans la Somme.

Jean-François Copé, qui reste lui aussi au plus près du terrain, devrait officialiser sa candidature les 25 et 26 août à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) lors de la réunion de son club "Génération France".

"Ce n'est pas un duel", a répété mardi François Fillon, tout en multipliant les coups de griffe contre son futur adversaire, relégué inlassablement au rang de "secrétaire général" - "Le président de l'UMP, c'était Nicolas Sarkozy avant les élections présidentielles", dit-il.

Le député de Paris a réitéré son exigence d'un scrutin transparent, alors que ses partisans accusent Jean-François Copé d'utiliser les moyens du parti pour préparer sa candidature.

"Je souhaite que plus on s'approche de la période électorale, si Jean-François Copé est candidat, plus un devoir de réserve s'impose", a déclaré François Fillon.

XAVIER BERTRAND CULTIVE SON INDÉPENDANCE

"L'affaire" des SMS de voeux d'anniversaire signés Jean-François Copé adressés aux adhérents, grâce à un logiciel de l'UMP, agace dans le camp adverse. Tout comme la proximité avec Nicolas Sarkozy mise en avant par le secrétaire général.

"J'ai des contacts avec Nicolas Sarkozy mais je ne convoque pas les photographes pour les immortaliser", a glissé François Fillon sur France 2. Le 12 juillet dernier, Brice Hortefeux et Jean-François Copé ont déjeuné avec l'ancien chef de l'Etat, sous l'oeil des médias.

Face à cette querelle d'héritage, un proche de l'ancien Premier ministre avance : "La part heureuse du sarkozysme, il pourrait presque la revendiquer".

Au jeu des filiations, Xavier Bertrand brouille pour sa part les pistes et laisse planer l'hypothèse d'une candidature en solo alors qu'on le disait rallié à François Fillon.

Sa candidature malheureuse à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée et l'absence notable de soutien de l'ancien Premier ministre, avec lequel il s'était pourtant rapproché, expliquerait ce désir d'indépendance.

L'entourage de Jean-François Copé se prête à l'exégèse sans se faire prier : "Bertrand, il s'est fait avoir. On ne l'y reprendra pas".

L'ancien ministre du Travail a réaffirmé mardi sur RTL qu'il réservait sa décision sur une éventuelle candidature. Il "écoutera" les militants durant l'été - une réunion est prévue à Paris mercredi soir - avant de faire son choix.

Bruno Le Maire, qui publiera un manifeste début septembre dans la revue "Le Débat", soupèse ses chances et le handicap des parrainages, tout comme Nathalie Kosciusko-Morizet, qui annonce dans L'Express le lancement d'un mouvement au sein de l'UMP, "La France droite".

Alain Juppé, lui, paraît s'éloigner de la candidature de "consensus" qu'il a défendue semble-t-il vainement.

"Le message des militants, il est très très clair : 'la guerre des chefs, non merci', parce qu'à droite en général, les blessures elles cicatrisent beaucoup plus lentement que dans d'autres formations politiques", assure Xavier Bertrand.

Edité par Yves Clarisse

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