Rachat de Bouygues Telecom: le consommateur va-t-il payer plus cher?

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VIDÉO - Le passage de quatre à trois opérateurs est-il nécessairement synonyme de hausse des prix pour les consommateurs ? A peine l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR connue, les intéressés ont commencé à se poser la question.

Vingt-quatre heures après le dépôt de l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR, la question de l'impact de l'opération sur le consommateur se pose. Le passage de trois à quatre opérateurs, avec l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012 a eu les conséquences vertueuses que l'on sait sur les prix. Les tarifs des abonnements ont chuté de près de 40 %, les offres avec subventions de terminal ne représentent plus que 40 à 50 % du marché (contre sa quasi totalité il y a trois ans et demi) et les ventes de mobiles se repartissent à parts égales entre les opérateurs et la grande distribution. Pour ses détracteurs, cette redistribution des cartes a seulement été bénéfique à court terme pour les consommateurs. Le corollaire de cette pression concurrentielle a été la baisse des marges des opérateurs, qui s'est traduite par une baisse d'un demi milliard d'euros des investissements consentis par le secteur en 2014.

Le retour à trois peut laisser craindre une hausse des prix

Dans une tel contexte, le retour à trois peut laisser craindre un retour à la hausse des prix dans les télécoms. Une hypothèse pourtant balayée d'un revers de la main par l'Autorité des télécoms, son président Bruno Lasserre ayant glissé à plusieurs reprises que l'important «n'est pas de savoir s'il y a trois ou quatre opérateurs sur le marché, mais quels sont ces opérateurs». Autrement dit, tant qu'il y a Free pour jouer les empêcheurs de tourner en rond, les prix ne risqueraient pas de remonter. «Nul besoin de faire monter les prix de détails pour regagner des marges, explique un fin connaisseur du dossier. En cas de fusion Numericable-SFR avec Bouygues Telecom les synergies dégagées seront telles qu'elles permettront mécaniquement au nouvel ensemble d'améliorer sa rentabilité». Sans parler de hausse, nombre d'observateurs du marché s'accordent à dire que les prix abonnements télécoms ne baisseront plus en France. Et ce même sans consolidation.

L'autre interrogation se porte sur la capacité des opérateurs à maintenir la concurrence par les infrastructures. Là encore, deux écoles s'affrontent. Les partisans de la consolidation estiment qu'à trois opérateurs, ils auront d'avantage de moyens pour déployer les réseaux fixes et mobiles. Le gouvernement a déjà exprimé ses doutes. La course au leadership dans la 4G à laquelle se sont livrés Bouygues Telecom et Orange a permis d'offrir à plus de 72 % de la population un accès à l'internet mobile très haut débit en à peine deux ans. Un record en terme de rapidité. À trois, les opérateurs seront-ils capables de se livrer à une telle compétition? Dès dimanche, Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie, qui recevra mardi après-midi Patrick Drahi, le propriétaire de Numericable-SFR, faisait ouvertement part de ses doutes.

Des doutes que les associations de consommateurs partageaient lundi matin. «Cette offre pose bon nombre de questions, nous voulons que le maintien de l'intensité concurrentielle soit garantie par les autorités de régulation», a précisé à l'AFP Cédric Musso, directeur de l'action politique à UFC-Que Choisir. La CLCV a estimé de son côté dans un communiqué que «les consommateurs français ont tout à craindre de cette nouvelle concentration du secteur de la téléphonie mobile».

VIDÉO - Cédric Musso, directeur de l'action politique à UFC-Que Choisir.

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