Rabiot n'a rien à leur envier

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Rabiot n'a rien à leur envier
Rabiot n'a rien à leur envier

Si Adrien Rabiot n'a pas été convoqué par Didier Deschamps pour le rassemblement des Bleus, il avait pourtant les arguments pour y prétendre par rapport à la concurrence. Une certitude, son heure viendra.

Adrien Rabiot est bien à Clairefontaine cette semaine. Pas avec les A, mais avec les Espoirs, pour préparer les deux prochains matchs de sa sélection en qualifications pour l’Euro 2017 de la catégorie. Le Parisien (20 ans) avait pourtant toutes les raisons de croire en ses chances de vivre dix jours au château avec les grands, de ne pas être cantonné à un énième rassemblement avec les jeunes de son âge. Mais Didier Deschamps a fait le choix d’intégrer N’Golo Kanté, récompensant l’excellente saison du milieu de Leicester City en Premier League. Et convoquer deux novices dans le même secteur du jeu à moins de trois mois de l’Euro 2016, c’était certainement un de trop. L’évolution positive du joueur du PSG n’a néanmoins pas échappé au sélectionneur de l’équipe de France. « Adrien fait de très bonnes choses, a-t-il indiqué jeudi dernier en conférence de presse. Il progresse dans un grand club, avec des grands joueurs. On regarde évidemment ses performances, mais c’est par rapport à la concurrence. S’il vient, il y en aura un autre qui forcément n’y sera pas. Mais c’est un jeune joueur avec beaucoup de qualités. »

Un temps de jeu au niveau de ses concurrents

Elles justifiaient la candidature de Rabiot pour une première convocation chez les A. D’autant qu’elles s’expriment régulièrement cette saison avec le PSG et au plus haut niveau. Le natif de Saint-Maurice a disputé trente-quatre matchs toutes compétitions confondues pour un temps de jeu total de 2 421 minutes. Yohan Cabaye (2 545) ou Moussa Sissoko (2 688) affichent un kilométrage à peine supérieur avec leur club respectif et n’ont pas le privilège de disputer la Ligue des Champions comme Rabiot. L’ancien Toulousain compte trois titularisations en C1 cette saison, quasiment quatre en y ajoutant le match à Santiago-Bernabeu contre le Real Madrid (1-0), où il avait joué 73 minutes suite à la sortie rapide sur blessure de Marco Verratti. Sa prestation chez les Merengue ou à Chelsea en huitièmes de finale retour début mars (1-2) ont démontré qu’il savait gérer ces grands rendez-vous. Si son détachement par rapport au poids de l’événement pourrait passer pour de la suffisance, voire de l’insolence, elle le sert pour garder son calme dans les moments chauds. C’est ainsi qu’à Stamford Bridge la saison passée, il avait été précieux lors de la prolongation pour conserver le ballon et faire tourner le chronomètre, histoire d’assurer la qualification parisienne pour les quarts de finale.

Seize matchs de C1 pour Rabiot, zéro pour Sissoko et Kanté

Malgré son jeune âge (il fêtera ses 21 ans le 5 avril prochain), Rabiot n’est clairement plus un novice. Il en est à 86 matchs de L1, seize rencontres de Ligue des Champions (quand Sissoko et Kanté n’ont jamais disputé la compétition) et 110 matchs toutes compétitions confondues avec Paris. Dans un club aussi concurrentiel que ne l’est le PSG version QSI, ce n’est pas un mince exploit et le CV a de quoi impressionner en dépit de son année de naissance. Il a réussi à s’imposer comme un membre privilégié de la rotation, ce que n’avait pas réussi à faire Cabaye par exemple. Il s’est bien plus frotté au top niveau dans sa carrière que certains de ses concurrents directs pour une place à l’Euro 2016 et cet argument doit peser dans l'optique d'une grande compétition internationale. Polyvalent et capable d’évoluer en récupérateur ou en relayeur, Rabiot dispose d’un fort abattage dans l'entrejeu et d'une qualité technique au-dessus de la moyenne lui donnant la possibilité de se sortir des situations les plus périlleuses. Comparé à Cabaye, Sissoko et Kanté, il cumule les meilleurs taux de passes réussies (90%), de duels gagnés (55,60%) et de duels aériens gagnés (61,36%). Ce ne peut pas être anodin à ce niveau-là.

Pénalisé par son manque de vécu et ses sorties médiatiques

S’aguerrir au quotidien aux côtés de Thiago Motta ou de Marco Verratti est un atout supplémentaire dans la manche de Rabiot. Comme sa présence dans un club aux exigences élevées au quotidien, quand d’autres portent le maillot de Crystal Palace ou de Newcastle, et où le droit à l’erreur n’est pas permis. Alors bien sûr, celui qui est passé par Manchester City dans sa jeunesse n’a pas l’expérience internationale d’un Cabaye ou d’un Sissoko, reconduits par Deschamps au titre de leur vécu avec le groupe de France depuis bientôt quatre ans. Il n’a non plus bénéficié de la même campagne médiatique que Kanté, la faute à un déficit d’image entretenu par ses sorties malheureuses pour demander un transfert en cas de passage prolongé sur le banc ou pour se plaindre de son traitement. Cette attitude passe mal, surtout dans un football français traumatisé par le comportement de certaines de ses jeunes pousses. Laver définitivement l’ardoise est la dernière étape à franchir pour que Rabiot devienne quasiment indiscutable chez les Bleus. Pour l’Euro 2016, ce sera sûrement trop juste. Mais la suite de l’histoire de l’équipe de France devrait s’écrire avec lui.

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