Quinze personnes attaquent l'Etat pour "contrôles au faciès"

le
7
QUINZE PERSONNES ATTAQUENT L'ÉTAT FRANÇAIS AU CIVIL POUR "CONTRÔLES AU FACIÈS"
QUINZE PERSONNES ATTAQUENT L'ÉTAT FRANÇAIS AU CIVIL POUR "CONTRÔLES AU FACIÈS"

PARIS (Reuters) - Quinze personnes disant avoir subi en France des contrôles de police abusifs car fondés sur des critères racistes ont attaqué mercredi l'Etat français au civil pour demander réparation et susciter un débat.

La propension présumée de la police française à opérer des "contrôle au faciès" a déjà été dénoncée à de nombreuses reprises par des organisations nationales et internationales, comme l'organisation non gouvernementale américaine Human Rights Watch en janvier dernier.

Noires ou arabes, les 15 personnes engagées dans la procédure commencée au tribunal de Paris pensent avoir été choisies pour leur couleur de peau. Elles soulignent que la pratique prêtée à la police française constitue une violation des droits fondamentaux, puisque selon le code de procédure pénale, un contrôle ne peut se fonder que sur le comportement et non l'apparence.

Un procès pourrait se tenir d'ici un à deux ans. "L'environnement est totalement irrespirable pour ces personnes et c'est la raison pour laquelle elles engagent la responsabilité de l'Etat, afin que celui-ci répare leur préjudice et que politiquement, l'Etat prenne conscience de ce problème et que le contrôle au faciès cesse", a dit aux journalistes l'un de leurs avocats, Slim Ben Achour.

Soutenus par le Syndicat des avocats de France (classé à gauche), et un "Collectif contre le contrôle au faciès", les 15 personnes poursuivant l'Etat s'appuient notamment sur une étude réalisée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) entre octobre 2007 et mai 2008 et qui avait établi que les Noirs avaient six fois plus de risques d'être contrôlés que les Blancs et les Arabes huit fois plus.

Les cas retenus en justice s'appuient sur des témoignages censés démontrer le caractère arbitraire des contrôles. Les avocats entendent soulever le fait qu'en France, le contrôle de police ne donne lieu à aucun acte de procédure écrit qui serait remis à la personne contrôlée, une méthode présentée comme un remède possible aux abus.

Répondant à Human Rights Watch en janvier, la Direction générale de la police nationale (DGPN) avait nié tout racisme et assuré que les comportements illégaux étaient réprimés. Le débat est présent dans l'élection présidentielle.

Le candidat socialiste François Hollande a notamment promis de mettre fin aux "contrôles au faciès" par une circulaire qui serait publiée dans les premières semaines de sa présidence.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • raich2 le mercredi 11 avr 2012 à 17:22

    Le candidat F.H aura du pain sur la planche avec tout ce qu'il aura à faire.Régulariser les sans papiers, donner du travail aux chômeurs, augmenter les aides sociales prendre aux "riches" et satisfaire aux faciès des citoyens persécutés par les contrôles de police.... y a du boulot

  • M4189758 le mercredi 11 avr 2012 à 15:59

    JPi - Je ne comprendrai jamais. A mon avis 65 millions de français devraient attaquer l'état pour le facies de sa dette grandiose et aussi pour son augmentation annuelle. Car si on attaque pas, c'est qui qui payera ?

  • LeRaleur le mercredi 11 avr 2012 à 15:31

    Il y a les français de cœur et les français de papier. Très grosses différence, malheureusement impossible à différencier.

  • CLEO27 le mercredi 11 avr 2012 à 15:28

    ca devient grave ....

  • CDECHAMB le mercredi 11 avr 2012 à 15:23

    Mais bien sûr ! et si il sont français ? c'est quoi chez eux ? Je signale que les noirs d'outre mer sont français non ?

  • M5829573 le mercredi 11 avr 2012 à 15:22

    compte tenu qu'a 70 pour cent ils remplissent les prisons ,que d'erreurs judiciaires!si c'est pas eu,c'est donc nous,à moins que les juges soient des pourris

  • LeRaleur le mercredi 11 avr 2012 à 15:14

    C'est sûr, c'est désobligeant, mais s'ils ne sont pas heureux en France, ils retournent chez eux, sans redistribution sociale.