Quinze jours de répit avant une rentrée explosive

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UNE COURTE TRÊVE ESTIVALE POUR LE GOUVERNEMENT
UNE COURTE TRÊVE ESTIVALE POUR LE GOUVERNEMENT

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français s'octroie une courte trêve estivale avant une rentrée explosive où il devra à la fois réformer les retraites, trouver 20 milliards d'euros pour boucler le budget 2014 et, en quatre mois, inverser la courbe du chômage.

Stabilisés à environ 30% seulement d'opinions positives, François Hollande et Jean-Marc Ayrault devront s'atteler à des réformes douloureuses avec un capital politique réduit.

"La rentrée sera chargée et intense à n'en pas douter, les défis qui se présentent à nous sont majeurs", a déclaré Najat Vallaud-Belkacem, lors du compte rendu du dernier conseil des ministres avant une trêve estivale de quinze jours.

"S'agissant de la réforme des retraites, vous avez compris que nous allons embrayer très vite, à la fin du mois d'août", a dit la porte-parole du gouvernement, confirmant que le projet de loi serait au menu du conseil des ministres le 18 septembre.

Cette réforme, test majeur pour la crédibilité de François Hollande auprès des marchés financiers comme de la Commission européenne, s'annonce délicate avec les syndicats FO et CGT qui préparent une journée de mobilisation le 10 septembre.

Si des solutions sont déjà envisagées pour ménager des syndicats rétifs aux mesures d'âge, actifs et retraités seront inévitablement mis à contribution via une probable hausse de la Contribution sociale généralisée.

Pour la ministre déléguée à la lutte contre l'exclusion, Marie-Arlette Carlotti, les Français sont disposés à faire des efforts pour assurer la pérennité du régime de retraite.

"Nous travaillons avant tout pour sortir la France de la crise, donc dans l'intérêt du quotidien des Français, et je pense qu'ils vont le comprendre", a-t-elle dit à la presse.

Reste que ce dossier ne sera pas le seul dans lequel le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devra solliciter le contribuable, au risque de d'amplifier un "ras-le-bol fiscal", déjà bien présent dans certaines franges de l'opinion.

Six milliards de hausse d'impôts devraient ainsi être annoncées pour boucler le budget 2014, pour lequel 14 milliards d'euros de réduction des dépenses sont également requis.

"COMPTE À REBOURS"

Aux hausses d'impôts déjà annoncées pour 2014 -TVA pour financer le crédit d'impôt compétitivité emploi ou réforme du quotient familial- pourraient s'ajouter de nouveaux coups de rabot sur les niches fiscales, voire un gel des barèmes supérieurs de l'impôt sur le revenu.

Même en ciblant le plus possible les classes moyennes supérieures, François Hollande, qui avait dit souhaiter "dans l'idéal" stabiliser les prélèvements sur les ménages, court le risque de braquer l'opinion.

La baisse du taux du livret A et la hausse des prix de l'électricité sont autant de signaux inquiétants envoyés aux Français sur l'évolution de leur pouvoir d'achat.

A partir du 19 août, date de la rentrée du gouvernement, le compte à rebours de quatre mois débutera aussi sur le front de l'emploi. François Hollande court, en cas d'échec sur sa promesse d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année, le risque de créer une désillusion auprès de l'opinion.

Promise à chaque déplacement du président, la baisse du chômage pourrait en fait n'intervenir qu'à la mi-2014, voire en 2015, faute de croissance.

La reprise économique annoncée par le chef de l'Etat ne s'apparente pour l'heure qu'à une simple stabilisation de l'activité et la "boite à outils" présidentielle, contrats d'avenir, de génération et autres emplois aidés, risque d'être trop limitée pour renverser la situation.

Pour BNP Paribas par exemple, le rythme de la reprise sera insuffisant pour inverser la courbe du chômage dont le taux atteindra, selon la banque, 11,3% de la population active fin 2013 pour progresser encore jusqu'à 12% en 2014

S'il échoue à tenir cette promesse, François Hollande pourrait renforcer l'image d'un président déconnecté de la réalité du quotidien des Français, dont plus de deux tiers s'attendent, selon un sondage, à une dégradation de l'économie.

Avec Capucine Fachot-Charbonneau, édité par Yves Clarisse

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  • Rockfund le vendredi 16 aout 2013 à 11:11

    J'adore ce titre... Ça me donne vachement envie de rentrer et revenir j'en peux plus vivement septembre U_U

  • faites_c le vendredi 2 aout 2013 à 16:54

    "Pour la ministre déléguée à la lutte contre l'exclusion, Marie-Arlette Carlotti, les Français sont disposés à faire des efforts pour assurer la pérennité du régime de retraite."Elle parle pour elle et uniquement pour elle. Perso, cela fait 30 ans que je fais des efforts pour "pérenniser" le régime de retraite et, à part m'être fait entuber à chaque fois, je n'ai fait que perdre de l'argent de manière directe ou indirecte à chaque réforme! Donc, je ne suis plus prêt à faire le moindre effort!

  • breton.e le vendredi 2 aout 2013 à 16:10

    BELLE équipe de braqueur