Quinze détenus de Guantanamo transférés aux Emirats

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 (Actualisé avec précisions § 4-12) 
    par Idrees Ali 
    WASHINGTON, 16 août (Reuters) - Les Etats-Unis ont annoncé 
lundi avoir remis 15 détenus de la prison de Guantanamo aux 
Emirats arabes unis, le plus important transfert opéré par le 
gouvernement de Barack Obama. 
    La déportation vers les Emirats arabes unis de douze 
ressortissants yéménites et de trois Afghans devrait porter à 61 
le nombre total de suspects encore détenus dans la base navale 
américaine de la baie de Guantanamo, à Cuba. 
    La plupart sont des suspects de terrorisme capturés après 
les attentats du 11 septembre 2001 et détenus sans jugement 
depuis plus d'une décennie, ce qui a suscité d'abondantes 
condamnations internationales. 
    Barack Obama, qui entendait fermer la prison pendant la 
première année de son mandat, a présenté en février un plan de 
fermeture de la prison, mais il est confronté à l'opposition des 
législateurs républicains et de certains démocrates au Congrès. 
    "Dans la course à la fermeture de Gitmo, le gouvernement 
Obama met les bouchées doubles sur des mesures qui mettent en 
danger les vies américaines", a dit dans un communiqué le 
représentant républicain Ed Royce, qui préside le Comité des 
affaires étrangères de la chambre. 
    "Encore une fois, des terroristes endurcis sont libérés dans 
des pays étrangers où ils constitueront une menace", a-t-il 
ajouté. 
     
    UNE PRISON QUI "AFFAIBLIT NOTRE SÉCURITÉ NATIONALE" 
    Le plan du président américain Barack Obama prévoit de 
transférer dans des prisons américaines de haute sécurité les 
quelques dizaines de prisonniers restant, mais la loi prohibe de 
tels transferts vers le continent.  
    Obama n'a pas exclu d'utiliser ses pouvoirs exécutifs pour 
faire passer une telle mesure. 
    "Nous en sommes à une étape extrêmement dangereuse où il 
reste une possibilité que cela reste ouvert comme une prison 
hors-sol permanente pour détenir des personnes (...) jusqu'à 
leur mort", a dit Naureen Shah, directrice régionale d'Amnesty 
International. 
    L'un des détenus déportés lundi est un ressortissant afghan, 
identifié sous le nom d'Obaidullah, qui a passé plus de 13 ans à 
Guantanamo. Il était accusé d'avoir conservé des mines qui 
devaient être utilisées contre les forces américaines en 
Afghanistan. 
    "La poursuite de l'exploitation de l'établissement 
pénitentiaire affaiblit notre sécurité nationale en accaparant 
nos ressources, en dommageant nos relations avec des alliés et 
des partenaires cruciaux, et en encourageant de violents 
extrémistes", a dit l'envoyé spécial du département d'Etat 
américain pour la fermeture du centre, Lee Wolosky. 
    "Le soutien de nos amis et alliés, comme les EAU, est 
essentiel pour parvenir à cet objectif partagé", a-t-il ajouté. 
    Cinq détenus yéménites ont été remis aux Emirats en 
novembre, et ont été aidés à s'installer dans le pays selon un 
responsable américain du département d'Etat qui a requis 
l'anonymat. 
 
 (Julie Carriat pour le service français) 
 
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  • noterb1 il y a 4 mois

    une sorte d'accord entre grandes démocraties .