Qui peut battre les Blacks ?

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Qui peut battre les Blacks ?
Qui peut battre les Blacks ?

Championne du monde en titre et quasiment invincible depuis quatre ans, la Nouvelle-Zélande est favorite pour conserver son titre le 31 octobre prochain à Twickenham. Mais qui peut contester l'hégémonie All Black ?

Tous les quatre ans, les All Blacks sont l’équipe à battre. Cette année encore, les hommes de Steve Hansen sont donnés gagnants haut la main par les bookmakers. Un statut qu’assume à moitié le coach néo-zélandais. « Personne n’a jamais remporté deux titres mondiaux à la suite donc on ne devrait même pas être favoris. Mais c’est notre défi et il est immense. » Hansen a bien conscience du chemin qu’il reste à parcourir. Trop de déceptions ont jalonné le parcours des Blacks depuis leur première Coupe du Monde en 1987. « Cela a été prouvé à maintes reprises : il ne suffit pas d’être la meilleure équipe mais celle qui saura répondre présent au bon moment. » La jurisprudence française 1999 et 2007 est là pour le rappeler. Mais comment ne pas les voir soulever le trophée une fois encore ?

Les partenaires de Dan Carter semblent toujours avoir un train d’avance sur la concurrence. Le pack est solide avec des individualités comme Sam Whitelock, Richie McCaw ou Kieran Read. Les arrières, eux, se régalent d’essais en pagaille, Ben Smith et Julian Savea en tête. Si certains cadres sont vieillissants, la jeunesse est déjà bien présente pour reprendre le flambeau. Et ces derniers ne sont pas moins talentueux. L’exode des « vieillards » néo-zélandais en Top 14 la saison prochaine a déjà été anticipé par le staff technique des Blacks. La nouvelle génération, personnifiée par le prodigieux ouvreur Beauden Barrett, a déjà mis plus d’un pied et demi dans le XV de départ. Et la liste est aussi longue que prometteuse, en allant de Malakai Fekitoa à TJ Perenara, en passant par Sam Cane, Joe Moody, Charles Piutau, Ryan Crotty ou August Pulu. Tous ces nouveaux visages seront certainement une découverte pour certains. Pas pour les spécialistes de la Nouvelle-Zélande. 

L’Angleterre et l’Afrique du Sud comme principaux dangers 

Au regard des dernières compétitions internationales, ils sont peu à pouvoir tenir tête à la Nouvelle-Zélande. Il y a évidemment l’Angleterre, qui aura l’énorme avantage de jouer à domicile. Seule équipe de l’Hémisphère Nord a avoir remporté un titre mondial, le XV de la Rose sort d’un Tournoi des VI Nations prometteur, même si la victoire finale lui a échappé. La ferveur de tout un pays sera un atout supplémentaire pour une équipe qui a déjà prouvé sa valeur face aux nations de l’Hémisphère Sud. Si les Anglais tiennent leur rang dans une poule A relevée (Australie, Pays de Galles, Fidji, Uruguay), ils pourraient retrouver les Blacks en finale le 31 octobre. L’Angleterre a des atouts à faire valoir (conquête, puissance des avants, fiabilité des buteurs…), des joueurs de classe mondiale à toutes les lignes (James Haskell, Chris Robshaw, Courtney Lawes, Ben Youngs, Mike Brown) ainsi que des jeunes plus que prometteurs (George Ford, Jonathan Joseph, Jack Nowell). Stuart Lancaster connaît surtout la recette pour battre les Blacks. En 2012, le XV de la Rose a terrassé la Nouvelle-Zélande (38-21) à Twickenham. Un match référence pour les Anglais, un accident de parcours dû à un virus pour le médecin des Blacks, Deb Robinson. Steve Hansen, lui, ne se cache pas derrière ce fait malheureux. « À un moment, on s’est demandé si on allait pouvoir monter une équipe. Tout le groupe était touché. Mais nous n’avons pas d’excuses. Nous avons été dominés. Je pense que l’Angleterre méritait de gagner et je le pense toujours. » Ce jour-là, les Anglais prennent les Néo-Z à leur propre jeu et relancent chaque ballon à la main. Le résultat est flamboyant et la manière étourdissante.

Depuis cette rencontre, les deux équipes se sont affrontées à cinq reprises et jamais l’Angleterre n’a réédité son exploit. Autre équipe à avoir battu les Blacks, l’Afrique du Sud, deuxième au classement mondial de l’IRB. Sur le plan de la puissance physique, les Sud-Africains sont certainement ce qui se fait de mieux. Quand ils arrivent à imposer leur force et à faire mal dans les impacts, peu d’équipes peuvent tenir la distance. Le rouleau compresseur sud-africain est impressionnant et son cinq de devant n’a pas d’équivalent dans le monde. Heyneke Meyer possède effectivement un sacré arsenal. L’attelage Matfield - Etzebeth est ce qui se fait de mieux sur la scène internationale. La troisième ligne est tout aussi impressionnante sans oublier les valeurs sûres que sont les frères du Plessis, Mtawarira Le Roux, Du Preez, Steyn, Habana, Pietersen, Alberts ou Louw. Un effectif de qualité qui place les Boks comme les principaux rivaux des All Blacks. Et psychologiquement, ils seront prêts, persuadés d’avoir leur chance puisqu’ils restent historiquement l’équipe la plus compétitive face aux Blacks (35 succès en 89 rencontres, soit 42,70% de victoires).

La France, l’Irlande, Galles et l’Australie en embuscade 

Avouons-le, nous rêvons tous d’un petit exploit français. S’offrir le scalp des Néo-Zélandais est d’ailleurs une spécialité tricolore. Si les hommes en noir se sont bien rattrapés lors de la dernière édition, il y a encore du contentieux entre ces deux grandes nations du rugby mondial. Personne n’a oublié les essais de Thierry Dusautoir et Yannick Jauzion au Millenium Stadium de Cardiff en 2007 ou le match fou contre Jonah Lomu et consorts à Twickenham en 1999. Entendre la Marseillaise dans un stade anglais, voir les supporters de La Rose applaudir nos valeureux guerriers, cela reste forcément en mémoire. Nous espérons tous revivre une telle émotion. L’affiche France-Nouvelle-Zélande est en tout cas crédible puisque les poules C et D se croisent en quart de finale. Mais avant d’imaginer un tel scénario, les Bleus de Philippe Saint-André devront faire le job dans la poule D où se dresse un sérieux client : l’Irlande. Le XV du Trèfle reste sur deux victoires dans le Tournoi des Six Nations et n’est pas classée meilleure nation de l’Hémisphère Nord pour rien. Pourtant, face aux Blacks, le passif irlandais est l’un des plus désastreux qui soit. En 28 confrontations, l’Irlande n’a jamais battu la Nouvelle-Zélande (un nul pour 27 défaites) ! Les hommes de Joe Schmidt n’ont, en plus, jamais réussi grand-chose en Coupe du Monde. Au mieux une place de quart de finaliste. Psychologiquement, la Nouvelle-Zélande possède un matelas d’avance sur l’Irlande.

Le pays de Galles, lui, a le petit avantage d’avoir déjà fait chuter les Blacks de leur piédestal. Trois fois seulement en trente confrontations, c’est mince, mais ça a le mérite d’entretenir l’espoir. Souci de taille pour les Gallois, ces trois victoires datent de 1905, 1935 et 1953… Un autre temps, une autre histoire… Sur les dix dernières confrontations, le pays de Galles n’a accroché les Blacks qu’une seule fois, lors d’un test match en novembre 2004. Depuis, chaque tentative s’est soldée par un échec cuisant. Sans oublier que dans la poule A, le pays de Galles aura pour adversaire l’Angleterre et l’Australie. Il se peut que le XV du Poireau n’ait même pas l’occasion de croiser le fer avec les All Blacks…

Reste les Wallabies, qui n’ont certes plus rien gagné depuis le Tri Nations en 2011 mais qui sont pratiquement toujours dans le dernier carré. Si la balance des confrontations penche largement en faveur des All Blacks (104 victoires, 41 défaites et 7 nuls), l’Australie est l’une des rares formations à ne pas avoir tout perdu depuis 2011. Si la rivalité entre les deux n’est pas ancestrale comme avec l’Afrique du Sud, elle compte beaucoup dans l’Hémisphère Sud. Et Steve Hansen en est bien conscient. « L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont toujours eu une rivalité saine dans l’histoire. Il y a néanmoins beaucoup de respect entre les deux équipes. Nous allons nous battre épaule contre épaule. Depuis toujours, ils se sont comportés comme des grands frères, nous considérant comme les petits frères… » Si ce Mondial pourrait être l’occasion d’un règlement de comptes familial, une chose est certaine : l’Australie ne reniera pas ses principes de jeu. Elle peut d’ailleurs compter sur le retour de ses expatriés après l’assouplissement des règles instaurées par l’ARU. De là à titiller les hommes en noir…

Avec la collaboration du magazine OVALE

 

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