Qui mange encore de la viande en France ?

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Alors que l'OMS indique que la viande rouge et la charcuterie sont cancérigènes au même titre que le tabac et l'amiante, quelles conséquences peut-il y avoir sur la filière ? État des lieux.

5,5 tonnes de viande. C'est la quantité que consomment les Français chaque année. Individuellement, cela correspond en moyenne à 86 kg (équivalent carcasse) par an, selon FranceAgriMer. C'est deux fois plus que la moyenne mondiale. Une tendance néanmoins à la baisse. Si 97,7% des Français mangent de la viande au moins une fois par an, ils en ont consommé 15% de moins entre 2003 et 2010, selon une étude du Crédoc. Une chute qui traduit une évolution des mentalités mais surtout des habitudes alimentaires avec de plus en plus de plats «simples à cuisiner».

Comment expliquer la baisse de la consommation de viande?

La raison principale est budgétaire. La hausse du prix des matières premières depuis les années 1970 a engendré une explosion du coût de l'alimentation animale. Cette inflation s'est répercutée sur le prix de la viande. C'est ce qui a poussé les consommateurs à se tourner vers d'autres alternatives. Il faut aussi prendre en compte la baisse du temps passé dans sa cuisine, démontrée par une étude de l'INSEE. La consommation de viande en conserve et de plats pré-cuisinés a augmenté de 7% entre 2001 et 2007, mais depuis la crise, les consommateurs se sont finalement détournés de ces produits.

Pour le bœuf, la baisse est encore plus accentuée: -16% entre 2007 et 2013, selon FranceAgriMer. Une diminution deux fois plus importante que celle du porc sur la même période. Plus d'un quart de la viande consommée reste bovine, soit 1,5 million de tonnes chaque année dans le pays. Malgré un élevage conséquent et un cheptel bovin le plus important d'Europe - 25 races différentes - la France importe 18% de sa viande de bœuf. C'est aujourd'hui le porc qui arrive en tête avec près de 40% de la consommation. La volaille arrive en troisième position à 28%.

Le poulet et le saucisson au secours de la crise économique

Avec 30 kg par an et par habitant, le porc est la première viande consommée en France. La charcuterie représente trois quarts des produits dégustés. Elle est l'un des rares produits à ne pas avoir été impacté par la crise économique et a même légèrement augmenté depuis 2007. Le format est surtout plus adapté aux nouveaux modes de vie, le grignotage ou les apéros-dinatoires . À noter que la production de porc est autosuffisante en France. La filière produit 25 millions de porcs par an pour 23 millions consommés chaque année par la population, selon l'Institut du porc.

Après une chute libre au début des années 2000, la volaille a bénéficié de la crise de 2008. En cinq ans, sa consommation a flambé de 11%, dopée par des prix moins élevés que les autres produits. Un kilo de viande moyen coûtait 10,58 euros en 2012 contre moins de 8 euros pour le kilo de volaille.

Des crises sanitaires

Les 20 dernières années ont été jalonnées de différentes crises: de celle du veau en 1988 à la grippe aviaire de 2005 en passant par la vache folle à la fin des années 90 sans oublier la viande de cheval en 2013. Mais tout, elles n'ont eu des effets négatifs qu'à «court terme», analyse FranceAgriMer. «Aucun effet significatif», cependant sur la volaille malgré les crise de la dioxine et de la grippe aviaire. De leur côté, la consommation des plats préparés à base de viande ont été touchés de plein fouet récemment par la fraude à la viande de cheval.

Les Français semblent bien décidés à consommer de la viande autrement. Trois consommateurs sur cinq ont déjà goûté à la viande bio et un quart disent en consommer «dès qu'ils en trouvent», d'après un sondage publié par Interbev. «C'est clairement la crise de la vache folle qui a lancé la filière bio et les autres ‘signes de qualité'», abonde Célia Pasquetti, animatrice de la Commission Bio d'Interbev.

La grande distribution assure s'approvisionner à plus de 90% en viande fraîche tricolore. C'est loin d'être le cas de la restauration commerciale et collective. Elle n'est fournie qu'à hauteur de 20% par la filière française. La raison: ce secteur procède par des appels d'offres le plus souvent européens, une procédure obligatoire dans le cas des collectivités publiques.

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  • MAXDEG le mardi 27 oct 2015 à 10:09

    Ceux qui ont les moyens !

  • M8377186 le lundi 26 oct 2015 à 20:02

    Les chiffres?????