Quelques heures pour sortir les USA de l'impasse budgétaire

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DÉSACCORD ENTRE DÉMOCRATES ET RÉPUBLICAINS SUR LE BUDGET AMÉRICAIN
DÉSACCORD ENTRE DÉMOCRATES ET RÉPUBLICAINS SUR LE BUDGET AMÉRICAIN

par David Lawder et Susan Heavey

WASHINGTON (Reuters) - Faute d'un accord d'ici minuit à Washington entre démocrates et républicains pour sortir de l'impasse budgétaire, les services fédéraux américains pourraient fermer mardi et des centaines de milliers de fonctionnaires se retrouver au chômage technique.

Le Sénat, où le président Barack Obama dispose de la majorité, doit reprendre ses travaux sur le budget lundi à 14h00 (18h00 GMT) après le vote de ce week-end à la Chambre des représentants, où l'opposition républicaine est majoritaire.

La Chambre a adopté une proposition qui permet à l'Etat de se financer, sous réserve du report d'un an de la grande réforme du système de santé de Barack Obama, dont une partie importante doit théoriquement entrer en vigueur mardi 1er octobre.

Or, le Sénat démocrate devrait vraisemblablement rejeter le texte voté par la Chambre.

Si un texte tenant lieu de loi de finances provisoire pour l'exercice 2013-2014 qui commence le 1er octobre n'est pas voté avant lundi minuit par le Congrès, les services fédéraux américains considérés comme non essentiels pour le fonctionnement du pays fermeront.

Ce serait alors la première fois que les services administratifs baisseraient le rideau depuis la fermeture de l'hiver 1995-96, sous la présidence du démocrate Bill Clinton.

Visiblement, les élus du Congrès jugent l'échéance inévitable puisque la Chambre a d'ores et déjà voté à l'unanimité un texte qui permet le paiement de l'armée américaine dans tous les cas de figure.

Concrètement, les sénateurs vont s'atteler lundi à supprimer du texte deux amendements républicains à leurs yeux inacceptables : l'un reporte d'un an la réforme sur la santé de Barack Obama, l'autre supprime la taxe sur les appareils médicaux qui devait contribuer au financement de ladite réforme.

CHUTE DES MARCHÉS

Une fois ce travail effectué, les sénateurs renverront à la Chambre des représentants ce texte prévoyant une simple prolongation des dépenses publiques.

La balle sera alors dans le camp du président de la Chambre, le républicain John Boehmer, qui se retrouvera confronté à la décision la plus difficile de sa carrière : approuver le texte que lui transmettra le Sénat ou agir de telle sorte que l'administration ferme pour la première fois en dix-huit ans.

"La Chambre a fait son travail", a laconiquement dit John Boehner lundi matin, signalant ainsi qu'il avait l'intention de camper sur ses positions.

La perspective d'un blocage a fait chuter les marchés boursiers en Asie, en Europe et à Wall Street.

L'opinion publique semble quant à elle prête à imputer aux républicains une éventuelle fermeture de l'administration.

Selon un sondage effectué par ORC International pour la chaîne de télévision CNN, 46% des personnes interrogées attribueraient un éventuel blocage de l'administration aux républicains, 36% aux démocrates et 13% aux deux partis.

En outre, 60% disent souhaiter un accord entre républicains et démocrates pour éviter la paralysie du système. Ils estiment que le financement de l'Etat en général est plus important que l'"Obamacare", même s'ils sont 57% à s'opposer à cette loi.

Ce bras de fer entre républicains et démocrates laisse augurer d'un autre affrontement tout aussi féroce dans quelques jours à propos de la dette.

Les élus doivent se mettre d'accord pour relever le plafond de la dette fédérale, qui est pour l'instant de 16.700 milliards de dollars (12.325 milliards d'euros) et si un accord n'est pas trouvé pour la mi-octobre, les Etats-Unis seront contraints de faire défaut sur une partie de leurs obligations.

Si les sondages montrent que les Américains sont las de ces négociations à suspense, rien n'indiquait lundi la tenue de négociations de dernière minute pour sortir de l'impasse. Au contraire, les deux camps se sont employés au long du week-end à se rejeter la responsabilité de la paralysie budgétaire.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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