Quelques faits sur l'ex-espion à l'origine du "dossier Trump"

le
0
    par Mark Hosenball 
    WASHINGTON, 13 janvier (Reuters) - Christopher Steele, 
l'homme qui a écrit des rapports sur les informations 
compromettantes que des agents russes auraient collecté sur le 
prochain président des Etats-Unis Donald Trump, est un ancien du 
MI6, les services secrets britanniques, selon des personnes au 
fait de sa carrière. 
    Selon d'anciens responsables du renseignement britannique, 
Christopher Steele a passé plusieurs années à travailler pour le 
MI6 sous couverture diplomatique, en Russie et à Paris, ainsi 
qu'au Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) à 
Londres. 
    Après son départ des services secrets, Christophe Steele a 
fourni à la police judiciaire américaine, le FBI, des 
informations sur des faits de corruption à la Fédération 
internationale de football, la Fifa. 
    Et c'est son travail sur la corruption dans le football 
mondial qui a donné du crédit aux rapports qu'il a rédigés sur 
les embarras de Trump en Russie, ont indiqué mercredi des 
responsables américains. 
    Les révélations mardi sur l'existence d'un prétendu "dossier 
Trump" en Russie ont largement dominé la conférence de presse 
que le futur président des Etats-Unis donnée mercredi à sa Trump 
Tower de Manhattan, la première depuis son élection. 
    Des courriels dont Reuters a pris connaissance montrent que, 
durant l'été 2010, des membres d'une équipe du FBI basée à New 
York chargés d'enquêter sur le "crime organisé eurasien" ont 
rencontré Christopher Steele à Londres pour discuter d'éventuels 
faits de corruption à la Fifa. 
    Selon les personnes au fait des activités de Steele, sa 
société basée à Londres, Orbis Business Intelligence, avait été 
engagée par la Fédération anglaise de football (FA) pour 
enquêter sur la Fifa. A l'époque, la FA pensait accueillir les 
Coupes du monde de football de 2018 ou de 2022, finalement 
attribuée à Moscou et au Qatar. Orbis a été créée en mars 2009. 
    L'équipe du FBI qui a rencontré Christopher Steele a ensuite 
ouvert la grande enquête sur la corruption au sein de la Fifa 
qui a débouché sur de multiples inculpations aux Etats-Unis en 
2015. De hauts dirigeants du football mondial, et notamment le 
président de la Fifa Sepp Blatter, ont été contraints de 
démissionner. 
     
    PAS SÉRIEUSEMENT 
    Pour constituer le "dossier Trump", Christopher Steele a été 
engagé par FusionGPS, une société d'études politiques de 
Washington. Il s'agissait d'enquêter sur le milliardaire 
new-yorkais pour le compte de républicains non identifiés qui 
voulaient stopper sa candidature à l'investiture du Parti 
républicain en vue de la présidentielle du 8 novembre dernier.  
    Un journaliste de la BBC a dit mercredi à propos d'un des 16 
opposants de Trump à la primaire républicaine : "Il (Steele) 
rédigeait ce rapport pour le compte de l'opposant de départ de 
Trump, Jeb Bush." 
    Jeudi, la BBC a déclaré que son journaliste s'était trompé à 
propos de l'ancien gouverneur de Floride, tandis que Jeb Bush 
faisait démentir par une porte-parole tout contact entre 
lui-même et Christopher Steele. 
    "Il n'est absolument pas vrai que le gouverneur Bush ait eu 
une connaissance ou une implication quelconque avec ce monsieur 
et ses allégations", a déclaré la porte-parole, Kristy Campbell, 
jointe par téléphone.  
    Christopher Steele est resté missionné par FusionGPS après 
l'investiture de Trump par le Parti républicain en juillet 
dernier et ses informations ont été transmises à des dirigeants 
du Parti démocrate et à certains journalistes.  
    Les relations de Christopher Steele avec le FBI à propos de 
Trump remontent à juillet dernier. Mais l'ex-espion britannique 
a coupé le contact avec le FBI environ un mois avant l'élection 
présidentielle du 8 novembre parce qu'il trouvait que le FBI 
n'enquêtait pas sérieusement sur les données qu'il avait fourni, 
indiquent des personnes au fait de l'enquête. 
    Elles expliquent aussi que le FBI a ralenti la cadence 
pendant les semaines avant le scrutin présidentiel pour ne pas 
se mettre en travers de la campagne. 
    Les informations de Christopher Steele ont circulé pendant 
plusieurs mois dans les rédactions des grands médias américains, 
y compris chez Reuters, mais ni les médias, si le FBI, ni les 
services de renseignements n'ont pu les recouper. 
    Le site d'information en ligne BuzzFeed a décidé de publier 
une partie de ces informations mardi. Le président élu et son 
entourage ont déclaré que ces informations étaient fausses. Les 
autorités russes ont également démenti. 
    Contactés mercredi, les associés de Steele ont dit qu'il ne 
souhaitait pas faire de commentaire. Christopher Burrows, 
co-fondateur d'Orbis aux côtés de Steele, a déclaré au Wall 
Street Journal, qui a été le premier à donner le nom de Steele, 
qu'il ne pouvait ni confirmer, ni démentir que le société de 
l'ancien espion ait été à l'origine des rapports sur Trump. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant