Quelque 31.000 djihadistes étrangers passés en Syrie-ex du MI6

le
0
    LONDRES, 8 décembre (Reuters) - Jusqu'à 31.000 combattants 
étrangers ont été recrutés ces dix-huit derniers mois par des 
groupes islamistes opérant en Syrie, à commencer par 
l'organisation Etat islamique (EI), estime Richard Barrett, 
ancien chef du renseignement britannique. 
    "L'Etat islamique a été couronné d'un succès qui va au-delà 
des rêves des autres groupes terroristes, lesquels semblent 
désormais conventionnels, voire désuets comme Al Qaïda", affirme 
cet ancien directeur de la lutte contre le terrorisme au sein du 
MI6, le service du renseignement extérieur britannique. 
    "En dépit d'un effort international soutenu pour contenir 
l'Etat islamique et réduire l'afflux de militants se rendant en 
Syrie, le nombre de combattants étrangers a plus que doublé", 
ajoute-t-il dans un rapport transmis à Reuters. 
    Sa nouvelle estimation oscille entre 27.000 et 31.000 
djihadistes étrangers ayant gagné la Syrie ou l'Irak. En juin 
2014, Barrett chiffrait leur nombre à 12.000 en Syrie. 
    Pour les services de renseignement occidentaux, ces 
combattants étrangers aguerris et radicalisés en Syrie sont 
considérés comme porteurs d'une menace à leur retour dans leur 
pays. Au moins trois des djihadistes impliqués dans les 
attentats du 13 novembre à Paris et aux abords du Stade de 
France sont passés par la Syrie. Un quatrième a été localisé un 
temps en Turquie voisine. 
    "Même si l'Etat islamique est une entreprise en difficulté 
et en déclin constant, elle sera en mesure d'influencer les 
actes de ses membres, et pourrait devenir plus dangereuse à 
mesure qu'elle s'éteindra", ajoute Barrett. 
    L'ancien maître-espion, aujourd'hui vice-président du Soufan 
Group, une société de consultants en stratégie et renseignement 
basée à New York, a repéré 86 pays d'origine (de la Norvège à 
l'Ouzbékistan) mais précise que la plupart de ces combattants 
étrangers sont des Arabes en provenance d'Afrique du Nord et du 
Moyen-Orient. 
    Les autorités tunisiennes chiffrent à plus de 3.000 le 
nombre de leurs citoyens partis se battre en Libye, en Syrie ou 
en Irak. Lui avance une estimation au double. 
    Il note aussi une forte croissance des combattants en 
provenance des pays et territoires de l'ex-Union soviétique, 
dont les républiques russes caucasiennes de Tchétchénie et du 
Daguestan. 
    Barrett, qui intègre à ses calculs ceux qui sont rentrés 
chez eux, chiffre à 5.000 le contingent des djihadistes venus de 
l'Union européenne, dont 3.700 issus de quatre pays: la France, 
l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique. 
 
 (Guy Faulconbridge avec John Irish à Paris; Henri-Pierre André 
pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant