« Quelles politiques économiques au lendemain du second tour des départementales ? » par Hippolyte d'Albis

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Ces résultats électoraux sont la conséquence d'une situation économique désastreuse.
Ces résultats électoraux sont la conséquence d'une situation économique désastreuse.

La France s'est réveillée lundi 30 mars avec une nouvelle carte politique départementale. Le vote de ce dernier scrutin traduit notamment le besoin d'un changement de politique économique. Hippolyte d'Albis dresse quelques pistes de réformes possibles et, à ses yeux, souhaitables.

En recueillant 22% des suffrages, le Front National a réalisé un score qu'il n'avait jamais atteint au second tour d'une élection départementale. C'est notamment la conséquence d'une situation économique désastreuse : le chômage et l'accroissement des inégalités entraînent une insécurité économique, qui partout où elle se développe favorise les partis d'extrême droite. Faut-il pour autant reprocher au gouvernement son action économique ? Les représentants des diverses oppositions sont évidemment rentrés dans la brèche et y voient la preuve que la politique menée depuis près de trois ans est soit trop libérale soit pas assez.

Faire de la politique économique n'a jamais été simple, mais il faut reconnaitre que c'est aujourd'hui particulièrement difficile. Au ralentissement engendré par la crise financière, s'ajoute le vieillissement de la population mondiale qui pèse sur le dynamisme économique de la plupart des pays développés. Et, pour certains, dès le début du mandat de François Hollande, la messe semblait être dite. Les analystes de The Economist n'hésitaient pas, en novembre 2012, à qualifier la France de « bombe à retardement au c½ur de l'Europe » ; celle qui devait faire exploser l'euro. On est aujourd'hui bien loin d'un tel pessimisme et de nombreux signaux encourageants sont en rendez-vous.

Les indicateurs du climat des affaires et de la confiance des ménages de l'INSEE sont en hausse, et le CAC40 signe une belle progression depuis le début de l'année. La France bénéficie certes d'une conjoncture internationale plus clémente - baisses de l'euro et du prix du pétrole ; dynamisme de certains partenaires - et d'une politique favorable de la BCE. Mais il faut également mettre à son crédit sa maîtrise progressive des déficits publics et des réformes structurelles sur le marché du travail, la concurrence, les métropoles, qui devraient selon l'OCDE entraîner un bonus de 3,7% de croissance sur 10 ans.

Cette inflexion n'est pas suffisante. Il est nécessaire d'accélérer les réformes afin de redonner de la croissance, de l'emploi et, au total, de la confiance dans l'avenir, seul véritable rempart contre le FN. Parmi les chantiers prioritaires, l'immobilier est en tête. Même s'ils baissent depuis plus d'un an, les prix restent à des niveaux stratosphériques. Ceci détourne l'épargne des ménages du financement des entreprises, grève la consommation, freine la mobilité et alourdit considérablement les charges des entreprises.

Il faut accompagner la baisse et veiller à ce que le quantitative easing de la BCE ne conduise pas à regonfler la bulle. Il est également nécessaire de réformer la fiscalité et de retrouver des marges de man½uvre en s'attaquant aux quotients conjugal et familial, une niche fiscale à 2% du PIB. Ces réformes ne sont pas populaires et il y a fort à parier que se développeront de féroces oppositions. Mais l'avantage du président et de son gouvernement, c'est qu'en matière de popularité, ils n'ont plus grand-chose à perdre.

Hippolyte d'Albis

Hippolyte d'Albis est professeur d'économie à l'université Paris 1. Il est également chercheur associé à l'Ecole d'économie de Paris.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

 

 

 

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  • corwin le mardi 31 mar 2015 à 11:41

    Là où il a parfaitement raison c'est que si on a des résultats sur l'immobilier, cela aura un impact énorme sur le pouvoir d'achat, les emplois et une meilleur répartition géographique afin que l'on arrête de s'entasser comme des k.hons en région parisienne à étouffer sous la pollution.

  • yves390 le lundi 30 mar 2015 à 20:02

    ump.club rien de mieux

  • Pathor le lundi 30 mar 2015 à 18:18

    Et bien si un " professeur d’économie à l’université Paris 1 et chercheur associé à l’Ecole d’économie de Paris." n'a pas d'autres idées que cela il ne faut pas s'étonner de l’incompétence de nos politiciens....en fait c'est pas d'un rempart contre le Fn dont nous avons besoin, mais d'un rempart contre tous ces théoriciens et technocrates qui n'ont jamais rien crée de leur vie, à part des théories.....et des impôts nouveaux !

  • gacher le lundi 30 mar 2015 à 17:11

    lorsque les français ont voté contre l'europe, par référendum, le ps et l'ump ont volontairement fait le contraire, et ils appellent cela la démocratie et l'esprit républicain. IMaintenat ils disent qu'il faut voter républicain. je n'ai pas de mots pour ce comportement.

  • Pienegro le lundi 30 mar 2015 à 16:56

    Leur echec se doit aussi en partie par un excés d'impots et taxes en tout genre, pour ça ils sont champions.Résultat, lés élites et de nombreux entrepreneurs quittent la France pour s'installer sous des cieux plus cléments.Ici il ne rstera que des fonctionnaires, des assistés sociaux, ainsi que ceux qui ne peuvent quitter le payx pour une raison ou autre. la dette continuera sa hausse jusqu'au moment où l'épargne etrangère considerera ladette française trop risquée.....

  • M8252219 le lundi 30 mar 2015 à 16:01

    INÉGALITÉS croissantes entre les français: d'une part ,élus et salariés avec statuts et régimes spéciaux faisant le plein de privilèges de primes et d'avantages, et les autres, salariés du privé, entrepreneurs, artisans et commerçants. DÉRESPONSABILISATION systématique des citoyens par la redistribution sociale incontrôlée. INÉGALITÉ ET DÉRESPONSABILISATION SONT les raisons de l'échec SOCIALISTE