Quelles marques de mode font réellement des efforts pour moins polluer ?

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Greenpeace dresse un bilan de sa campagne Detox, qui incite depuis quatre ans les enseignes textiles à réduire l'utilisation de produits polluants dans leurs procédés de fabrication. Les géants du luxe font de la résistance.

Les vêtements que vous portez sont-ils fabriqués sans polluer? Avec sa campagne Detox, lancée en juillet 2011, Greenpeace a mis au défi les géants de la mode de fabriquer autrement leurs produits afin de réduire l'impact de leur activité sur l'environnement. Concrètement, l'ONG a demandé aux marques de s'engager à cesser d'utiliser des substances chimiques dangereuses (comme les NPE, les phtalates ou les PFC ), qui sont rejetées dans l'environnement lors de la fabrication des habits, et ce, tout au long de leurs chaînes d'approvisionnement. Date butoir: le 1er janvier 2020.

À ce jour, 18 marques se sont engagées dans la démarche. Elles représentent à elles seules 10% du marché mondial du textile, estimé à 1700 milliards de dollars en 2013 par Euromonitor. Pour atteindre leurs objectifs, elle doivent adopter des mesures pour informer les personnes qui vivent à proximité de leurs usines dont peuvent être rejetées ces substances toxiques ainsi que les consommateurs, et pour éliminer les produits chimiques dangereux de leurs habits d'ici à 2020.

«Parmi les 18 marques, 16 ont réalisé des progrès tangibles et peuvent être considérées comme des 'leaders' de la Detox», souligne Greenpeace dans son dernier bilan de la campagne dévoilé jeudi en Asie. Un podium - appelé Detox Catwalk - composé de poids lourds de l'industrie textile: Adidas, Benetton, Burberry, C&A, Esprit, G-Star Raw, H&M, Inditex (Zara, Pull and Bear, Massimo Dutti, Bershka, etc.), Levi's, Limited Brands, Mango, Marks & Spencer, Primark, Puma, Fast Retailing (Uniqlo, Comptoir des cotonniers, Princesse tam tam, etc.) et Valentino. «Nous sommes certains que leurs efforts créent un nouveau standard de mode responsable: en imposant la transparence dans les chaînes d'approvisionnement obscures et en montrant enfin que les beaux vêtements peuvent être fabriqués sans polluer», se félicite Yixiu Wu, un activiste de Greenpeace Asia.

Carton rouge pour le luxe

Ces «leaders» ne doivent pas relâcher leurs efforts, martèle toutefois l'ONG à chacun d'entre eux. Par exemple: «Nous demandons à Benetton de mettre la barre encore plus haut», «C&A fait preuve de bonne volonté, mais elle peut aller encore plus loin», «les démarches proactives de Mango portent leurs fruits et nous l'encourageons à continuer dans cette voie» ou encore, à H&M, «nous encourageons ce leader de la Detox à adopter les meilleures technologies disponibles en matière de détection de produits chimiques dangereux».

Greenpeace brocarde en revanche deux grands noms de la mode - Nike et LiNing - qui n'ont «pas encore mis en place d'actions concrètes» pour atteindre «zéro rejet». Ils sont classés dans la catégorie des «greenwashers», c'est-à-dire des entreprises qui se disent concernées par l'environnement avant tout pour améliorer leur image.

Enfin, la catégorie des «losers» regroupe 11 marques n'ayant pris aucun engagement. «Pas de quoi faire cocorico. Les marques Hermès et LVMH/Christian Dior Couture font figure de mauvaises élèves», souligne l'ONG. Globalement, les acteurs du luxe ne jouent pas le jeu. Giorgio Armani, Bestseller (Vera Moda, Jack & Jones,...), Only the Brave (Diesel, Viktor & Rolf, ...), Dolce&Gabbana, Gap, Hermès, LVMH, Metersbonwe, PvH (Calvin Klein, Tommy Hilfiger, ...), Vancl et Versace ... Carton rouge, donc, pour les champions des «red carpets»!

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