Quel impact économique aurait l'élimination des Bleus ?

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Quel impact économique aurait l'élimination des Bleus ?
Quel impact économique aurait l'élimination des Bleus ?

Ils n'osent l'imaginer et pourtant, depuis vendredi soir et la défaite à Kiev (2-0), les Bleus sont en ballottage très défavorable pour se qualifier pour le prochain Mondial au Brésil. Et si cet été, l'équipe de France n'est pas au rendez-vous, il n'y a pas que les joueurs qui auront la mine des mauvais jours. Les sponsors, la FFF, les partenaires et les médias vivraient cette non-participation comme une catastrophe économique.

Moins d'argent dans les caisses de la FFF

Un manque à gagner de plusieurs millions d'euros. C'est en clair le trou que l'élimination des Bleus laisserait dans les caisses de la Fédération française de football. A l'heure où Noël Le Graët compte ses sous, ce serait malvenu. Même si le président de la FFF a pris les devants en dédramatisant l'issue économique d'un tel cataclysme. « Tous les scénarios possibles ont été budgétés, a-t-il expliqué dans un entretien au Monde.fr. Les gens pensent qu'on gagne des sommes folles lorsqu'on se qualifie pour un Mondial ou, à l'inverse, que c'est une catastrophe économique si l'on ne va pas au Brésil. (...) Si on se qualifie, la FIFA verse une somme pour les frais sur place. Pour la FFF, le danger n'est pas sur le plan économique. » Et pourtant, en cas d'élimination, c'est plus de huit millions d'euros qui s'envoleraient. Une somme que la FIFA s'est engagée à verser à la FFF en cas de présence au Brésil. Et même si une partie de cet argent serait reversée aux joueurs et à l'encadrement, près de deux millions sont destinés à aller tout droit dans les caisses. Et n'oublions pas qu'en fonction du parcours des Bleus, les gains pourraient être encore plus élevés. Jusqu'à 31 M? pour le vainqueur de l'épreuve !

Des sponsors et des partenaires moins généreux

Chaque année, le montant total des recettes de sponsoring rapporte environ 20 millions d'euros à la FFF. Une grande partie provient de trois gros partenaires que sont le Crédit Agricole, le PMU ou GDF-Suez. Problème, ces trois acteurs majeurs n'ont pas encore renouvelé leur partenariat qui s'achèvera en juin 2014, soit juste avant la Coupe du Monde au Brésil. Si Noël Le Graët a tout fait pour rassurer les sceptiques en indiquant que « tous les principaux partenaires vont resigner quel que soit le résultat des barrages », le doute demeure. Car en cas de nouvelle contre-performance mardi au Stade de France, les contrats pourraient ne pas être prolongés. Et s'ils le sont, ils seront forcément revus à la baisse. Depuis le désastre de Knysna, un système de bonus-malus, portant sur 10 % des sommes versées, a été mis en place pour certains partenaires. Un système basé sur deux critères fondamentaux : les performances sportives et l'image des Bleus. Celle-ci est d'ailleurs mesurée tous les mois par la société Kantar Media. A la demande des sponsors, la renégociation des droits d'images pour la période 2014-18 a d'ailleurs été reportée depuis plusieurs mois afin d'attendre le résultat des barrages. Une décote pourrait donc être d'actualité mais la FFF a un atout dans sa manche : l'Euro 2016. Une épreuve disputée en France qui incite forcément les sponsors à rester en place. Pas à n'importe quel prix tout de même? On annonce une baisse de 4M? par an que la FFF espère compenser par de nouveaux partenaires.

Des diffuseurs et des médias impactés

L'échec des Bleus serait difficile à avaler pour les médias français. En premier lieu les diffuseurs qui verraient leurs recettes de droits télé chuter à cause de la baisse de valeur de l'écran publicitaire (ndlr : TF1 a facturé 160 000 euros le spot de 30 secondes vendredi soir). Si à TF1, on refuse de dramatiser la situation, il ne faut pas oublier que la chaîne a investi 130M? pour acheter les droits de retransmission de la Coupe du Monde 2014. « Il vaut mieux vivre cet événement planétaire avec les Bleus, reconnaît François Pelissier, le patron des sports de TF1, dans le Parisien. Cela resterait néanmoins un moment très fort. » Un « néanmoins » qui pourrait coûter cher.Déjà en ordre de bataille pour revendre une partie de l'évènement planétaire (ndlr : la chaîne ne souhaite conserver que 28 des 64 matchs, dont ceux, éventuels, des Bleus), TF1 pense également à l'avenir. Actuellement, la chaîne débourse près de quatre millions d'euros pour un match des Bleus, elle n'en a proposé « que » 2,5 pour le premier appel d'offres pour la période 2014-18. Une élimination mardi ne serait pas forcément de nature à faire remonter les tarifs. D'autant que les audiences télévisuelles des Bleus ne sont plus aussi fameuses. Là où TF1 attendait plus de 14 millions de téléspectateurs vendredi soir, ils ont été 9,3 avec une pointe à 12 en fin de rencontre (source Médiamétrie). Outre les diffuseurs, ce sont aussi les médias de la presse écrite et du web qui seraient fortement impactés par une absence des Bleus. Si une Coupe du Monde apporte à coup sûr une hausse de l'audience (web) ou des ventes (presse écrite), sans la France, celles-ci vont plafonner. On est aujourd'hui bien loin de l'hystérie collective qui avait frappé la France un soir de juillet 1998. Une date qui restera encore comme la référence du football français. A priori pour quelques années encore?

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