Quel est cet ECU dont parle Marine Le Pen ?

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Photo : Rémi Noyon - Marine Le Pen défend la mise en place d'un euro à deux monnaies
Photo : Rémi Noyon - Marine Le Pen défend la mise en place d'un euro à deux monnaies

Si elle maintient son envie de sortir de la zone euro, Marine Le Pen est moins précise quand il s’agit d’évoquer la future monnaie des Français. Mercredi, lors du débat de l’entre-deux tours, elle a évoqué la mise en place de deux monnaies pour l'État Français, une nationale, le franc, et une monnaie commune, basée sur le système de l’ECU. Un retour dans le passé, avec une monnaie qui n’en est pas une…

 « De 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises pouvaient payer en euro » affirmait dans une totale confusion Marine Le Pen mercredi soir. Une information erronée de la candidate frontiste, qui évoquait l’ECU comme une monnaie commune. Instaurée en 1979, cet ECU (European Currency Unit) l’ECU n’était pas une monnaie mais une unité de compte, composée d’un panier regroupant les monnaies des différents pays du SME (Système monétaire européen). Elle se basait sur la valeur des monnaies selon leur poids dans l’économie européenne. Par exemple, la France pouvait peser 15%, l’Allemagne 20 % de ce panier commun.

Cet outil, utilisé par les banques centrales, permettait de stabiliser les taux de change entre les différentes monnaies européennes. Les entreprises, comme les particuliers d’ailleurs, ne pouvaient donc pas payer en ECU. Un élément bien compris par Marion Maréchal-Le Pen dans l’émission Ecorama, ou elle n’a pas hésité à repréciser les propos tenus la veille, par sa tante : « il y aura une monnaie de paiement, le nouveau franc, et cette nouvelle monnaie commune, qui est une monnaie de compte ».

Pour mettre en place cette organisation, Marine Le Pen devra convaincre les pays de l’Union Européenne de rejoindre un système utilisé sans convaincre pendant 20 ans. Une situation assez invraisemblable notamment vu le peu de succès de ce système abandonné pour cause d’attaques spéculatives sur les monnaies nationales. D’autant que peu de pays utilisent aujourd’hui ce système peu rassurant. 

La Chine et Cuba, exemples de pays a deux monnaies

Cuba est l’un de ces pays à deux monnaies. Le peso cubain (CUP), utilisé par les locaux, y cohabite avec le peso cubain non convertible, destiné aux touristes et aux entreprises. Cette deuxième monnaie qui vaut 24 fois plus que la monnaie locale, créée de grandes disparités, permettant par exemple aux serveurs d’être bien mieux rémunérés qu’un fonctionnaire grâce aux pourboires.

La Chine est également dans cette situation, en ayant mis en circulation deux yuans, l’un étant non-convertible et utilisé par la population et l’autre destiné aux marchés. « Une situation qui finira par disparaitre, la Chine essayant de ramener ces deux monnaies au même niveau » analyse Cyrille Lachèvre, journaliste à l’Opinion. Dans les deux cas, ces dispositions sont prises pour éviter la fuite de capitaux vers les pays étrangers, signe d’une santé économique fragile.

Une fuite des capitaux, Marine Le Pen risque de devoir y faire face si elle accède au poste de président de la république. Ses positions pouvant faire peur aux Français et aux marchés. « Beaucoup d’économistes disent que la sortie de l’euro n’est possible que si on ne l’annonce pas à l’avance. Cela permet moins aux capitaux de fuir et aux gens de retirer leur argent » expliquait Marc Vignaud dans l’émission Écorama.

 

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  • BIPBIP6 il y a 10 mois

    Les pièces de 50 Ecus en or et 5 Ecus argent existent pourtant bien, émises en 1980 avec au dos Charlemagne .

  • M141916 il y a 10 mois

    de 93 à 2002 c'était l'écu, l'ancêtre de l'euro, Marine n'a pas parlé lors du débat de l'écu, elle n'a pas précisé le changement de nom. et c'est une vérité, l'euro était mis d'une certaine façon en place dés 93. mais ça s'appelait l'écu. Elle ne parlait pas d'un retour à l'écu voir l'Euros, mais de quitter l'Euros pour le Francs. et c'est trés nette dans ses propos. je comprends pas que cela n'est pas été compris par un journaliste. Ni le Pen Ni Macron, mais la vérité de la presse.