Que valent les nouveaux fonds d'assurance-vie euro-croissance ?

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Si les fonds euro-croissance présentent un meilleur rendement que celui des fonds en euros traditionnels, ils doivent encore faire leurs preuves.

Les fonds euro-croissance représentent la principale nouveauté de l'année 2015 en matière d'assurance-vie, et nul doute que votre conseiller ne manquera pas de vous en proposer cette année, soit au travers d'un contrat d'assurance-vie spécifique, soit sous forme d'un compartiment supplémentaire dans un contrat multisupports. Leur promesse? Un meilleur rendement que celui des fonds en euros traditionnels, dont les performances ne cessent de s'effriter année après année. Reste qu'il vaut mieux, pour l'instant, ne pas se précipiter, car ces nouveaux fonds doivent encore faire leurs preuves.

1 Comment fonctionnent les fonds euro-croissance?

Ils reposent sur un modèle sensiblement différent de celui des fonds en euros actuels. Il s'agit de fonds constitués en grande partie d'obligations (d'État ou d'entreprise), et minoritairement en investissements de diversification (actions notamment), aux rendements plus prometteurs à long terme. La garantie en capital sera assurée par la seule revalorisation du compartiment obligataire, le compartiment plus offensif devant, quant à lui, créer de la surperformance. Par exemple, si vous versez aujourd'hui 1000 € sur un tel fonds, l'assureur va affecter environ 800 € en obligations et 200 € en actions. Dans un scénario optimiste, huit ans plus tard, le compartiment en obligations se sera valorisé à 1000 €, reconstituant ainsi le capital initial, et le compartiment en action aura doublé, créant à lui seul la performance.

Le gain supplémentaire attendu est toutefois très variable selon les assureurs, certains évoquant un supplément de 0,5 % par rapport à leurs fonds en euros traditionnels, alors que d'autres parient sur 1 à 2 % de mieux par an. Leur rendement pourrait donc aller de 2,5 à 5 %, mais il faudra attendre quelques années pour pouvoir en juger. Et en cas de contre-performance boursière, les rendements de ces fonds pourraient même être inférieurs à ceux des fonds en euros classiques.

2 L'euro-croissance dispose-t-il de la même garantie en capital qu'un fonds en euros classique?

Non, la garantie sur le capital n'est plus permanente. Elle n'est acquise qu'après un minimum de huit ans. Toute sortie durant les huit premières années peut donc se traduire par des pertes si les marchés financiers sont mal orientés à ce moment-là. Après huit ans (ou plus selon la durée choisie par l'assuré), le risque de perte est écarté, mais les gains ne sont pas assurés, puisque l'assureur ne garantira alors que le capital investi. Sur les trois fonds euro-croissance du marché, celui proposé par Prédica (fonds «objectif programmé», présent dans les contrats Floriane et Espace Liberté 2 du Crédit agricole, et Lionvie Rouge Corinthe et Acuity de LCL) prévoit que la garantie en capital peut être modulée de 80 à 100 %, et la durée au bout de laquelle elle est obtenue de huit à quarante ans.

3 Est-ce le bon moment pour investir dans ces fonds?

Si la construction des fonds euro-croissance n'est pas critiquable en elle-même, la période de lancement est, en revanche, peu propice. En raison de la faiblesse actuelle des taux d'intérêt obligataires, les assureurs doivent, en effet, affecter une part importante de l'épargne au compartiment sans risque. La poche de diversification risque donc d'être réduite à la portion congrue (de 10 % à 20 % seulement) et de limiter le gain supplémentaire attendu. Néanmoins, si les taux devaient remonter sensiblement, ces fonds en profiteraient, car ils pourraient réduire la part du compartiment sans risque pour augmenter la poche de diversification. Une raison de plus pour ne pas y aller trop vite…

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