Que reste-il d'un lieu en ruines? Incroyables photographies...

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EN IMAGES - Le photographe Français Aurélien Villette immortalise depuis 2007 des ruines de temples, théâtres, et autres bâtiments partout dans le monde. Découverte...

Superbes. Naturelles. Et profondes. Ce sont les adjectifs qui viennent en tête lorsqu’on regarde les 115 photographies d’Aurélien Villette, publiées il y a quelques semaines le livre Spirit of place* chez YellowKorner et TeNeues. Des ruines, et encore des ruines. Avec des architectures et des styles différents, issus d’une vingtaine de pays dans le monde... Sur les lieux de ces ruines, nous n’en sauront pas plus. Dans le livre, aucune indication supplémentaire sur ces endroits abandonnés et inutilisés. «Je préfère ne pas dévoiler d’adresse», explique Aurélien Villette au Figaro, qui avoue tout de même beaucoup voyager «dans les pays du Caucase» et «en ex-URSS». Sur les 115 photos qui composent son livre - dont la première a été prise en 2007 - pas un cliché n’a été pris à Paris. Seule une photographie a été prise en France!

Pourquoi ne pas dévoiler plus d’informations sur la géographie de ces ruines? Parce que ce n’est pas l’essentiel. Et l’auteur de ces photos ne veut en aucun cas qu’on les réduise à cela. Il réfléchit à un concept beaucoup plus subtil, qu’il théorise depuis environ trois ans. C’est aussi la traduction française du titre de son livre: «L’esprit du lieu». Qu’est-ce donc? «Je le définirai comme une dynamique relationnelle entre des éléments matériels (sites, paysages, bâtiments, objets) et immatériels (mémoires, récits, rituels, festivals, savoir-faire), physiques et spirituels, qui produisent du sens», précise le photographe et ancien informaticien.

Comment trouver ces lieux à travers le monde? En cherchant sur le web, bien sûr, mais aussi en lisant des livres, et en «lisant l’Histoire»... «Là où il y a eu de grands changements dans l’Histoire moderne, il y a des chances de trouver des traces!», souligne Aurélien Villette, qui ne cache pas son intérêt pour l’architecture Stalinienne et communiste. «Le béton est à l’image du communisme, froid statique et immortel, figé, intemporel, renforcé par des représentations inexpressives. L’architecte d’Hitler Albert Speer voulait de son côté construire de nouveaux bâtiments pour le national-socialisme, avec des matières nobles et privilégiait une architecture avec des points de ruptures capables des siècles plus tard d’avoir l’apparence des ruines romaines», précise Aurélien Villette.

En effet, quel est l’esprit du lieu lorsque celui-ci est devenu inutilisé? «Nous pouvons repenser à son utilisation, trouver des traces du passé, moulures, peinture, lustres et la relation qu’il a eu avec les hommes et son environnement. La ruine est un pont du passé au présent. Mais les ruines sont des lieux en perpétuelle évolution, les photos ne représentent pas forcément leur état final car ces bâtiments auront peut-être aussi un futur. Notre architecture comme le reste est en perpétuel mouvement, et sera toujours remis en cause par les hommes», raconte Aurélien Villette. Ses références? L’artiste romantique britannique anglais Joseph Mallord William Turner et le romantique allemand Caspar David Friedrich pour l’ambiance. Et Hubert Robert et Piranèse pour l’architecture et la ruine.

Dans les photographies publiées dans Spirit of space, une lumière naturelle envahit toujours les lieux pour instaurer un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur... Mais l’intérieur et l’extérieur vivent-ils au même rythme? «C’est l’ambivalence de mon travail, que de vouloir parler de l’esprit du lieu sans nommer explicitement géographiquement les lieux ainsi que de susciter un paradoxe en créant des photographies détachées du réel où au premier abord l’esthétique prime», précise le photographe, qui conclut «J’aimerais qu’en regardant mes photos ce soit une porte ouverte à la réflexion, à l’introspection mais aussi à une réalité impossible.»

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