Que peut-on vraiment attendre de la BCE ? (E. de Rothschild)

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Les investisseurs attendent avec impatience le discours de la BCE du 22 janvier. Les spéculations vont bon train, entraînant une forte volatilité sur les marchés.
Les investisseurs attendent avec impatience le discours de la BCE du 22 janvier. Les spéculations vont bon train, entraînant une forte volatilité sur les marchés.

Que peut-on attendre de la BCE le 22 janvier prochain ? Philippe Uzan, directeur des gestions chez Edmond de Rothschild Asset Management (EdRAM), a évoqué  vendredi en conférence de presse ses prévisions sur le sujet. Pour le directeur des gestions de l'établissement, les raisons d'être optimiste sont bien là.

Vendredi 9 janvier, la spéculation des investisseurs reprenait autour des futures mesures qui seront annoncées dans deux semaines par la BCE, entraînant cette fois-ci les marchés à la baisse. Pourtant, la veille, les marchés connaissaient un fort rebond technique alimenté par un regain d'espoirs vis-à-vis du programme de la Banque centrale européenne. Que faut-il en penser ? Les investisseurs n'en attendent-ils pas trop de la part de la BCE ? Pour Edmond de Rothschild AM, l'espoir domine.

« Aucune raison de ne pas agir »

Pour Philippe Uzan, la BCE n'aurait « aucune raison de ne pas agir » dans la conjoncture actuelle. On pourrait ainsi légitimement espérer une accélération de la mise en ½uvre des nouvelles phases du plan de « quantitative easing » (rachat d'actifs) du fait des récentes évolutions de la conjoncture européenne, notamment en matière d'inflation.

En fin d'année dernière, dans le cadre des premières étapes du plan de « quantitative easing », la BCE avait déjà commencé à racheter sur le marché des « covered bonds » et des ABS de haute qualité (Asset backed securities, packages d'actifs titrisés). Cela n'était qu'une première étape avant l'achat d'autres types d'actifs plus « classiques » dans des proportions et selon des modalités encore flexibles. Depuis plusieurs semaines, on évoque ainsi le rachat massif de titres de dettes souveraines européennes.

Relancer l'inflation et éviter les incertitudes grecques

Or, selon EdRAM, plusieurs facteurs inciteraient à penser que la BCE va agir fortement le 22 janvier prochain. « La BCE est très poussée à agir pour relancer l'inflation » souligne Philippe Uzan. C'est en effet dans ce sens que semble clairement aller Mario Draghi, qui soulignait encore en décembre qu'agir pour retrouver l'objectif d'inflation d'environ 2% en zone euro était pour lui une obligation légale. Or, « pour rejoindre 2% d'inflation, il faut des actions efficaces » affirme Philippe Uzan.

Par ailleurs, le directeur des gestions souligne que le hasard de la « timeline » jouerait également en faveur d'une action forte le 22 janvier, juste avant les élections grecques du 25. Philippe Uzan a ainsi évoqué le fait que la BCE aurait tout intérêt à se montrer forte pour rassurer les investisseurs à trois jours du vote et éviter les spéculations autour de cet événement politique qui cristallise les inquiétudes. L'idée que la BCE injecterait rapidement plusieurs centaines de milliards d'euros dans l'économie européenne permettrait en effet de relativiser, pour les investisseurs, l'impact à court terme des élections grecques.

Problématique du rachat des dettes souveraines

Pourtant, difficile de ne pas entrevoir une potentielle déception des investisseurs autour de ces attentes. Le rachat des titres de dettes souveraines par la BCE est en effet toujours problématique sur le plan légal. Les traités européens interdisent ce type d'opération, rien n'a changé en la matière et l'Allemagne reste également réticente à changer sa position sur le sujet. Ainsi, la cour constitutionnelle de Karlsruhe pourrait être saisie si la BCE bravait malgré tout cette interdiction.

Pour autant, selon Philippe Uzan, on peut s'attendre à ce que la BCE aille au-delà du problème. Si la Banque centrale veut aller « vite et fort », elle serait obligée d'acheter également ces obligations d'Etats du fait de la forte liquidité de ce marché, de la qualité des papiers et de leur prépondérance face aux autres actifs. C'est d'ailleurs ce que semblaient confirmer les rumeurs de marché qui circulaient vendredi en fin de séance, allant dans le sens d'un rachat coordonné d'obligations européennes avec le concours des banques centrales nationales.

X. Bargue

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  • b.renie le samedi 10 jan 2015 à 06:32

    La BCE est soumises à des règles précises. Elle se doit de les respecter sauf à les modifier en accord avec tous les membres de la zone. Il ne faudrait pas que sa façon d'agir soit un encouragement à la laxisme pour des gouvernements en peine de gouverner rigoureusement.

  • zemmour- le vendredi 9 jan 2015 à 21:50

    Donnez moi le contrôle sur la monnaie d’une nation,et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois... Faites la recherche de l'auteur de cette célèbre phrase....

  • M9111073 le vendredi 9 jan 2015 à 20:01

    l'euro et l'europe nous ruinera tous.... 1450 milliards partis en fumée rien pour sauver provisoirement l'euro.... bientot comme a chypre, on viendra vous voler 40% de vos economies pour rembourser les dettes qu'ont créé nos dirigeants incompétents responsables mais toujours pas coupables....

  • guyguy18 le vendredi 9 jan 2015 à 19:18

    Bien vu,Yves.Et sans parachute................

  • yves288 le vendredi 9 jan 2015 à 18:04

    les bourses sont suspendues au dessus du vide par le fil des discours et spéculations sur les Banques Centrales, ça finira mal tout ça