Quatre violeurs de New Delhi condamnés à la pendaison

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PEINE DE MORT POUR QUATRE AUTEURS DU VIOL COLLECTIF DE NEW DELHI
PEINE DE MORT POUR QUATRE AUTEURS DU VIOL COLLECTIF DE NEW DELHI

par Sruthi Gottipati et Sanjeev Miglani

NEW DELHI (Reuters) - Les quatre hommes reconnus coupables du viol collectif et du meurtre d'une étudiante de 23 ans en décembre à New Delhi ont été condamnés vendredi à la peine de mort par pendaison.

Ce verdict constitue un message adressé à la société indienne selon lequel des actes aussi cruels ne seront plus tolérés, a commenté le juge Yogesh Khanna.

Le viol et les tortures subies par la jeune femme, qui a succombé à ses blessures deux semaines après son agression, avaient soulevé une vague d'indignation dans le monde et déclenché des manifestations de colère et un profond débat en Inde sur les violences sexuelles. L'annonce de la peine a été accueillie par les cris de joie de la foule rassemblée à l'extérieur du tribunal de New Delhi.

Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils feraient appel en accusant la justice d'avoir cédé à la pression populaire et politique. Des recours devant la Haute Cour puis devant la Cour suprême pourraient retarder de plusieurs années l'exécution des quatre condamnés. Ils peuvent aussi solliciter une grâce auprès du chef de l'Etat.

Si la justice indienne prononce en moyenne 130 condamnations à mort par an, seules trois personnes ont été exécutées au cours des 17 dernières années en Inde, pays qui a cependant voté en 2012 contre un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur un moratoire mondial des exécutions.

UN VIOL TOUTES LES 21 MINUTES

Prononçant les condamnations à mort, le juge Yogesh Khanna a déclaré: "Cela a choqué la conscience collective de la société. En cette époque où les crimes contre les femmes sont en augmentation, les tribunaux ne peuvent détourner les yeux de crimes aussi horribles. Il ne saurait y avoir aucune tolérance (...) Par tous ses aspects, ce crime tombe dans la catégorie des crimes parmi les plus rares justifiant la peine de mort."

La victime, violée pendant une heure dans un bus, torturée avec une barre de fer puis jetée nue et le corps ensanglanté dans la rue, est devenue le symbole des violences subies par les femmes dans un pays où un viol est signalé toutes les 21 minutes et où les attaques à l'acide sont fréquentes. Pour des raisons légales, son nom ne peut être divulgué mais les médias l'ont surnommée Nirbhaya, ce qui signifie courage en hindi.

"Aujourd'hui, nous pouvons respirer un peu plus facilement", a réagi sa mère, qui a serré un policier dans ses bras après l'annonce des peines. "J'espère que ces condamnations empêcheront à l'avenir les gens de commettre de tels crimes."

Les avocats de la défense ont exprimé leur colère en entendant les condamnations à mort. "Ce n'est pas une victoire de la vérité mais une défaite de la justice", a lancé l'un d'eux, A.P. Singh, au juge.

"Le juge a pris sa décision en fonction de pressions politiques sans tenir compte des faits", a-t-il ensuite déclaré à la presse.

Un cinquième accusé n'a pu être jugé car il s'est pendu dans sa cellule durant le procès. Un sixième, âgé de moins de 18 ans au moment de l'agression, a été précédemment condamné à trois ans de prison, la peine maximale pour les mineurs.

DÉBAT SUR LA PEINE DE MORT

L'émotion suscitée par cette affaire a amené les parlementaires indiens à renforcer en mars la législation contre le viol. Pour la première fois, le thème des violences sexuelles a été ouvertement débattu à la télévision, sur les réseaux sociaux et même à Bollywood, l'industrie du cinéma en Inde.

La condamnation à mort des accusés ouvre un autre débat, celui de la peine capitale.

En novembre, l'Inde a mis fin à ce que de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme interprétaient comme un moratoire de fait sur la peine de mort en exécutant l'un des auteurs des attentats de Bombay en 2008. Trois mois plus tard, elle a pendu un militant séparatiste du Cachemire pour une attaque en 2001 contre le parlement.

"Au cours de l'année écoulée, l'Inde est entièrement revenue sur ce qui était son rejet de principe de la peine de mort", a déclaré Meenakshi Ganguly, directeur de Human Rights Watch pour l'Asie du Sud.

D'après les statistiques officielles, 1.455 condamnations à mort ont été prononcées en Inde entre 2001 et 2011 et 477 prisonniers sont actuellement dans l'attente de leur exécution.

Les organisations de défense des droits de l'homme s'inquiètent en outre de l'attitude du président Pranab Mukherjee, entré en fonctions en juillet 2012, qui a entrepris d'examiner les nombreuses demandes de grâce en attente et a confirmé 17 condamnations à mort.

Des organisations féministes et des juristes avaient milité contre une condamnation à mort des agresseurs de New Delhi. Certains rappellent le principe de Gandhi selon lequel "oeil pour oeil, cela rend l'ensemble du monde aveugle".

Avec Shyamantha Asokan; Pascal Liétout et Bertrand Boucey pour le service français

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  • ncorbex le vendredi 13 sept 2013 à 17:32

    Kov666> vous dites n'importe quoi et vous le savez. Les crimes dont on parle ici n'entrent pas dans le cadre de la réforme pénale.

  • manx750 le vendredi 13 sept 2013 à 16:07

    Voyons si M. Delanoe qui ne manque pas d'afficher sur la façade de l'hotel de Ville de Paris les portraits des condamnés à mort US va également afficher leurs portraits de condamnés du tiers monde ?... Pas très bobo la défense de ses hères...

  • M3182284 le vendredi 13 sept 2013 à 15:36

    mieux vaut violer en France. Et où sont les militants anti peine de mort qui défilent devant les prisons du Texas? Y a-t-il des détenus qui méritent plus d'être sauvés? Critères de pays exécuteurs peut-être?

  • riboule6 le vendredi 13 sept 2013 à 14:00

    je suis pour le retour de la peine de mort des frais en moins

  • M2280901 le vendredi 13 sept 2013 à 12:40

    un exemple pour la France avec les tournantes dans les cités