Quatre raisons d'optimisme économique en Europe (Oddo Securities)

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La Banque Centrale Européenne (BCE) continue d'agir pour relancer l'économie européenne.
La Banque Centrale Européenne (BCE) continue d'agir pour relancer l'économie européenne.

La crise grecque de ces dernières semaines a éclipsé certaines bonnes nouvelles économiques en Europe. Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo Securities, donne quatre raisons d’être désormais optimiste au sujet de l’économie du Vieux continent.

Depuis le 8 juillet dernier, les investisseurs se rassurent à mesure que les incertitudes sur la Grèce s’éloignent. En France, le CAC40 a enchaîné neuf séances de hausse consécutives entre le 8 et le 20 juillet, avant une séance de prises de bénéfices mardi 21 juillet où l’indice parisien a clôturé à -0,70%. Dans ce contexte, Bruno Cavalier donne quatre raisons d’être optimiste sur l’économie européenne alors que les risques sur les finances grecques s’estompent progressivement.

Première raison : deux chocs extérieurs positifs

Le chef économiste d’Oddo Securities rappelle ainsi que « la zone euro bénéficie de la combinaison de deux chocs extérieurs positifs qui ont démarré il y a un an, l’un qui tient à la dépréciation de l’euro, l’autre qui résulte de la baisse des coûts énergétiques ». Surtout, poursuit-il, « ce qui importe est de savoir si ces chocs sont temporaires ou durables. Le temps passant, la seconde option paraît prévaloir ».

Les effets positifs liés à ces deux éléments ne se seraient pas encore complètement vus. « Leur répercussion positive sur la croissance n’est pas instantanée », explique Bruno Cavalier. « Les modèles de simulation économique montrent que l’impact (via les termes de l’échange ou le soutien du revenu disponible) prend du temps. Dans une note récente, le FMI estime par exemple que le plein effet sur le PIB de la baisse des prix du pétrole ne sera ressenti qu’en 2016 ou 2017 ».

Deuxième raison : le « policy-mix », relance par les taux faibles et l’euro faible

La seconde raison d’optimisme tient notamment au plan de relance monétaire de la BCE (« quantitative easing »), qui se poursuit toujours, bien qu’il tende à se faire oublier depuis quelques semaines.

« La zone euro connaît un policy-mix stimulant, inégalé depuis bien avant la crise financière de 2008 », explique Bruno Cavalier. L’expression « policy mix » n’est pas utilisée ici dans sa définition classique (relance monétaire et relance budgétaire simultanée) : le « double effet » souligné par Bruno Cavalier est que la BCE relance l’économie à l’aide de deux leviers différents. Le premier est l’« effet-taux » (taux directeurs à 0,05%) et le second est l’« effet-change » (dépréciation de l’euro déjà évoquée, provoquée par le « quantitative easing »). Les taux directeurs de la BCE devraient rester au plancher jusqu’en 2017, estime-t-il.

Troisième raison : convergence des économies européennes

Par ailleurs, « les pays membres de la zone euro ont entamé un mouvement de reconvergence qui rompt radicalement avec ce qu’on avait connu à partir de 2008. Les conditions financières n’ont pas cessé de se fragmenter au sein de la zone jusqu’en 2012, mais depuis l’annonce de l’OMT par la BCE, et plus encore après l’adoption d’une politique de taux zéro en 2014 et le lancement du QE en 2015, la réduction des primes de risque-pays est impressionnante. La disparité des conditions économiques, en particulier sur les marchés du travail, a timidement commencé à se réduire à partir de 2014. Cela traduit le succès des « dévaluations internes » menées dans les pays qui avaient accumulé des déséquilibres extérieurs insoutenables », explique Bruno Cavalier.

Quatrième raison : davantage de crédit en Europe

Enfin, la reprise encore timide du crédit en Europe, vue par certains comme un verre à moitié vide, est vue comme un verre à moitié plein par le chef économiste d’Oddo Securities.

« Le cycle du crédit bancaire a commencé à repartir, ce qui est de bon augure pour une reprise de l’investissement productif », explique-t-il. « Les banques ne sont plus l’objet d’une suspicion généralisée comme c’était encore le cas l’an passé (…). Les flux de crédit bancaire sont redevenus marginalement positifs depuis novembre 2014. La dernière enquête de la BCE sur le crédit, menée à la mi-juin 2015, montre que les standards de prêts sont neutres à l’échelon de la zone euro, tandis que la demande de prêts est en forte augmentation ». Enfin, « avec la reprise domestique en cours, il est raisonnable d’attendre un affermissement des dépenses d’investissement », explique-t-il.

Risques : pas suffisants pour pénaliser le marché à court terme

Evoquant néanmoins l’existence de certains risques, Bruno Cavalier soulève sans surprise l’idée que le dossier grec pourrait se réveiller d’ici peu. « La question grecque n’est pas du tout réglée », explique-t-il. En-dehors de l’Europe, les pays émergents déçoivent (Brésil et Russie, mais aussi Chine dont la croissance se tasse). Les Etats-Unis vont quant à eux entrer en phase de « normalisation économique » avec la hausse à venir des taux directeurs de la Fed.

Il en faudrait plus pour réduire l’optimisme du chef économiste d’Oddo Securities : « Tous ces facteurs de risque existaient il y a six mois et n’ont pas empêché une accélération de la croissance économique en zone euro », remarque-t-il. « Celle-ci bénéficie de la meilleure combinaison de facteurs qu’on ait connue depuis des années pour poursuivre son redressement ».

X. Bargue

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