Quatre morts dans les inondations, stabilisation à Paris

le , mis à jour à 15:46
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 (Actualisé avec précisions sur le trafic SNCF et sur les 
estimations du coût pour les assureurs) 
    PARIS, 4 juin (Reuters) - Les crues qui inondent une partie 
de la France depuis le début de la semaine ont fait quatre morts 
et 24 blessés, a annoncé samedi matin Manuel Valls. 
    Le Premier ministre, qui s'exprimait au ministère de 
l'Intérieur à l'issue d'une réunion sur la gestion des 
conséquences des intempéries, a précisé que le retour à la 
normale prendrait du temps après cet épisode qui a entraîné 
20.000 évacuations et 17.000 interventions des sapeurs-pompiers 
dans les zones concernées.       
    A Paris, la Seine a atteint son plus haut niveau dans la 
nuit de vendredi à samedi, à 6,10 mètres avant de se stabiliser. 
   
    "On est plutôt maintenant dans cette phase de plateau avant 
la décrue qui va prendre un certain temps", a déclaré samedi 
matin la maire de Paris Anne Hidalgo lors d'un point presse. 
    Selon Bruno Jamet, hydrologue de l'organisme public 
Vigicrues interrogé sur France Inter, il faudra "une bonne 
semaine" pour retrouver des niveaux normaux. 
     
    PAS DE NORMALISATION IMMÉDIATE DANS LES TRANSPORTS 
    Face à cette crue, d'une ampleur comparable à cette de 1982, 
au cours de laquelle le fleuve avait atteint 6,18 mètres, la 
circulation est toujours interrompue sur un tronçon du RER C. 
Les stations de métro de Cluny-la-Sorbonne et celle de 
Saint-Michel, couplée à une gare RER, sont fermées en raison 
d'infiltrations.  
    Dans les transports franciliens, les perturbations liées aux 
intempéries devraient se poursuivre la semaine prochaine. Au 
total, une vingtaine de kilomètres de voies sont affectées 
directement par les inondations et une quinzaine de gares sont 
touchées, directement ou indirectement, a-t-on indiqué à la 
SNCF, contactée par Reuters.     
    "Pour remettre en état, il va falloir attendre la décrue, ça 
va prendre plusieurs jours", a prévenu sur TF1 Alain Krakovitch, 
directeur Transilien à la SNCF. 
    Une fois que le reflux des eaux permettra d'accéder aux 
installations, "on devra réinstaller, réparer et donc ça prendra 
de nouveau plusieurs jours", a-t-il poursuivi.  
    Les musées parisiens du Louvre et d'Orsay, mais aussi le 
Grand Palais, le Palais de la Découverte et la Bibliothèque 
nationale de France (BNF) restent fermés au public ce samedi.    
  
    En se propageant vers l'aval, les crues, qui concernaient 
jusqu'ici principalement l'Ile-de-France et la région Centre-Val 
de Loire, devraient également toucher la Normandie.  
    Vigicrues prévoit ainsi des débordements localisés entre 
Rouen et l'estuaire de la Seine, un phénomène qui devrait être 
amplifié par les forts coefficients de marée attendus pour ce 
week-end.  
    Outre les 14 départements placés en vigilance orange par 
Météo France en raison des crues, cinq départements du Nord-Est 
font également l'objet d'une vigilance orange pour des orages 
qui devraient survenir à partir de la mi-journée.  
    Près de 17.000 foyers étaient privés de courant samedi matin 
en Ile-de-France et dans le Centre, a précisé Enedis (ex-ERDF).  
    
     
    LOURDS DÉGÂTS ANTICIPÉS 
    Manuel Valls a affiché la volonté du gouvernement de 
s'engager pour que l'ensemble des aides mobilisables puissent 
être mises en place le plus rapidement possible, à la fois pour 
les particuliers et les communes, les agriculteurs, les 
commerçants et industriels concernés.   
    Alors que le conseil des ministres examinera mercredi les 
premières procédures de reconnaissance de l'état de catastrophe 
naturelle pour les territoires concernés, ce qui permettra de 
déclencher les procédures d'indemnisation des sinistrés, Manuel 
Valls a précisé que 300 dossiers de demande en ce sens avaient 
déjà été déposés pour la seule région Ile-de-France. 
    La présidente du conseil régional francilien, Valérie 
Pécresse, a quant à elle indiqué sur Europe 1 qu'elle 
proposerait à l'exécutif régional de voter le 15 juin prochain 
le déblocage d'un fonds d'urgence d'un million d'euros. 
    Selon l'Association française de l'assurance (AFA), les 
dégâts consécutifs aux crues et inondations pourraient coûter 
aux assureurs au moins 600 millions d'euros.   
    Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, a avancé sur 
France info un bilan trois fois plus élevé, qui pourrait donc se 
monter à près de deux milliards d'euros pour les seuls 
particuliers, alors que de nombreuses entreprises ont également 
enregistré des dégâts importants.  
    Le coût plancher de 600 millions d'euros évoqué par l'AFA 
correspond à celui enregistré lors des pluies diluviennes 
d'octobre dernier sur le littoral des Alpes-Maritimes, mais les 
inondations de cette semaine couvrent des zones beaucoup plus 
étendues et la décrue sera lente, avec des eaux stagnantes 
entraînant des dégâts plus importants, a-t-il expliqué. 
 
 (Myriam Rivet, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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