Quatre Français sur dix ont déjà repoussé des dépenses de santé

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Les soins dentaires et les dépenses d'optique sont les premiers touchés par les restrictions budgétaires, selon un sondage Ifop commandé par Groupama.

Tous les salariés français bénéficieront bientôt d'une complémentaire santé collective, comme le veut la loi sur la sécurisation de l'emploi, votée en avril dernier. Cette assurance, qui prend en charge une partie ou la totalité des frais non couverts par la Sécurité sociale, est considérée par les ménages comme un pilier de leur arsenal de protection. Selon un sondage Ifop commandé par l'assureur mutualiste Groupama, réalisé auprès de 1001 personnes en mai dernier, les Français ne semblent pas prêts, malgré les difficultés du quotidien, à rogner sur ce budget.

Alors qu'en 2012, le pouvoir d'achat des Français a baissé pour la première fois depuis trente ans, les ménages font le tri dans leurs contrats d'assurance et d'épargne. En janvier, le Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (Gema) notait déjà que «la matière assurable n'augmente plus et les consommateurs rognent tant qu'ils peuvent sur leurs dépenses d'assurance». Dans une interview au Figaroen septembre 2012, le directeur général du Fonds de garantie, François Werner, tirait pour sa part la sonnette d'alarme sur le nombre de conducteurs qui prenaient la route sans assurance.

L'émergence d'un marché de la surcomplémentaire

Selon l'enquête de Groupama, la mutuelle santé échappe encore à ces efforts d'économie. 59 % des ménages placent en effet leur complémentaire au premier rang des produits d'assurance qu'ils souhaitent privilégier en temps de crise, juste devant l'assurance habitation. L'assurance automobile recueille encore 52 % des suffrages. En bas de l'échelle, l'assurance décès ne convainc que 9 % des personnes interrogées.

«Il est très impressionnant de constater qu'aujourd'hui 93 % des Français ont choisi de souscrire à une complémentaire santé, alors même qu'il s'agit d'une assurance facultative!», souligne Thierry Martel, le directeur général de Groupama. Un choix en adéquation avec les résultats des enquêtes menées par l'Observatoire de la vie au travail (Ovat). L'organisation note ainsi une dégradation continue de la santé des salariés en temps de crise.

Cela n'empêche pas les ménages de chercher à tailler dans leurs dépenses de santé. Ils sont ainsi 41 % à avoir déjà annulé ou reporté des soins, jugés mal remboursés, les soins dentaires et les dépenses d'optique étant les premiers touchés par ces restrictions budgétaires. Pour les analystes de l'Ifop, «le niveau de remboursement des dépenses de santé par la mutuelle constitue le point crucial, largement déterminant du jugement que portent les Français sur les complémentaires santé».

Ce point vient apporter de l'eau au moulin des défenseurs des contrats individuels. Ainsi pour Thierry Martel, «la généralisation des collectives va à contre-courant du souhait des Français, qui veulent garder la main sur leur budget de dépenses de santé». Le souhait des ménages de personnaliser leurs contrats devrait nourrir l'émergence d'un marché de la surcomplémentaire, espèrent les compagnies.

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