Quand Sea Shepherd se joue du Japon

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L'ONG de protection de l'environnement Sea Shepherd est mieux armée que jamais pour contrer les plans des baleiniers japonais.
L'ONG de protection de l'environnement Sea Shepherd est mieux armée que jamais pour contrer les plans des baleiniers japonais.

L'ONG aurait acheté son dernier bateau au nez et à la barbe du Japon via une entreprise américaine.


C'est un coup de maître et un véritable camouflet pour les autorités japonaises, littéralement harcelées depuis près d'une décennie par l'ONG de protection de l'environnement Sea Shepherd, qu'elles ont tenté de placer hors-la-loi courant 2010 en sollicitant vainement leurs homologues américaines. L'association fondée et dirigée par le capitaine Paul Watson, lequel a indiqué il y a quelques jours se trouver en mer avec ses « collègues » pour cette année encore court-circuiter les velléités destructrices du pays du soleil levant, dispose de moyens logistiques de plus en plus importants au fil des années.


Au point qu'il n'y a plus rien d'incongru à se demander si, au bout du compte, Tokyo ne se résoudra pas à faire une croix sur la chasse aux baleines, ces piliers de la biodiversité marine qu'elles continuent de traquer malgré l'institution d'un moratoire commercial par la CBI (Commission baleinière internationale) en 1986, sachant que cette pratique a beaucoup perdu en termes d'attrait économique [NDLR : d'après une étude récente de l'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) relayée par le site Internet du Guardian, 88 % des Japonais n'auraient pas acheté de viande de baleine au cours des douze derniers mois]. En attendant, nos confrères britanniques ont révélé que le quatrième navire de la flotte de Sea Shepherd, le Sam Simon (NDLR : du nom du co-fondateur de la célèbre série Les Simpsons, qui est « depuis longtemps un défenseur des animaux et un grand humaniste », souligne l'association, dont il est membre du conseil consultatif, sur son site Internet), a été acheté moyennant deux millions de dollars (environ un million cinq cent vingt-mille euros) semble-t-il à l'insu de... l'agence météorologique japonaise via une société américaine (!)


Ledit bateau aurait ensuite été ré-enregistré à Tuvalu sous le nom de New Atlantis avant d'être livré à l'Australie par l'équipe japonaise.



Le navire-usine Nisshin Maru aura droit à un « comité d'accueil »


De quoi émettre de sérieux doutes sur la vigilance des pouvoirs publics nippons, qui en la circonstance se seraient tirés une balle dans le pied. Comme l'an dernier et comme il y a deux ans, tout porte par ailleurs à croire qu'ils auront de très sérieuses difficultés à honorer leurs quotas de captures de cétacés.


Outre la participation à la forte portée symbolique de M. Watson (dont il faut rappeler qu'il est sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par le Costa Rica) à la campagne de cette année, baptisée Zero Tolerance - un autre pied de nez au Japon -, Sea Shepherd peut en tout cas compter à présent sur quatre bateaux, mais aussi trois drones, un hélicoptère et cent-vingt environnementalistes plus que jamais prêts à en découdre.


Une opposition redoutable qui a rendu l'association plus ambitieuse que jamais. « L'objectif est de trouver le navire-usine, le Nisshin Maru, de le cerner de sa proue à sa poupe tout au long de la campagne et de l'amener à rebrousser chemin sans qu'il ait pu tuer la moindre baleine », a ainsi confié le capitaine du Sam Simon Lockhart MacLean à l'agence Reuters. Le fait est que le rapport de force a tourné à l'avantage de ceux que Tokyo considère comme des « éco-terroristes ».


Rien n'empêche de voir plutôt en eux des défenseurs courageux et opiniâtres d'une cause infiniment juste.


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