Quand les tweets prédisent l'embourgeoisement d'un quartier

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À Londres, pas moins de 549.791 mentions géographiques sur les réseaux sociaux ont permis à une équipe de chercheurs d’identifier les spots huppés de demain.

Avez-vous déjà sondé la popularité de votre quartier selon l’intensité de sa vie numérique? C’est à ce petit jeu que se sont amusés les chercheurs de l’université de Cambridge, recensant tweets et autres «checks-ins» émanant des différents réseaux sociaux qui utilisent la géolocalisation des smartphones. Ils ont fait une découverte aussi amusante qu’instructive: à partir de tous ces bruits numériques (reflétant un attrait pour un quartier), on peut anticiper la gentrification et le développement de ce même quartier dans un futur proche...

Les chercheurs ont donc ainsi passé en revue plusieurs quartiers de Londres potentiellement concernés. À ces bruits numériques, ils ont ajouté différentes statistiques officielles: hausse des prix de l’immobilier, baisse des taux de criminalité... Tout cela pour parvenir établir un lien direct entre cette suractivité et l’embourgeoisement à venir. Les quartiers de Hackney, Tower Hamlets, Greenwich, Hammersmith et Lambeth ont notamment été cités. «Ces quartiers sont à la fois pourvus d’une grande diversité tout en concentrant de nombreux manques et attentes, observe Desislava Hristova, l’un des chercheurs. Ce sont également ceux qui ont connu les plus fortes améliorations durant ces cinq dernières années.»

L’équipe qui a permis d’aboutir à ces conclusions a recueilli pas moins de 549.791 «check-ins» dans 42.080 spots londoniens. En tout, c’est plus de 37.700 personnes qui ont partagés leur localisation dans un bar ou restaurant sur les réseaux sociaux... Comment être certain que ce sont précisément ces utilisateurs qui pourraient être à l’origine de la gentrification? «Parce que les données des réseaux sociaux permet justement de savoir le niveau de richesse de l’utilisateur», précise le chercheur au magazine WIRED.

L’exemple de Starbucks aux États-Unis

Il y a quelques mois, le site américain Quartz rapportait des tendances similaires... aux États-Unis, cette fois. L’enseigne, très appréciée par les Américains, influence même les prix sur le marché immobilier. Depuis 1997, le prix des maisons disposant d’un Starbucks à proximité s’est accru de 96%. C’est ce qu’ont découvert le PDG de Zillow, géant américain des annonces immobilières, et son chef économiste en analysant leur base de données... Une maison qui est située à moins de 250 mètres de l’enseigne sera vendue en moyenne à 137.000 dollars, contre 102.000 dollars pour une maison qui est plus éloignée!

Comment expliquer ce phénomène? La théorie dominante veut que les futurs acquéreurs perçoivent la présence d’un Starbucks dans un quartier comme un signe d’embourgeoisement du lieu et aussi la preuve d’une plus grande sécurité... Et c’est ce dernier critère qui est le plus plébiscité par les acheteurs américain, selon une étude du Demand Institute. Autre théorie: la volonté des américains d’avoir un café/restaurant à une très courte de distance de leur domicile.

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