Quand les Compagnons du devoir se mettent à l'imprimante 3D

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L’artisanat dans la plus pure tradition, celle des Compagnons du Devoir, suit de près les évolutions technologiques. Et prouve que l’impression 3D peut être utile à un tailleur de pierre.

Qui aurait dit que le monde de l’ébénisterie ou des tailleurs de pierre croiserait un jour celui de l’impression 3D? Et pourtant... Lors des récentes Journées de la construction, salon professionnel se tenant à Paris, les Compagnons du Devoir ont tenu à montrer leur aptitude à accompagner le changement. On pouvait notamment les voir à l’œuvre sur des maquettes géantes évoquant la construction de maisons en paille ou l’intégration d’un panneau solaire dans un toit en ardoise.

Et au milieu du stand, trônait de façon quasiment incongrue une imprimante 3D. Pour ces spécialistes du geste manuel utilisant couramment la pierre, le bois, la brique ou le métal, est-il cohérent d’utiliser un engin automatique produisant des objets en plastique? «Mon rôle, c’est de faire que cet outil ne devienne pas la bête noire de nos apprentis, explique Fabien le Quellec, en charge de l’évolution de l’outil numérique chez les Compagnons du Devoir. En intégrant l’utilisation de ces appareils qui modifient notre travail, nous réussirons à en faire un atout.»

Une image valorisante

Alors que la conception et le dessin assisté par ordinateur font depuis belle lurette partie de la formation des Compagnons, il s’agit désormais de franchir le pas en produisant directement des objets. «À côté des maquettes classiques, ces impressions 3D donnent une image valorisante, il y a un vrai intérêt commercial, précise Fabien Le Quellec. Lorsque nous réalisons une pièce pour un architecte, il la conserve volontiers sur son bureau.» Et la réalisation 3D permet aussi de mieux illustrer les contraintes physiques.

Les Compagnons ne risquent-ils pas d’y perdre leur âme? «Il y a effectivement une réflexion à mener pour ne pas aller trop loin, admet Fabien le Quellec, mais d’un autre côté certains de nos métiers ont souffert de notre image, très traditionnelle, de bâtisseurs de cathédrales.» Dans ses projections les plus enthousiastes, il n’exclut pas la possibilité de travailler avec de nouveaux matériaux plus nobles et, qui sait, de déboucher un jour sur des spécialisations plus pointues entièrement dédiées à ces techniques. En attendant, plusieurs centaines d’apprentis sont déjà sensibilisés à cet outil durant leur apprentissage ou lors de leur tour de France. À Paris, le public peut d’ailleurs s’initier tous les mercredis soirs au prototypage 3D, aux côtés des Compagnons.

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