Quand les bureaux tabac se transforment en banque

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Les buralistes distribueront dès 2014 le service de paiement Compte-Nickel. Ce sont chez eux que les particuliers pourront ouvrir leur compte, verser ou retirer du liquide.

Deuxième étape réussie pour l'équipe de Compte-Nickel. Elle développe un service de compte de paiement simplifié et avait obtenu en juin le blanc-seing de l'Autorité de contrôle prudentiel pour se lancer dans une activité bancaire, hors des grands réseaux. La jeune entreprise vient de verrouiller son réseau de distribution, en signant un accord de partenariat exclusif avec la Confédération nationale des buralistes de France (qui réunit 27.000 adhérents). Elle détiendra 5 % de la Financière de paiements électroniques (FPE), l'entreprise qui porte le projet Compte-Nickel et qui a été valorisée 20 millions d'euros.

Rentabilité à partir de 100.000 clients

Cet engagement s'accompagne d'une promesse de la Confédération de promouvoir le Compte-Nickel auprès de ses membres. Les bureaux de tabac sont en effet la pièce maîtresse du dispositif. Ce sont chez eux que les particuliers pourront ouvrir leur compte, verser ou retirer du liquide. Les buralistes ne se transformeront pas pour autant en banquier: chaque opération est simplifiée à l'extrême. «Nous installons chez les buralistes une borne Nickel, qui permet via les technologies de dématérialisation d'ouvrir un compte en cinq minutes, explique Ryad Boulanouar, président de la FPE. Le client doit simplement se présenter avec une pièce d'identité et un numéro de téléphone.» Après s'être acquitté de 20 euros, le particulier reçoit une carte bancaire MasterCard et un relevé d'identité bancaire (RIB).

Les comptes peuvent être renfloués par virement bancaire ou en versant des espèces chez le buraliste. Les clients peuvent même faire virer leur salaire sur ce compte. En revanche, Compte-Nickel n'autorise pas de découvert et ne propose ni crédit ni livret d'épargne. Selon Hugues Le Bret, président du comité de surveillance de FPE, «le prix pour un client moyen tourne autour de 30 euros par an» à comparer avec des frais bancaires moyens annuels autour de 150 euros.

Ultrasimplifié, le Compte-Nickel s'adresse avant tout aux exclus des réseaux bancaires ou aux particuliers qui n'ont besoin que de services bancaires basiques et souhaitent en payer le prix juste. «Nous ne connaissons pas encore toutes les populations cibles de Compte-Nickel, souligne Hugues Le Bret. Nous verrons à l'usage. Beaucoup de parents disent par exemple qu'ils ouvriront le premier compte de leurs enfants chez nous.» La start-up sera rentable à partir de 100.000 clients.

Les buralistes, qui souffrent de l'érosion des ventes de cigarettes, espèrent de leur côté trouver avec Compte-Nickel un nouveau relais de croissance. Grâce à lui, selon ses fondateurs, leur chiffre d'affaires pourrait augmenter, entre 2 % et 10 %, dès la première année.

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  • trick0 le mercredi 16 oct 2013 à 08:46

    c'est cool ça, bientôt les braquages 2 en 1 !