Quand les Bleus jouent en direct à la TV pour la première fois

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Quand les Bleus jouent en direct à la TV pour la première fois
Quand les Bleus jouent en direct à la TV pour la première fois

France-Allemagne ne sera jamais un match comme un autre. Toutefois, si certaines rencontres ont laissé une trace indélébile, au point d'être constamment revécues et réécrites, quitte à réveiller les vieux démons un peu inutilement, d'autres semblent avoir étrangement disparues de la mémoire collective. Il en va ainsi de cette rencontre liminaire de 1952, un choc " amical " qui fit alors couler beaucoup d'encre et inaugura la présence des Bleus en direct à la télé.

5 octobre 1952. La France se remet lentement et péniblement de la seconde Guerre Mondiale. Le pays se redresse des ruines laissées par les combats et les bombardements, un effort national réalisé entre deux crises ministérielles d'une quatrième République soumise au " règne des partis " (dixit un Général de Gaulle qui ronge son frein). En Indochine, le conflit colonial s'enlise et ralentit un redressement économique pourtant dopé par le plan Marshall. Toutefois ce soir-là, un peu frisquet, Yves du Manoir à Colombes se présente plein comme un œuf. 56 021 spectateurs à en croire le guichet, se sont entassés dans les gradins. La légende évoque même une hypothèse de 60 000 téméraires qui se pressent en rang de sardines pour assister à l'événement, que les actualités cinématographiques de l'époque caractérisent volontiers à l'aide d'un redondant " grave".

L'affiche possède à coup sur de quoi attirer le chaland. Il s'agit des retrouvailles, sur une pelouse, de la France et de l'Allemagne, un face-à-face attendu depuis la capitulation du troisième Reich. Techniquement d'ailleurs, en terme diplomatique un peu strict, nous sommes devant une première tout court, puisque le 23 mai 1949 un nouvel Etat a été créé côté " ouest ", dans ce monde désormais divisé par le rideau de fer : la République Fédérale d'Allemagne (le 7 octobre 1949, une République Démocratique Allemande voit également le jour sous " protection " soviétique, et comme disait François Mauriac " J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux").

" Même les oiseaux ont chanté la Marseillaise "


Ces subtilités de protocole échappent sûrement aux spectateurs qui entonnent à plein poumon l'hymne national. " Même les oiseaux ont chanté la marseillaise " a confié au journaliste Bernard Molinari, le défenseur Antoine Bonifaci, solide arrière niçois, qui a la périlleuse mission de coller Fritz Walter, le futur héros du Miracle de Berne. Car c'est bel et bien l'ennemi vaincu, l'ancien occupant qui revient fouler le sol national, et qu'il faut stopper encore et lui signifier à tout hasard le verdict des armes. Le contexte mérite néanmoins un petit détour, ne serait-ce que pour resituer les enjeux. A ce moment, celle qui ne s'appelle pas encore chez nous la Mannschaft (une…




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