Quand les biocarburants prennent le pas sur l?agriculture

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Les acteurs du développement durable ne sont pas forcément ceux que l'on croit...
Les acteurs du développement durable ne sont pas forcément ceux que l'on croit...
Au Guatemala, l'industrie du biocarburant a mis à la rue des centaines d'agriculteurs traditionnels. Un phénomène dramatique et qui n'est pas sans rappeler les expropriations de terres sur le continent noir.



Expulsés par des militaires armés de fusils d'assaut et en présence d'hélicoptères, les fermiers de la communauté maya Q'eqchi ont vu en mars 2011 leurs maisons et leurs récoltes brûlées. À la fin du mois, près de 800 familles issues de 14 communautés, soit 3200 personnes, ont été chassées de leurs terres manu militari. De quoi faire réagir le Guatemala Campesino Unity Committee (CUC), une organisation qui défend les droits de l'Homme. Quelques mois plus tard, de grands champs convertis à l'agriculture biologique ont été remplacés par des plantations de cannes à sucre destinées à être transformées en éthanol pour l'alimentation des réservoirs des voitures vertes européennes. Une véritable tragédie, d'autant plus révoltante quand on connaît l'impact environnemental « réel » des agrocarburants.

L'opération militaire, puisque c'est bien de cela dont il s'agit, a été lancée avec l'aval du président Otto Pérez Molina. Au pouvoir depuis janvier dernier, ce dernier avait déjà été accusé d'avoir bafoué les droits de l'Homme en commanditant des actes de tortures en 1982. Quant aux expropriations précitées, elles rappellent le massacre par l'armée de 60 personnes dans la ville voisine de Panzós, en 1978.


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